Christian Blanc va prendre des sanctions contre son ancien chef de cabinet

POLITIQUE Il l'accuse de l'avoir manipulé...

avec AFP

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J. Naegelen/Reuters

Le secrétaire d'Etat au développement de la région-capitale, Christian Blanc, a annoncé mardi que des sanctions seront prises contre son ancien chef de cabinet, Guillaume Jublot, qu'il accuse de l'avoir «manipulé» dans l'affaire de l'achat de ses cigares.

Devant quelques journalistes, Christian Blanc a dit avoir reçu lundi les résultats d'«un audit interne» sur les dépenses en cigares, désormais transmis au secrétariat général du gouvernement en vue d'une enquête administrative, voire d'une enquête pénale «si l'Administration estime devoir» transmettre au parquet.

«Les choses ne vont pas en rester là»

«Les choses ne vont pas en rester là parce que c'est grave, des sanctions doivent être prises», a ajouté le secrétaire d'Etat en accusant Guillaume Jublot d'avoir «lui-même organisé» un «système» pour mettre des cigares à disposition dans ses services. «Guillaume Jublot a surstocké pour pouvoir distribuer».

Christian Blanc a réaffirmé avoir lui-même réglé sa consommation de cigares des dix derniers mois, à hauteur de 3.500 euros, dès qu'il s'est rendu compte de l'ampleur des sommes réglées sur fonds publics pour cette période (12.000 euros).

Selon lui, les factures attestant de ces dépenses ont été transmises par Guillaume Jublot au Canard Enchaîné (qui les a publiées la semaine dernière) dans un geste de vengeance après son renvoi du cabinet ministériel en mai dernier.

«Il m’a menacé»

«J'ai viré Guillaume Jublot quand j'ai appris qu'il avait réparti de façon discriminatoire certaines indemnités au sein du cabinet, notamment en sa faveur, sans accord du directeur de cabinet et de moi-même», a expliqué le secrétaire d'Etat.

«Il m'a menacé en disant que cela n'allait pas se passer comme cela et qu'il avait trois dossiers contre moi. J'ai rompu définitivement avec lui à ce moment-là», a poursuivi le ministre.

Guillaume Jublot, joint par l'AFP, a démenti toutes les accusations de Christian Blanc. «Ce n'est pas moi qui ai transmis des informations au Canard enchaîné», a-t-il dit. La répartition des indemnités s'est faite avec l'aval du directeur de cabinet, a-t-il ajouté. Enfin, un inventaire des cigares achetés pour Christian Blanc a été effectué avec le chef intendant du ministère. «Il montre que le ministre consommait trois cigares par jour», a-t-il affirmé.