«Je fume quotidiennement entre quatre et sept joints»

TEMOIGNAGE Un jeune entrepreneur raconte son rapport à la drogue au travail...

recueilli par Ingrid Gallou

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Arthur, la trentaine, est un jeune entrepreneur du bâtiment dans une grande ville du Sud-Ouest. Il avoue deux passions: son entreprise, florissante, à laquelle il consacre près de douze heures par jour, et le cannabis, qu'il fume quotidiennement, en toute illégalité.

«J'assimile cela à une cigarette»

«Je fume entre quatre et sept joints par jour, davantage en week-end. J'allume le premier en partant travailler. Je le fume tranquillement, dans la matinée. L'autre vient après le déjeuner, puis en fin d'après-midi, et bien sûr quand je reviens chez moi. Si je travaille sur un chantier neuf et que je suis tout seul, je vais peut-être en fumer davantage. En fait, j'assimile cela à une cigarette, d'autant que je suis toujours tout à fait opérationnel et présentable devant mes clients. Je suis comme un mec qui sort fumer sa clope, c'est devenu une routine. Je veux bien croire que le cannabis en démotive certains, mais depuis le temps, l'effet est très minime sur moi. Personnellement, ça ne me coûte pas cher, j'ai planté trois pieds de tomates et trois autres de cannabis dans mon jardin, c'est naturel et plutôt rigolo !»

Mais un certain manque peut survenir. «Suivant les jours, il est parfois possible de ne pas fumer dans la journée, lorsque je suis chez des clients, par exemple. Du coup, je suis plus tendu, je ne réagis pas non plus de la même façon. Il faut dire qu'en temps normal, je suis en permanence sous tension. L'herbe me calme, et me rend moins speed. Bien sûr, ce serait bien d'arrêter, peut-être quand les enfants arriveront, mais, pour l'instant, la dépendance au cannabis est forte. Je pense y être accro; autant, en tout cas, que je l'étais au tabac, avant. Au quotidien, ce qui me fait peur, c'est la police et leurs tests sur la route. Le cannabis au volant, c'est six mois de suspension.»