Procès Kerviel: Suivez en direct la neuvième journée d'audience

Maud Pierron
— 

9h37: Eric Cordelle, un des patrons de Kerviel au Front office est appelé à la barre.

19h28 : L'audience est levéeC'est fini pour aujourd'hui. Les quatre supérieurs de Jérôme Kerviel ont mis en avant les mensonges du prévenu, qui donnait des justifications crédibles. Ces deux supérieurs directs ont aussi décrit Kerviel comme quelqu'un de "sérieux", d'"autonome", en qui en peut avoir "confiance" au travail. Une personnalité qui ne les a peut-être pas poussé à contrôler plus avant ces activités. Sur le plan des contrôles, son supérieur direct ne semblait pas au fait des procédures et ne s'en est pas caché. Il n'a pas reçu la formation pour et dans l'immédiat, il n'avait pas le temps. Son n+2, Martial Rouyère, a laissé également passer quelques alertes, mais c'est parce qu'il n'imaginait pas la fraude". Depuis, évidemment, ça a changé à la Société générale. Et sûrement dans les banques françaises.
19h25 : Gains et pertesMe Metzner demande pourquoi Kerviel a pu continuer à travailler alors qu'ils commençaient à suspecter une fraude. "On s'aperçoit simplement qu'il y a un problème sur une contrepartie", répond Luc François. "On ne suspend pas", demande Me Metzner. "Non, ce n'est pas la pratique". Vu qu'il a fait un gain d'1,4 milliard fin décembre et qu'il a perdu 2,7 milliards au 18 janvier, "la perte de Jérôme Kerviel est donc d'1,3 milliard", conclut Me Metzner.
19h21 : Me Metzner prend le relaisAu tour de Me Metzner d'asticoter Luc François.
19h20 : "C'est un gigantesque gâchis"Ces prises de positions "dépassent l'entendement", assure Luc François, cela impose "un détachement total par rapport à la réalité", dit-il. Me Veil lui demande quels enseignements il tire de l'affaire "Beaucoup de tristesse", déjà, car il "a mis la banque en péril".  "Des personnes ont été laminées", assure-t-il. "C'est un gigantesque gâchis", juge-t-il. Il a présenté sa démission, elle a été accepté. Est-ce un aveu de culpabilité lui dit-il. "Responsable, ba oui, coupable, non".
19h14 : Un gain "pas hors norme"Me Jean Veil, l'avocat de la Société générale, l'interroge sur le gain de Kerviel fin 2007, de 42 millions et non 55 millions. "C'est un profit important", acquis de "manière régulière". En tout cas "pas hors norme", assure-t-il. Le vendredi soir, il annonce que les positions de 50 milliards d'euros de  Kerviel ont généré une perte de 2,7 milliards d'euros
19h10 : Kerviel n'a jamais été "spontané"Luc François est à la barre, c'est un autre responsable de Jérôme Kerviel. Il explique que Jérôme Kerviel devait être "poussé dans ses retranchements" pour dire la vérité sur ses positions. Cela n'a jamais été "spontané".
18h00 : "grave problème"Pour lui, l'affaire a commencé le 18 janvier. Il dit avoir eu "des doutes forts sur la nature des opérations" de Kerviel après les premières explications du prévenu. Les investigations ont donc été lancées dès le vendredi. "Le doute s'est transformé en grave problème", dit-il.
17h47 : L'adience reprend avec l'audition de Phlippe  BaboulinC'est un autre ancien responsable de Jérôme Kerviel. Il est encore salarié de la Société générale, il est cité par la défense.
17h24 : L'audience est suspendue pour 15 minutes
17h23 : La SG accusée?Me Martineau  intervient, dit qu'il a l'impression que la banque est devenue l'accusée. "C'est tout à fait ça", raille Me Metzner. Le président Pauthe rappelle que c'est le tribunal qui juge et que ce n'est pas le cas. "Il n'y a pas d'équivoque", dit-il.
17h20 : "C'est un élément qui nous a échappé"Sur Eric Cordelle, Martial Rouyère admet: "nous savions que ce choix n'était pas optimal et qu'il nous était imposé par des contraintes". Et de répéter: "Ce qu'il manque à Eric Cordelle, c'est l'expérience du trading". Retour sur le fameux e-mail où il prend des opérations qui dépassent les limites. "C'est un élément comptable", pour Martial Rouyère. "Oui, mais il y a le nombre d'opérations" prises par Kerviel. "C'est un élément qui nous a échappé", bafouille Martial Rouyère. Encore une fois, les contrôles de la banque sont dans le viseur. La Commission bancaire l'a déjà sanctionné. Me Metzner rappelle qu'il y a 74 alertes au total sur Kerviel.
