cinq ans requis contre kerviel

G. W.

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Il a fauté « seul », il sera « le seul » à payer. Hier, au douzième jour de son procès, Jérôme Kerviel a encaissé sans ciller les réquisitions du ministère public à son encontre : cinq ans de prison, dont quatre ferme. Un réquisitoire sévère, après une plaidoirie qui a démoli point par point toute la défense de l'ex-trader.

« Echapper à une vie fade »
Jean-Michel Aldebert, le chef de la section financière du parquet, a frappé très fort. De sa voix claire, il dénonce « la toile tissée méthodiquement par la défense pour faire passer la Société générale du statut de victime à celui de coupable ». Le vice-procureur y voit « la volonté manifeste de faire dérailler ce procès ». Solennel, il rappelle à la cour : « C'est Jérôme Kerviel que vous jugerez, et non la Société générale. » Ses mots frappent dur : « Nous sommes en présence d'un homme surentraîné, un professionnel de la fraude. » Pour cacher des transactions « inhumaines », le « manipulateur » dépensait une « énergie énorme » à contourner les contrôles. Pour Philippe Bourion, deuxième vice-procureur, Kerviel, c'est Madame Bovary. Comme l'héroïne de Flaubert, il voulait s'imaginait « autre », et cherchait à « échapper à une vie fade ». Aujourd'hui, c'est à la défense de plaider. Le jugement sera mis en délibéré.