Procès Kerviel: Suivez en direct la dernière journée

Gilles Wallon

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12h48:Jugement le 5 octobre
C'en est terminé des audiences du procès Kerviel. Le jugement est mis en délibéré au mardi 5 octobre, 10h. Il sera rendu dans cette même salle de la 11e chambre du tribunal de grande instance de Paris.
12h47: C'est terminé
Metzner finit sa plaidoirie en citant l'économiste américain John Galbraith :"Quand tout le monde gagne, personne ne le voit. Quand tout le monde perd, il faut un coupable, un seul."
12h41: "Kerviel n'est que la créature de la Société Générale"
La fin de la plaidoirie approche. Metzner reprend la question du début. "Qui êtes vous, Monsieur Kerviel ?" Réponse: "Un homme qui a été formé, formaté, déformé s'il le faut, par la Société Générale. Kerviel n'est que la créature de la Société Générale. Formé à désobéir, à ne pas respecter les limites. peut-être s'est-il trop laissé entraîné dans les engrenages de ce monde virtuel, où l'on ne sait plus ce que les chiffres veulent dire."
12h29: "Donnez-moi huit millions d'euros !"
Metzner sait séduire son audience. "Le principe de base d'une banque ? La confiance. Si vous avez un compte à la Société Générale, allez-y cet après-midi. Et dites: sur mes yeux, donnez-moi huit millions d'euros! On se fait confiance, à la Société Générale..."
12h19: "Trois ans pour vérifier"
La Société Générale a eu "pendant trois ans" les capacités techniques de vérifier les opérations de Jérôme Kerviel, estime Olivier Metzner, qui parle maintenant depuis plus d'une heure, sans jamais ou presque ne consulter une seule note. "Tacitement", la banque a autorisé les opérations frauduleuses de son trader.
12h13: "Méthode industrialisée"
Pour Olivier Metzner, la Société Générale a "industrialisé" la "méthode Kerviel". C'est ce qu'avait dit son supérieur hiérarchique Martial Rouyère. "On industrialise donc des méthodes interdites", insiste l'avocat.
12h07: "Des hommes seuls"
"Je ne fais pas le procès de la Société Générale", affirme l'avocat, ce qui provoque quelques rires dans la salle. "Je défends un homme. Un homme face à un système." La Société Générale, pour Olivier Metzner, "c'est la négation de tous les principes de régulation dans le monde." Des hommes seuls, qui doivent se contrôler seuls. "Comme un inspecteur des impôts qui se contrôlerait lui-même."
12h01: Les mêmes résultats
Le ténor du barreau revient sur les résultats de la Société Générale en 2007 et 2008. Les mêmes pertes, affirme-t-il. "Ah oui, mais en 2008, Kerviel n'était plus là..."
11h55: "Des bêtises"
L'avocat fait une comparaison simple. "Une école. On vient voir la maîtresse, on lui dit : mon fils des bêtises. Et elle répond: ah, je ne sais pas. Je ne l'ai pas vu. J'ai huit élèves, je ne l'ai pas vu faire des bêtises. Invraisembable!"
11h50: "Peur de la vérité"
Metzner ne défend pas. Il attaque. "La Société Générale est à contre-vérité. Elle ne donne aucune tendance boursière à ses traders. Quand le marché va mal, elle ne dit rien. Il faut tout faire seul, et, à la fin, on paye seul. A la Société Générale, on a peur de la vérité."
11h40: "Discrètement, 10 milliards de pertes"
Pour Olivier Metzner, la Société Générale s'est montrée hypocrite. "On annonce que Jérôme Kerviel a fait perdre 4,9 milliards, et puis après, discrètement, on parle de la crise des supbprimes: 2 milliards de perte, qui deviendront ensuite 10 milliards."
11h30: La "Société Rouge et Noire"
Olivier Metzner dresse le portrait de la Société Générale, qu'il appelle "Société Rouge et Noire": "un des fleurons de la banque mondiale", dont la "prudence" a "explosé" lors de la crise des subprimes, et qui a "caché ses actifs pourris" pour ne pas effrayer les investisseurs.
11h20:"Qui êtes-vous, Société Générale?"
Metzner, théâtral comme à son habitude, dresse le portrait de Jérôme Kerviel en "jeune Breton de Bourg-l'Abbé", transporté "dans un monde virtuel". Il retourne la question posée au cours du procès: "Qui êtes-vous, Jérôme Kerviel ?" Et préfère demander : "Qui êtes-vous, Société Générale ? Comment fabriquez-vous des hommes comme cela ? Par quel moyen ? Par quel intérêt financier?"
11h11: "Comment ne pas l'entendre"?
L'avocat parle des "centaines de milliards" engagés par son client. "Le budget de la France". "Passé au téléphone", dans un bureau "de 17 personnes." "Quand Jérôme Kerviel passe des ordres de 18 milliards au téléphone, comment ne pas l'entendre, comment ne pas être surpris par ce chiffre ?" Il s'agit de "bon sens". "Je vous demanderai d'avoir du bon sens", tonne Olivier Metzner, de sa voix forte - lui ne s'est pas avancé devant les micros pour plaider.