17h14 : Une clause de départ à 750.000 eurosMe Olivier Metzner annonce que le témon, Martial Rouyère, a signé une transaction de 750.000 euros en quittant la banque, avec une clause de réserve l'engageant à ne pas dire du mal de la banque. Me Metzner, une nouvelle fois, s'interroge sur la liberté de parole du témoin.
17h10 : "A quoi vous servez, monsieur?"Me Metzner intervient et demande "de qui se moque-t-on", relevant qu'Eric Cordelle a admis ce matin ne pas lire des e-mails d'alertes, de ne pas ouvrir des pièces jointes et que lui-même, Martial Rouyère, ne lit pas le bas des e-mails... "On doit prioriser", répond le témoin. "On n'est pas obligé de penser à la fraude", ajoute-t-il. Les 53.000 opérations notés en bas du fameux e-mails, "c'est un élément qui aurait pu me faire penser...", reconnaît Martial Rouyère. "Si je l'avais vu, je l'aurais fait savoir", ajoute-t-il. "Est-ce que pour voir, il ne faut pas regarder", rétorque Me Metzner.  "A quoi vous servez, monsieur?".
17h07 : "Ces manipulations sont inacceptables"Me Huc-Morel projette un nouveau document interne à la Soc gen, qui a été saisi par la PJ sur un collègue de Jérôme Kerviel, considéré comme un bon élément par Martial Rouyère, qui fait état d'opérations fictives, masquées de la part de ce trader et d'au moins deux autres. "Je n'étais pas au courant de ces opérations", répond Martial Rouyère. "Ces manipulations sont inacceptables", dit-il mais la nature des faits n'est pas tout à fait la même, insiste-t-il. Et Me Huc-Morel de dire que c'est la même choses pour Sébastien Gers et M. Meskine, deux autres traders confirmés.
17h00 : "Je ne suis pas allé jusqu'en bas de l'e-mail"Martial Rouyère est désormais interrogé par Me Huc-Morel, pour la défense. Il lui demande s'il regrette ne pas avoir été sensibilisé à la fraude, comme il l'a dit. Martial Rouyère confirme. La défense fait projet un document de 2004 sur les risques de fraudes. Martial Rouyère répond: "je suis entré à la Société générale en 1994, on ne m'a jamais dispensé de formation de ce type". Il est désormais interrogé sur le nombre de contrats que Jérôme Kerviel pouvait prendre. "Quelques centaines, quelques milliers", répond il. Or, sur une alerte reçue en mail 2007, il est noté qu'il y a un écart entre le Front office et le back office sur le compte de Kerviel, avec d'un côté 56.000 opérations et 73.000 opérations. "Je ne suis pas allé jusqu'en bas de l'e-mail", répond-il.
16h52 : "C'est de la mythomanie"Me Reinhart lui lit un passage du livre de Kerviel, dans lequel il dit que Martial Rouyère savait tout.  "C'est de la mythomanie", réagit Martial Rouyère.Alors auun supérieur ne savait? "C'est un mensonge éhonté, je ne savais pas. Absolument personne n'était au courant et ne pouvait cautionner de telles positions", continue-t-il.
16h49 : "Double cerveau"Faut-il un "double cerveau" demande Me Reinhart pour mener de front des activités normales et des activités masquées, comme Kerviel. Sans faire de psychologie, il dit trouver "suprenant" d'agir ainsi.
16h47 : "Tout le monde n'a pas reçu les mêmes alertes"Lors de l'entretien, il répète que Jérôme Kerviel ne parlait que de son gain et non de ses pertes."Je ne comprends pas pourquoi son premier réflexe" n'a pas été de dire qu'il avait 50 milliards de réflexion. C'est là que résidait "le risque", justifie-t-il. Me Reinhard l'interroge sur les alertes différentes envoyées au sujet de Kerviel et de ses justifications que le prévenu qualifie de "pas crédibles". "Tout le monde n'a pas reçu les mêmes alertes, et ces alertes n'étaient pas de même nature", commence Martial Rouyère. "Je ne peux pas imaginer que ces gens-là se soient satisfaits de réponses approximatives", ajoute-t-il. Quant aux vacances, il dit avoir insisté à plusieurs reprises pour qu'il en prenne.
16h36 : "Extrêmement conscient de sa faute"Martial Rouyère est désormais interrogé par Me Reinhart, pour la Société générale. L'avocat lit un texto envoyé par Kerviel à Rouyère le samedi soir, le lendemain du début de la découverte de la fraude, lorsqu'il fait une allusion au suicide. Pour l'ex-supérieur, cela signifie qu'il "était extrêmement conscient de sa faute, choqué" par ses agissements.  Jérôme Kerviel est appelé à la barre pour confirmer: "c'est une expression qu'on dit quand on passe une mauvaise journée, comme 'je vais acheter une corde", explique-t-il.  "C'est idiot", reconnaît-il.
