Le Cannibale écope de trente ans de prison

Vincent Vantighem

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Nicolas Cocaign a été condamné hier à trente ans de prison, dont vingt ans de sûreté.
Nicolas Cocaign a été condamné hier à trente ans de prison, dont vingt ans de sûreté. — BEAUFILS / SIPA

« Un homme qui bascule dans l'horreur n'est pas forcément atteint de folie. » C'est sur cette grande vérité que l'avocate générale de la cour d'assises de Seine-Maritime s'est basée, hier, au moment de requérir trente ans de prison à l'encontre de Nicolas Cocaign. Suffisant pour convaincre les jurés, qui ont condamné « le cannibale de Rouen » à cette peine, assortie de vingt ans de sûreté.

Les toilettes étaient bouchées
Agé de 38 ans, cet homme au visage mangé par un tatouage est jugé depuis lundi pour avoir tué, puis dévoré un morceau de poumon de son codétenu à la prison de Rouen. C'était en 2007. Dans leur cellule de 11 m2, les deux hommes en étaient venus aux mains pour une sombre affaire de toilettes bouchées. Après avoir frappé, poignardé puis étouffé son codétenu, Nicolas Cocaign avait vaqué à ses occupations. Ce n'est qu'au moment du dîner qu'il a été pris d'un sentiment de « frénésie » identique à une « pulsion sexuelle ».

« C'est tendre. Ça a le goût du cerf »
A l'aide d'un rasoir, il découpe alors le corps de sa victime et prélève un morceau de ce qu'il croit alors être son cœur. La première partie est dévorée crue. La seconde – conservée dans un Tupper­ware – est cuisinée sur un réchaud avec des oignons. « Je l'ai fait par curiosité, a-t-il assuré à la barre. Ce qui est terrible, c'est que c'est bon. C'est tendre. Ça a le goût du cerf.  » Hier, son avocat a logiquement plaidé l'irresponsabilité. « Il a tué parce qu'il est fou, complètement fou  ! » Pas d'après la majorité des sept experts qui se sont penchés sur son cas durant les deux années d'instruction. Au moment des faits, son discernement était « altéré », pas « aboli », ont-ils conclu pour justifier que sa place était désormais en prison et non à l'hôpital.