Affaire Bettencourt: le parquet de Nanterre n'a rien «occulté»

JUSTICE Selon Marianne, il aurait eu entre ses mains tous les éléments nécessaires pour alerter le fisc. Le procureur dément...

Avec AFP

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L'île d'Arros, qui fait partie du groupe des Amirantes aux Seychelles.
L'île d'Arros, qui fait partie du groupe des Amirantes aux Seychelles. — DR

Nouveau rebondissement dans l'affaire Bettencourt. Alors que des enregistrements de conversations entre la milliardaire et son entourage ont révélé de possibles fraudes fiscales, l'hebdomadaire Marianne à paraître samedi affirme que le parquet de Nanterre était au courant depuis 2008 et aurait pu prévenir le fisc.

Le procureur de la République de Nanterre, dans un communiqué «conteste ces allégations». Selon le parquet, «l'administration fiscale a été saisie (...) le 9 janvier 2009», «à compter de cette date l'intégralité des éléments et des scellés confectionnés dans ce cadre, était à la disposition de l'administration des impôts», précise le communiqué. Le parquet déplore que les journalistes ne l'aient pas contacté à ce sujet, assurant que rien n'avait été «occulté» dans ce dossier sensible.

Selon Marianne, qui s'appuie sur une série de pièces figurant dans l’enquête préliminaire ouverte à la suite de la plainte de Françoise Bettencourt-Meyers contre l’artiste François-Marie Banier, le parquet «avait entre ses mains, dès mars 2008, tous les éléments nécessaires pour alerter l’administration fiscale et déclencher une enquête».

L'île d'Arros évoquée dans une lettre

Parmi ces pièces: une lettre de François-Marie Banier à la milliardaire, datée du 19 mai 2005 et consignée au dossier le 4 mars 2008, faisant référence à l'île d'Arros, aux Seychelles, que la milliardaire aurait possédé sans la déclarer à l'administration fiscale française.

«C'est moi qui vous ai fait connaître d'Arros, c'est moi qui vous ai fait connaître cet endroit idyllique. Et vous refusez que j’y vienne quinze jours avec P., M. et D. (...) Je suis profondément triste de votre attitude», écrit l'artiste dans cette lettre, dont Marianne publie un extrait. Il y parle aussi de cette île «que je vous ai fait acheter».

«Ça m'étonnerait qu'elle en soit la propriétaire»

Or selon l'hebdomadaire, qui publie également un extrait de la déclaration d'impôt sur la fortune (ISF) 2007 de Liliane Bettencourt, cette île n'était pas mentionnée dans les déclarations fiscales de l'héritière versées au dossier. «L’autorité judiciaire a préféré fermer les yeux. Du coup, le fisc aussi», en conclut Marianne, indiquant que le parquet avait l'obligation légale, sur la base de ces éléments, de «saisir le fisc pour que celui-ci lance une enquête».

Contacté par l'AFP, l'avocat de Liliane Bettencourt, Georges Kiejman, n'a pas pu confirmer si sa cliente était bel et bien propriétaire de l'île d'Arros, ni si des documents concernant cette île avaient été portés à la connaissance du parquet de Nanterre. «Tout le monde a toujours su qu'elle allait régulièrement sur l'île d'Arros. Mais ça m'étonnerait qu'elle en soit la propriétaire», a assuré Georges Kiejman, en précisant ne pas connaître «le dossier par coeur».