16h30 : "Des années de travail ont été anéanties"Le procureur lui demande si la hiérarchie n'aurait pas pu se mettre d'accord pour laisser Kerviel faire, tant qu'il gagnait de l'argent. S'il avait eu le moindre doute, il serait allé voir la hiérarchie directement. "Et je n'ai aucun doute qu'Eric Cordelle aurait fait la même chose", a-t-il ajouté. "Des années de travails, d'efforts, de collaborations à tous les niveaux ont été anéantis et détruits" par cette affaire. "Cette fraude est une blessure pour moi", ajoute-t-il. Le procureur demande alors s'il est possible de contrôler quelque chose qu'on ne peut pas imaginer.  "Nous n'avons jamais imaginé une telle fraude", et "nous n'avons jamais été sensibilisé à un tel risque de fraude", répond-il.
16h25 : "J'étais inquiet, j'étais embêté" "J'ai eu un moment une inquiétude sur le comportement de Jérôme Kerviel", au moment où Eric Cordelle est arrivé, raconte Martial Rouyère. C'est quand Jérôme Kerviel a annoncé qu'il voulait arrêter la finance alors que peu de temps avant, il semblait motivé. "J'étais inquiet, j'étais embêté", reprend-il, puisque l'équipe était déjà en sous-effectif et la situation était tendue. "C'était un élément de qualité qui n'avait pas donné de signe particulier de suspicion"
16h20 : Il ne regardait pas la trésorerie "En gros, je ne regardais pas la trésorerie" des traders. Le président demande donc s'il est au courant des lettres envoyées par Eurex. "Non, je n'en ai pas eu connaissance", répond Martial Rouyère.
16h18 : Le bonus, c'est "discrétionnaire"Parlons maintenant des bonus. "Les bonus sont discrétionnaires, ils ne sont pas l'objet de négociations", assure Martial Rouyère. Fin 2007, Kerviel avait demandé 600.000 euros de bonus, il n'en a obtenu que 300.000 (jamas versé). Rouyère reconnait que le prévenu à l'époque n'était pas très content.
16h14 : "C'est juste un prblème de loyauté"Le président demande s'il entrait dans son mandat de vérifier les opérations des traders. "Non". Dans celle d'Eric Cordelle alors? "Pas de vérifier les opérations, mais les risques", précise Martial Rouyère. Après la déposition ce matin d'Eric Cordelle, où il est apparu dépassé par sa fonction, le président demande à Martial Rouyère si Cordelle avait les compétences pour le faire. Le témoin reconnait qu'il avait certaines lacunes mais qu'il "avait les compétences pour le faire,  c'est quelqu'un de qualité". Il remet dans le contexte: après le départ d'Alain Declerck, c'était compliqué de trouver un remplaçant et qu'Eric Cordelle était là. Le président demande si Eric Cordelle "ne faisait pas le poids par rapport à Jérôme Kerviel".  "On a fait venir un manager qui avait des compétences, il lui manquait cette compétence de trading et des systèmes qu'avait un Jérôme Kerviel. C'est juste un problème de loyauté".
16h07 : "J'avais confiance en Jérôme Kerviel" "La banque met à la disposition de ses traders des outils pour leur activité. Il y a des contrôles. La vérité, c'est qu'un détournement de ces outils est tout à fait possible", explique Martial Rouyère au président. "Vous aviez confiance en Jérôme Kerviel , demande le président. "Oui j'avais confiance en Jérôme Kerviel", répond le témoin, mettant en avant sa disponibilté, son sérieux. Il a contribué à l'amélioration de l'environnement technique du desk, il a proposé de nouveaux produits et il avait de bons résultats, détaille Martial Rouyère. "Quasiment la moitié du résultat du desk", précise le président Pauthe. Martial Rouyère l'explique par les nouveaux produits mis en place.
16h00 : Les gains, "génération spontanée"En juillet, il y a une perte de deux milliars, "vous étiez au courant", demande le président Pauthe. "Bien sur que non". "Rien ne me laisse penser qu'il peut prendre plus de 125 millions d'engagement en directionnel", ajoute-t-il.  Ces deux milliards se transforment en 500 millions d'euros de gains. "Ce sont des ordres de grandeur incompatibles avec nos activités", tente d'expliquer Martial Rouyère pour expliquer pourquoi il n'est pas au courant. "Mais le résultat est là, ce n'est pas la génération spontanée", rétorque le président
15h54 : Les explications de KervielL'alerte portait sur 94 millions d'euros. "C'est pas loin des 125 millions d'euros". "ça n'a rien à voir", répond Martial Rouyère. "Mais en valeur, pour considérer un problème", rétorque le président Pauthe. Le président interroge Martial Rouyère sur les explications grossières de Kerviel. Il y a deux élements dans ses explications: la barrière désactivante s'étalait sur plusieurs jours et les calculs ne sont pas bons parce qu'ils se fondent sur les mauvais éléments, mais souligne-t-il tous cela a été porté à sa connaissance en 2008. Ceci étant, la procédure "a été faite dans les règles de l'art".
