Les Français moins coulants avec la drogue

Ingrid Gallou

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Plus conscients, plus méfiants, mais aussi moins libéraux. En dix ans, la perception des Français vis-à-vis des drogues et des consommateurs s'est durcie, d'après une étude rendue publique hier par l'Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT). L'appréhension des Français à l'égard des produits licites et illicites n'a cessé de s'amplifier, s'étendant au tabac. Ils sont aussi plus nombreux à considérer que le consommateur, avant d'être une victime, est d'abord responsable et donc coupable. L'archétype du toxicomane, l'héroïnomane, est ainsi perçu par 84 % des personnes interrogées comme « dangereux pour l'entourage, et à 24 % seulement comme malade ». « L'addiction, d'après Jean-Michel Costes, directeur de l'OFDT, est vue comme une responsabilité individuelle. » « Or, rappelle Etienne Apaire, président de la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les toxicomanies, une personne dépendante est malade, et doit être soignée comme telle. »