« On ne construira plus en zone inondable »

à Draguignan, Laurent Berneron

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Le président de la République à Draguignan, accompagné de Jean-Louis Borloo.
Le président de la République à Draguignan, accompagné de Jean-Louis Borloo. — G. JULIEN / AFP

Une visite attendue. Le président de la République s'est rendu hier après-midi à Trans-en Provence, puis à Draguignan, les deux communes varoises les plus touchées par les inondations de la semaine dernière. « J'ai envie qu'il se rende compte de ce qui s'est passé ici », lance Kevin, 16 ans, guettant l'arrivée du convoi présidentiel à Trans. Le jour du drame, l'adolescent a sauvé des personnes des eaux folles de la Nartuby en les tirant avec un simple tuyau d'arrosage.

« On va vous aider »
Peu après 15 h, Nicolas Sarkozy entame sa visite dans les ruelles fraîchement remises en état. « On va vous aider », lance-t-il aux sinistrés. Parmi eux, Claude, 70 ans, éclate en sanglots après un échange avec le chef de l'Etat. « Ma femme est morte en mars, alors ils m'ont baissé ma retraite à 640 € et maintenant j'ai tout perdu. Il faut que l'Etat débloque de l'argent », soupire-t-il.
Vingt minutes plus tard, le président se rend à Draguignan à la rencontre de chefs d'entreprise, avant de rejoindre la mairie pour une réunion entre élus et services de l'Etat. « Ça fait des décennies qu'on joue avec des victimes potentielles, ce temps est révolu, lance Nicolas Sarkozy. On ne construira plus en zone inondable et sous trois ans, l'ensemble des communes françaises auront un plan de prévention des risques (PPR) sur les inondations. » Sauf que Draguignan bénéficie déjà d'un PPR, signé en 2005. « On va remettre les PPR sur le tapis, pronostique, le président (UMP) du conseil général du Var, Horace Lanfranchi. Le préfet m'en a déjà parlé. »
Pour les victimes, Nicolas Sarkozy promet « un crédit de 10 000 € pour chaque entreprise touchée », « des délais de paiement pour leur dette fiscale et sociale » et « un coordinateur national entre les victimes et les assurances ». Des mesures identiques à celles mises en place après la tempête Xynthia en Vendée. Par ailleurs, le décret reconnaissant l'état de catastrophe naturelle doit être publié aujourd'hui. Selon le dernier bilan, vingt-cinq personnes sont mortes dans les inondations. Avant de rejoindre Paris, Nicolas Sarkozy a assisté à une messe à leur mémoire en l'église Saint-Michel de Draguignan. Il a aussi indiqué que les citoyens qui ont sauvé des vies « seront décorées à l'Elysée, avant le 14 Juillet ».

Alerte

Autres annonces présidentielles, l'utilisation prochaine par Météo France d'une nouvelle génération de radars permettant des alertes plus fines que le niveau départemental. Des plans communaux d'alerte à la population doivent aussi être mis en place.