15h49 : "Aucun souvenir" d'une alerte sur le compte KervielLe président Pauthe demande s'il assistait les réunions passerelles, pendant lesquelles sont évoqués les écart entre les résultats économiques et comptables. Au début, il n'y assiste pas. Finalement, courant 2006 (il est arrivé en 2005), il commence à y assister. Il est informé en mars 2007 et avril 2007 par la passerelle qu'il y a des problèmes sur un compte, celui de Kerviel. Pour la première, il est en voyage d'affaires aux Etats-Unis et le problème est réglé au premier jour de son voyage, notamment par un mail de Philippe Baboulin. "C'est un sujet donc je n'ai aucun souvenir", dit-il, ajoutant ne pas se souvenir que cette alerte a été évoquée lors d'autres réunions.
15h40 : Un manager pas au courant de tout "Vous étiez risk manager", demande le président. "Qu'est-ce que vous entendez par là", demande le témoin, assez interrogatif. "Ce n'est pas à moi de vous le dire". En tant que manager, il "imagine" qu'il était risk manager. C'est lui qui mettait la limite du desk, c'est lui qui surveillait les risques et les dépassements. Sur les dépassements, il recevait tous les jours "un reporting d'activité sur les limites de la veille". Le président dit qu'il y a une deuxième rapport. "Je ne suis pas au courant", répond Martial Rouyère. "J'ignorais son existence", continue-t-il. Le président est étonné.
15h40 : La "boîte de contrôle"En 2003-2004, l'outil Proxygène est mis en place, une sorte "de boîte de contrôle", explique Martial Rouyère. "Pour les ordres aberrants", coupe le président Pauthe, reprenant ce que d'anciens cadres de la Soc Gen ont expliqué aux audiences précédentes. "Pas forcément", repond le témoin.
15h35 : Pas de "limites en nominales"En 2007, alors que Jérôme Kerviel a commencé une activité d'arbitrage, "j'ai le sentiment qu'il est plutôt content de cette nouvelle situation", explique Martial Rouyère. Le président l'interroge sur les limites de risques en nominales. "Il n'y en a pas, il n'y en a jamais eu", confirme Martial Rouyère. "S'il n'y a pas de soupçons de fraudes", il n'y a pas de raisons d'en avoir.
15h20 : Kerviel bien notéLe président demande à Martial Rouyère si Kerviel était quelqu'un de confiance. Martial Rouyère dit qu'il "comptait sur lui", qu'il était "sérieux", "autonome", "bien perçu". Il assure ne pas avoir été mis au courtant que Jérôme Kerviel avait reçu un avertissement en 2005 pour avoir spéculé sur Allianz alors qu'il n'y était pas autorisé.  Le président interroge le témoin sur l'évaluation de Kerviel fin 2005, à laquelle il a participé, et qu'il a bien noté. "Alain Declerck a toujours eu une haute idée des qualités de Jérôme Kerviel", précise Martial Rouyère.
15h07 : Kerviel a-t-il voulu quitter la finance en 2007?Martial Rouyère, n+2 de Kerviel, affirme qu'en juin 2007, le prévenu lui avait dit vouloir arrêter la finance. Kerviel est appelé pour confirmer: "J'avais envie de voir autre chose effectivement, ça faisait trois ans que je faisais du market-making", confirme Kerviel.
15h06 : Il a quitté la banque après une transactionIl a quitté la banque fin août 2008, avec une transaction avec la Soc Gen. "Nous étions en désaccord sur la forme comme sur la forme". La banque d'investissement a insisté pour qu'il reste. "Les traders étaient fortement choqués de cette affaire", "surpris", il voulait les aider. Il voulait aider à mettre en place les moyens de contrôles aussi. Mais il a décidé de partir, car il a vu des "opportunités.
15h04 : L'"exhaustivité" des positionsIl fallait connaître "l'exhaustivité" des positions prises par Kerviel. Il fallait être sûr à 100% que leurs "certitudes" correspondaient à "la réalité des positions prises", souligne le cadre bancaire.
15h02 : "Comment t'as pu faire ça"La première question qu'ils posent à Jérôme Kerviel, le samedi soir, c'est "est-ce vrai?" et "comment t'as pu faire ça". "On ne génère pas 1,4 milliard comme ça". Il "donnait des réponses qui nous menait dans des impasses", parlant de "martingales", de "techniques de trading". "A aucun moment, il n'a mentionné avoir pris des positions depuis le début d'année", assure son ancien supérieur. Il n'avait avoué dans un premier temps que des gains grâce à des opérations non autorisées et masquées.
