une équipe qui insupporte

Recueilli par Hélène Colau

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Les supporters n'ont pas vu les joueurs.
Les supporters n'ont pas vu les joueurs. —

Les supporters venus accueillir les Bleus à l'aéroport du Bourget, hier matin, n'ont pas vu l'ombre d'un joueur. Dommage, parce qu'ils avaient deux mots à leur dire, chacun dans son style.

L'optimiste. « On est déçus, on espérait qu'ils iraient jusqu'en 8es de finale. Ben oui, faut pas rêver, c'est quand même l'équipe qui a perdu contre la Chine. »
Le compatissant. « On fait porter le chapeau à Domenech, mais comment voulez-vous qu'il travaille bien alors qu'il il sait qu'on va le licencier ? C'est plutôt la faute de la FFF, Escalettes, là, ou Tartiflette… »
L'indulgent. « C'est bien la mentalité française. On voudrait que l'équipe gagne à chaque fois. Mais regardez le Portugal, ils n'ont jamais rien gagné et chaque année, ils rentrent au pays, l'air de rien. »
Les intransigeants. Deux supporters enveloppés dans des drapeaux français sur lesquels on peut lire « Honte aux Français » : « On est venus les insulter. A 800 000 € par mois, on ne refuse pas de s'entraîner. Mais les Bleus jouaient au golf toute la journée dans leur hôtel, le football était le cadet de leurs soucis. »
Le plaisantin. Un jeune homme a apporté une chèvre gonflable prénommée Zahia qui proclame : « Voulez-vous brouter avec moi ce soir ? 10 000 €. »
Le dégoûté. « Ils ne viennent même pas nous saluer, ces chiens. On se casse. »
Le résigné. « Ils nous ont boycottés alors qu'on était venus les encourager. Tant pis, on reviendra dans quatre ans. »