Décès d'un Algérien arrêté par la police: la commission de déontologie réclame des poursuites disciplinaires

POLICE Le rapport évoque un traitement «inhumain et dégradant»...

avec AFP

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La Commission nationale de déontologie de la sécurité (CNDS) a demandé «des poursuites disciplinaires» à l'encontre de policiers qui avaient arrêté, il y a un an dans le Val d'Oise, un Algérien de 69 ans, décédé à l'hôpital quelques heures après.

Ali Ziri, un retraité qui vivait en Algérie mais revenait régulièrement en France, et son ami Arezki Kerfali avaient été arrêtés à Argenteuil le 9 juin 2009 à bord d'un véhicule conduit par ce dernier, qui effectuait des embardées.

Il ne représentait «aucun danger»

Dans un avis du 17 mai 2010, révélé par France Info, la Commission conclut qu’Ali Ziri, qui avait 2,40 grammes d'alcool par litre de sang, «ne représentait aucun danger, ni pour lui-même ni pour la dizaine de fonctionnaires présents» lorsqu'il est arrivé au commissariat à 20h46, menotté dans le dos et assis à l'arrière d'un véhicule de police.

«La précipitation et la violence» avec lesquelles il a été extrait de cette voiture «étaient disproportionnées et constituent un traitement inhumain et dégradant», estime-t-elle.

Elle demande donc l'engagement de «poursuite disciplinaires» contre les policiers l'ayant extrait du véhicule, ainsi que «contre ceux qui ont laissé deux hommes, âgés respectivement de 60 et 69 ans, menottés dans le dos, allongés au sol (au commissariat), le visage dans leurs vomissures, pendant environ une heure, sans réagir».

Décès à l’hôpital

Les deux amis ont été transportés vers 22h à l'hôpital d'Argenteuil, où Ali Ziri est décédé le lendemain matin.

La CNDS, qui avait été saisie par la sénatrice Alima Boumediene-Thiery (Verts), a pu visionner l'enregistrement vidéo réalisé par une caméra de surveillance au commissariat d'Argenteuil. La sénatrice s'est félicitée de l'avis de la CNDS.

Selon les policiers, entendus par la Commission, les deux hommes se seraient «énervés» et les auraient «insultés à plusieurs reprises». Ils «contestent (leur) avoir porté des coups».

Une première autopsie d’Ali Ziri avait écarté tout décès consécutif à un traumatisme, mais une deuxième avait relevé plusieurs traces d'hématomes.

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