14h58 : "Je n'ai jamais traité avec Jérôme Kerviel"...Donc, ils cherchent dans Eliot, la base de données. Mais ils cherchent parmi des dizaines de millions d'opérations. "A la fin de la journée on n'a pas trouvé de justifications aux explications de Jérôme Kerviel", raconte Martial Rouyère. Du coup, la hiérarchie décide de continuer les recherches le samedi. Ils décident de joindre Jérôme Kerviel. "C'était pas évident", dit-il. Quand ils l'ont, ils lui demandent des précisions. Ils joignent la Deutsche Bank, qui était censé faire les contreparties des positions de Jérôme Kerviel, un ancien salarié de la Soc gen, qui dit: "je n'ai jamais traité avec Jérôme Kerviel". Là, la fraude est avérée. Martial Rouyère averti sa hiérarchie et demande à Jérôme Kerviel de revenir à la banque. "On ne peut plus se contenter d'explications dilatoires".
14h52 : Kerviel, un homme "sérieux, autonome, réactif"Dans l'affaire, pour lui, tout a commencé le 18 janvier, jour où la fraude a commencé à être découverte. Il a été alerté par Philippe  Baboulin, le prochain témoin. "Jusque-là l'image que j'avais de Jérôme Kerviel, c'était quelqu'un de sérieux, qui travaillait bien, de confiance, autonome, réactif", explique-t-il. Il assure qu'ayant repéré quelque chose d'"anormal", il faut alerter la hiérarchie. Kerviel reste à son poste. "On n'a aucune raison de soupçonner une fraude", dit-il encore. 'Maintenant, il faut comprendre ce qu'il se passe", car la position, énorme, "est réelle".
14h49 : Une équipe pas "assez étoffée"Il supervisait plusieurs pôles, dont celui où officiait Jérôme Kerviel. Pour l'équipe de Kerviel, il reconnaît qu'elle n'était pas "assez étoffée" et en plus, elle "était relativement jeune". "Le recrutement était un enjeu très fort sur cette période", surtout que l'activité n'arrêtait pas d'augmenter.
14h38 : Martial Rouyère est appelé à la barreIl est cité par la défense de Jérôme Kerviel. C'est un de ses anciens supérieurs.
14h36 : L'audience est presque ouverte....Il manque les avocats de Jérôme Kerviel...
13h10 : L'audience est suspendue, elle reprend à 14h30Dernier supérieur directe de Jérôme Kerviel, Eric Cordel n'est pas un trader et n'en comprenait même pas le vocabulaire quands il a pris la responsabilité du desk Delta One. Une méconnaissance du métier, conjugué à un sous-effectif patent et une charge de travail exponentielle qui explique pourquoi Eric Cordel n'a pas vu les différents éléments inquiétants dans la trésorerie ou les ordres pris par Kerviel. Le prévenu a pris l'avantage sur son supérieur grâce à son excellente connaissance de toutes les facettes du métier.
13h04 : "Ma hiérarchie était contente de mon travail"Me Metzner demande à Eric Cordel s'il se souvient de l'appréciation de sa hiérarchie en novembre 2007. "Ma hiérarchie était tès contente de mon travail. Mon N+1, mon N+2, mon N+3 étaient là. Ils étaient content que j'ai réussi à m'intégrer chez les traders, que j'ai réussi à montrer ma valeur ajoutée", déroule Eric Cordel, ajoutant simplement que ses objectifs pour 2008 était de mieux contrôler les traders.  C'était logique dit-il, 2007 était "l'année de l'apprentissage".  "Aller creuser dans les comptes des traders, je n'en avais ni les moyens, ni les connaissances pour le faire", assure-t-il,, répétant encore que le sous-effectif sur le desk, par exemple, l'en empâchait.
13h00 : Pas beaucoup de questions poséesMe Metzner l'interroge désormais sur les courriers d'Eurex, qui alertait sur les volumes de Jérôme Kerviel. "En 2007, l'activité de Jérôme sur les turbos a fait X 4", répète Eric Cordel. Du coup, la lettre lui semblait normale. De plus, Vincent Duclos du service Déontologie lui disait que c'était normal, que les volumes avaient augmenté. "Avez-vous demandé de combien ils ont évolué", demande Me Metzner. "Non", répond-il.
12h40 : Positions directionnelles?D'après des témoins, rapporte Me Metzner, Kerviel a pris des positions directionnelles devant lui. "Je ne m'en souviens pas", répond Eric Cordel.
