la Fédération française de football sous pression

Matthieu Goar

— 

« Le retrait de Jean-Pierre Escalettes, je ne l'ai pas souhaité, mais je le trouve aujourd'hui inéluctable », considérait hier Roselyne Bachelot, ministre de la Santé et des Sports sur l'antenne de RTL. Elle n'est pas la seule. De toutes parts, les voix s'élèvent pour que les dirigeants de la Fédération française de football changent. Pas si simple.
Le gouvernement n'a pas le pouvoir de changer le président de la FFF, une association loi 1901 qui n'est pas subordonnée au monde politique. « Le gouvernement n'a pas de pouvoir “hiérarchique” sur la fédération », explique Redouane Mahrach, avocat au barreau de Paris et spécialiste du droit du sport. Tout juste le gouvernement peut-il commander un audit ou retirer la délégation de service public de la FFF par exemple en cas d'atteinte à l'ordre public ou à la moralité publique.

Le conseil fédéral avance sa réunion
N'empêche. Les jours d'Escalettes à la tête de la FFF sont comptés. Le conseil fédéral, sorte de gouvernement de la FFF, est néanmoins le seul habilité à pouvoir révoquer son président. Conscient de l'ampleur du scandale, le conseil fédéral a avancé sa réunion du 20 juillet au 2. « Il y aura du changement, bien évidemment. Lequel ? Je n'en sais rien aujourd'hui », a déclaré sur Canal+ Noël Le Graët, vice-président de la FFF. Un changement de dirigeants changera-t-il les choses ? Non. Dans le cas d'un départ d'Escalettes, l'assemblée se réunirait pour élire un président pour quatre ans, sans changer le fonctionnement de la FFF jugé archaïque. Mais, pour Redouane Mahrach, « une véritable réforme prendra du temps et une vraie volonté de la part du pouvoir politique et des membres de la FFF ».