La tétée, mamelle de la santé, à la peine

Charlotte Mannevy

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En 2003, 62,5 % des nouveau-nés étaient allaités à la naissance.
En 2003, 62,5 % des nouveau-nés étaient allaités à la naissance. — CARO FOTOS / SIPA

Entre les mères norvégiennes et les françaises, c'est le jour et la nuit. Alors qu'en 2003, les premières étaient 92 % à allaiter leur enfant à la naissance, les secondes étaient tout juste majoritaires à faire ce choix (62,5 %).

Bénéfice santé
Mauvaises élèves les Françaises ? Oui, à en croire les recommandations de l'Organisation mondiale pour la santé (OMS) qui recommande un allaitement exclusif au lait maternel pendant les six premiers mois de la vie. « L'allaitement est un vrai bénéfice en termes de prévention des infections, affirme le professeur Dominique Turck, qui remet aujourd'hui à la ministre de la Santé un rapport sur la promotion de l'allaitement. Il est, par contre, plus difficile d'avoir des certitudes en ce qui concerne les infections ORL ou encore l'obésité. »
Si les jeunes mères sont conscientes des bénéfices sur la santé de l'allaitement, l'expérience n'est pas toujours bien vécue, faute d'accompagnement. « La France a un vrai problème sur l'information. En Allemagne, les femmes ont la visite de sages-femmes pendant trois semaines après l'accouchement. En France, les mères ne savent pas vers qui se tourner, et l'information n'est pas donné par les professionnels de santé, mais par des associations », explique la psychologue Vera Walburg, qui a comparé les deux systèmes.
Alice, dont le bébé ne prenait pas de poids, en a fait l'amère expérience : « Quand j'ai appelé la maternité, personne n'était capable de me renseigner, on m'a renvoyé vers les associations qui m'ont tenu un discours hyperculpabilisant. » Mais le principal frein reste la fin du congé maternité. « Après trois mois, la reprise du travail est la principale cause d'abandon de l'allaitement », souligne Vera Walburg.