12h35 : "La cage aux lions" "On vous a mis dans une cage aux lions, dont on ne vous a pas dit qu'un d'entre eux avait déjà mordu deux fois", demande Me Metzner pour imager que Kerviel avait déjà fait deux écarts. Pour "la cage à  lion", c'est oui, pour le reste, c'est "non". Surtout, tout dépend du dépassement de limite, si c'est acitf ou passif, répète-t-il. Me Metzner lui demande s'il ne s'est pas renseigné sur son équipe. "Jérôme était parmi les plus séniors", explique Eric Cordel, ajoutant qu'"à l'époque, je ne savais pas que les lion étaient des lions"... Si, des discussions arrivaient.
12h28 : "D'autres priorités bien plus vitales"Après les questions techniques, c'est désormais à Me Metzner de cuisiner le témoin. "D'après ce que vous avez dit, vous ne lisez pas les pièces jointes qui vous son adressées, vous ne lisez pas les mails, qu'est-ce que vous faisiez en tant que manager du groupe", attaque l'avocat. Piqué au vif, Eric Cordel détaille sa journée: arrivée à 8h20, avant l'ouverture de la bourse, lecture de mails, réunions de travail, etc, les embauches. Me Metzner lui demande pourquoi il n'est pas allé sur Eliot: "d'autres priorités bien plus vitales" l'occupaient: "faire en sorte que le business n'explose pas".
12h18 : Eric Cordel mal à l'aiseMe Huc-Morel revient sur le document safe, sur le résultat des traders. On voit en août qu'il a une trésorerie d'un milliard. "Mais quel est son résultat", demande Eric Cordel, pour qui on ne peut pas faire le lien entre résultat et trésorerie. En intérêt, ça coute entre 100.000 et 200.000 euros par jour, note Me Huc-Morel. Eric Cordel est très mal à l'aise, manifestement il connaît mal ce fichier. "Je ne le recevais que depuis le mois d'août", se justifie-t-il, alors qu'il est arrivé en mars. "C'est bien le problème", souligne Me Metzner.
12h14 : Souvenirs, souvenirsMe Huc-Morel projette un nouveau document, un mail forwardé par Jérôme Kerviel, faisant état d'écarts entre des ordres passés entre front et back office. Il dit ne pas s'en souvenir. Kerviel prend la parole et assure avoir pris un verre avec Eric Cordel pour lui faire part de ses problèmes de trésorerie, et ce dernier lui a demandé de lui envoyer ce mail. Il "ne s'en souvient pas".
12h06 : Risk manager?Me Huc-Morel, pour Jérôme Kerviel, interroge désormais Eric Cordel. "Confirmez-vous que vous étiez-vous le risk manager" du desk de Kerviel, demande l'avocat. "Non, je l'infirme". L'avocat fait projeter un documet, qui a été transmis à la défense récemment par quelqu'un à la SG. Ce document est adressé à tous les risks managers et il se trouve que le prédecesseur d'Eric Cordel en faisait partie.
12h05 : "Il a ruiné ma vie personnelle et professionnelle"L'avocat d'une des parties civiles lui demande son jugement sur l'affaire. "C'est compliqué, commence Eric Cordel. Il est totalement idiot d'avoir fait ça. Personne ne prend des paris comme ça, c'est pitoyable". Et l'avocat de lui demander s'il en veut à Jérôme Kerviel: "Oui, il a ruiné ma vie personnelle en partie, et professionnelle certainement", répond Eric Cordel, se reprenant toutefois sur un point: "j'en veux à Jérôme je ne sais pas, je ne sais pas à qui j'en veux".  "J'ai dû mal à cerner le personnage", conclut Eric Cordel. "Il choisissait les chiffres qu'il distillait pour être crédible", ajoute-t-il.
12h00 : "Je serais parti en courant"Un avocat des parties civiles lui demande ce qu'il aurait fait s'il avait eu connaissance de la fraude. "Je serais parti en courant", répond-il d'abord, avant de préciser plus sérieusement qu'il serait allait voir sa hiérarchie.Jérôme Kerviel n'a jamais évoqué avec lui le système frauduleux qu'il a mis en place, assure-t-il
11h58 : "Tout le monde sautait"Le président Pauthe demande s'il confirme ses propos tenus lors d'une audition, selons lesquels, s'il avait parlé de ce milliard quatre de gains, "tout le monde sautait". "Oui, je confirme".
11h55 : Kerviel n'a jamais parlé ouvertement de son gainLe procureur l'interroge, un peu comme à un entretien d'embauche sur le mode: vous êtes sans expérience de trading, que pouvez-vous apporter à l'entreprise. Encore une fois, il dit "être complémetaire", il met en avant l'humain. Il lui demande si Kerviel lui a parlé une fois "ouvertement" de ses gain d'1,4 milliard d'euros. "Non". Le procureur pose la même question àKerviel: le prévenu dit avoir parlé d'un "gros montant" en trésorerie et dit avoir besoin de faire "un transfert d'activité sur l'année suivante".