11h03:Metzner entre en scène
L'audience reprend. C'est Olivier Metzner qui prend la parole. Lui ne s'avance pas devant le président du tribunal, comme les autres. Il plaide depuis son bureau, debout derrière Jérôme Kerviel. "Monsieur le président, pendant ces trois semaines, n'avez vous pas vu quand votre assesseur a regardé son ordinateur ? Voilà ce que prétend la Société Générale."
10h51: La voiture et l'accident
Nicolas Huc-Morel termine sa plaidoirie: "Je voudrais faire une analogie. J'imagine les supérieurs de Jérôme Kerviel comme des patrons d'une société de transports. Ils donneraient à leur jeune employé les clés d'une voiture qui va très vite. En lui disant qu'il faut respecter les limitations de vitesse. Mais Kerviel va vite, toujours plus vite, et ses supérieurs sont ravis. Jusqu'à l'accident. Je ne vois aucune infraction commise au préjudice de la société." L'audience est suspendue 5 minutes.
10h47: Non, oui
"Non, la banque ne pouvait pas être trompée. Oui, elle avait les moyens de s'en rendre compte." La ligne de défense du Breton, qui a été répétée tout au long du procès, est assénée une fois de plus en cette plaidoirie finale.
10h34:"On a laissé faire"
L'associé d'Olivier Metzner enfonce le clou: la trésorerie de Jérôme Kerviel était visible "tous les jours". Et "quoiqu'en dise la partie civile", ses résultats étaient "en total décalage" avec son activité. Pour l'avocat de la défense, si rien n'a été dit au prévenu, c'est "qu'on a compris, et qu'on a laissé faire..."
10h31: "Ses supérieurs savaient"
L'avocat prend un ton offensif : "Est-ce que les supérieurs de Jérôme Kerviel, Martial Rouyère et Eric Cordelle, savaient qu'il opérait au-delà de ses fonctions? La réponse est oui. Il y un nombre important d'informations qui remontaient chaque jour jusqu'à eux." Nicolas Huc-Morel pointe ensuite une proximité physique qui rend impossible, selon lui, toute dissimulation. "Kerviel était assis à quelques mètres d'eux, et passait tous ses ordres au téléphone avec son courtier Moussa Bakir."
10h16: Ecarts de méthode
ll fait chaud dans la salle d'audience, et Nicolas Huc-Morel s'essuie souvent le front de son mouchoir. Mais il reste concentré, et revient sur les "écarts de méthode", à chaque mois plus grands, du prévenu. Cela, ses supérieurs auraient dû le remarquer, note l'avocat.
10h03: Limites désactivées
Nicolas Huc-Morel le rappelle: sur les disques durs des ordinateurs du Desk Delta One, inspectés par la défense, les "limites individuelles" des traders avaient été "désactivées". Les supérieurs de Jérôme Kerviel, Eric Cordelle et Martial Rouyère, "n'ont jamais, jamais, fixé de limites individuelles à Jérôme Kerviel." Ils "savaient pourtant" qu'ils en avaient la possibilité technique.
9h54:"Des limites simples à vérifier"
Nicolas Huc-Morel s'attaque aux limites fixées par la Société Générale aux transactions de ses traders -125 millions d'euros d'engagement par "desk". Pour l'avocat, il était "très simple" de vérifier ces limites, que Jérôme Kerviel a sans cesse dépassé dans de folles proportions.
9h48: "Un mystère Société Générale"
C'est Nicolas Huc-Morel, le jeune associé du ténor Olivier Metzner, qui prend d'abord la parole. Blonc, le bouc bien taillé, il a encore la voix d'un adolescent. "Y a-t-il un mystère Kerviel ? Il y a plutôt un mystère Société Générale", présente-t-il. "Comment la banque a-t-elle pu ignorer de telles transactions ?"
9h41: Tout le monde en place
Bienvenue à la 11e chambre du Tribunal de grande instance de Paris, pour la dernière journée d'audience du procès Kerviel. Aujourd'hui: les plaidoiries finales de la défense. Jérôme Kerviel, comme à son habitude, paraît plutôt calme, presque impassible. Elégant en costume et chemise noirs, il sait qu'une partie de son avenir se joue aujourd'hui.

C'est la dernière chance de Jérôme Kerviel. Hier, l'ex trader de la Société Générale a écouté le sévère réquisitoire prononcé à son encontre par le ministère public : 5 ans de prison, dont 4 ans fermes. Sa défense, qui pointait le laxisme des contrôles au sein de sa banque, a été mise en pièces par les deux vice-procureurs. Mais aujourd'hui, son avocat Olivier Metzner, orateur redouté, entre en scène. Pour sa plaidoirie finale. La décision du tribunal sera ensuite mise en délibéré.