11h50 : Possible "humainement"?Retour sur les chiffres énormes. "ça n'apparaît nulle part", demade encore le président. "Je n'ai pas d'explication", reprend Eric Cordel, qui répète ne pas comprendre comment quelqu'un peut "bien faire son travail", avec une telle perte. "Je ne conçois pas humainement comment c'est possible".
11h47 : "c'est pas bien, mais ça arrange tout le monde"On aborde désormais le comportement de Jérôme Kerviel. Il n'a pas beaucoup changé, d'après Eric Cordel. "Comment pouvait-il arriver au travail de façon si sereine, se bagarrer parfois pour 1000 euros, alors qu'on apprend qu'il est à moins 2,7 milliards d'euros sur son centre opératoire", se demande le N+1. Quant aux vacances, quand Jérôme Kerviel a refusé de prendre des vacances, il dit: "c'est pas bien, mais ça arrange tout le monde, c'est la vérité" vu la charge de travail, raconte Eric Cordel. Il devait prendre une semaine de vacances à la fin de décembre 2007, assure Cordel. Or, il n'a pris qu'un jour ou deux et a pu prendre des ordres dès le 1er janvier 2008.
11h40 : "Si on ne cherche pas"...Le président l'interroge sur la perte latente de 2,7 milliards d'euros. "Comment ne vous crève-t-elle pas les yeux?". "Personne ne les cherchait. Je ne sais pas comment concrètement c'est passé au travers des mailles du filet puisque j'ai quitté la SG fin janvier." Et de reprendre:2,7 milliards d'euros, "oui c'est énorme mais si on ne cherche pas je comprends tout à fait qu'on ne trouve pas".
11h33 : "C'était masqué"Passon à 2008. Là, Kerviel va engager 50 milliards d'euros. "On passe le turbo, si je peux dire", remarque le président, un jeu de mot pour initiés (Kerviel vendait des turbos warrant..). "C'était masqué", répond Eric Cordelle. Il assure ne pas avoir eu affaire à un gros problème de trésorerie. "Le rôle d'un trader: faire de l'argent au sein des limites de risques", reprend-il, expliquant avoir demandé à ses traders, début 2008, d'arrêter de franchir la limite de dépassement quasi quotidiennement.
11h30 : "Je ne suis pas un bon comédien"Quant à l'écart de 5 millions d'euros fin 2007, qui ne sont pas un écart de méthode, Kerviel explique que cela se justifie par le changement du "prix d'exercice du produit". Or, "M. Cordel qui est structureur, doit savoir que le changement de prix d'exercice d'un produit" ne change rien, lance Kerviel à son ex-supérieur, qui se tient à sa gauche.  "Je ne suis pas un bon comédien", conclut-il, contredisant Eric Cordel.
11h25 : "On compare ce qui n'est pas comparable"Le prévenu est interrogé sur la trésorerie. Il revient notamment sur la comparaison d'Eric Cordel avec un autre trader qui a le même genre de fluctuation sur sa trésorerie. "On compare ce qui n'est pas comparable", dit Kerviel, assurant que l'autre trader est sur d'autres produits, d'autres valeurs, plus importantes. "Pour avoir un milliard de trésorerie, il aurait fallu que je vende un milliard de warrants à des particuliers", ce qui est impossible, reprend le trader.
11h17 : Les courriers d'Eurex, "anodins"Pour la deuxième lettre d'Eurex, Kerviel a bien "joué la comédie", d'après Eric Cordel. L'ancien trader vient le voir et lui dit qu'Eurex a envoyé une lettre pour demander des précisions sur des produits. Eric Cordel peu après est copie d'un mail adressé par le service Déontologie à Kerviel. Sur ce mail, Vincent Duclos de la Déontologie écrit dans les même termes que Kerviel. "Du coup, je n'ai pas ouvert la pièce jointe". Pareil, pour la réponse de la Déontologie à Eurex, il est en copie d'un mail, mais ne répond pas car la "dead line" est dépassée. Du coup, "ça me paraissait "insignifiant", "anodin", car si la Déontologie voulait ma réponse, ils se seraient assurés que je lise leur courrier", explique-t-il. "Si le département en charge de l'enquête interne" ne vient pas me voir, dit-il, c'est que ce n'est pas si grave.
11h10 : Les alertes d'EurexRetour sur l'épisode Eurex, quand le régulateur européen, envoie deux lettres pour alerter sur l'activité de Kerviel, demandant pourquoi les volumes ont augmenté et quelle était la stratégie d'arbitrage. Eric Cordel rappelle une scène de fin novembre 2007, entre Jérôme Kerviel avec Vincent Duclos de la déontologie, qui préparent la réponse. Eric Cordel demande si c'est grave puisqu'il n'a jamais été confronté à ça. On lui répond que c'est "anodin". Le président lit la lettre. Eric Cordel dit ne l'avoir jamais eu en main, il a juste demandé à la Déntologie une copie de la réponse et il ne pouvait pas s'imaginer que dans la version qu'il a lu, "les questions pouvaient être tronquées".
11h00 : Un bon bonus, mais pas exceptionnel...Et ce bonus de 55 millions d'euros, alors, ça n'aurait pas dû l'alerter? "C'est 43 millions d'euros", rectifie Eric Cordel. Qui veut relativiser, si Jérôme Kerviel a eu une "bonne progression en 2007, les autres traders en ont eu une encore meilleure", de "l'ordre de X 10".  Reste que Kerviel représentait la moitié des résultats de l'équipe. Mais ces résultats, une fois encore, étaient "crédibles" par rapport à son activité.
10h58 : "C'était crédible"Le président l'interroge sur sa réaction quand à la fin de l'année, Kerviel a 1,4 milliard d'euros sur sa trésorerie. "Ce gain n'est resté que 4 jours sur son compte.  Jérôme a toujours su trouver des explications convaincantes. Il mentait du début à la fin, à chaque fois qu'il expliquait quelque chose, c'état crédible".
10h53 : Un supérieur pas très au courantLe président demande à Eric Cordelle s'il était au courant d'un prêt de de 600 millions d'euros dans son desk. Non, il ne l'était pas. Et des transferts entre traders? "Non, je l'ai appris par la suite".
10h50 : Il n'y a pas que Kerviel qui avait des écarts de trésorerieLe président l'interroge sur les écarts de trésorerie. "Je ne voyais pas cette trésorerie comme un outil de contrôle du résultat", répond l'ex-N+1 de Kerviel. Il montre un document extrait de Safe, où un autre trader a des variations énormes, du même ordre de celle de Kerviel, allant jusqu'à + 1 milliard. "Il n'ont pas fraudé", pourtant, assène Eric Cordel. "Les écarts de trésorerie ne révèlent pas d'activité frauduleuse", conclut-il.
10h45 : Trésorerie "Safe"Le président demande à Eric Cordel s'il avait un droit de regard sur la trésorerie des traders. Oui, répond le témoin. Il avait un rapport quotidien sur la trésorerie, grâce à l'outil "Safe", mais il ne regardait qu'une fois par mois, pour voir si les traders suivaient bien les directives de la banque, de ne pas être trop débiteur.
10h40 : Activation- désactivationLe président l'interroge désormais sur "proxygen". C'est un outil pour éviter des "saisies erronées". Il explique qu'il lui est arrivé de désactiver proxygen de manière très ponctuelle, car par exemple, l'outil bloquait les ordres à l'ouverture des marchés, à 9h
10h36 : "J'étais perdu dans le maquis informatique"Il explique qu'il n'est jamais vraiment allé dans la base Eliot, où toutes les opérations étaient saisies. "J'ai eu une formation de deux heures et demie, je savais juste rentrer mon identifiant". ça paraît fou pour le responsable direct des traders. "J'étais perdu dans le maquis informatique, j'étais perdu dans le vocabulaire", admet Eric Cordelle. "Mais c'était prévu dans ma feuille de poste, je n'étais pas trader", et il devait apprendre au fur et à mesure. En revanche, il se concentrait sur la maîtrise de l'outil "Delta One", "l'automate", qui permet de contrôler de manière automatique les positions des traders. "Il n'y avait pas de limite en nominale individuelle, ni en nominale cumulée", assure-t-il.
10h21 : "Les limites étaient dépassées assez fréquemment"Et les limites, demande le président Pauthe. "On recevait tous les jours un état des limites par le département en charge. Dans cette équipe, les limites étaient dépassées assez fréquemment. On est allé jusqu'à 200 millions d'euros. Il y a plusieurs sortes de dépassements de limite", explique Eric Cordelle.  Il y a le dépassement actif, quand le trader prend la décision de franchir la limite. "Je ne l'ai jamais vu, c'est sévèrement sanctionné", d'après le témoin. Il y a aussi le dépassement passif, subi, dus à des "problèmes de saisies", ou à des "franchissements passifs liés à notre activité".
10h18 : "Aucun outil de reporting"Et les outils de contrôle, quels étaient-ils demande le président Pauthe. "Il n'y avait aucun outil de reporting quand je suis arrivé en avril", assure Eric Cordelle. Mais face aux autres "crises", du recrutement et de la charge de travail, ce n'était pas "la priorité". Comme son prédécesseur, il allait voir les traders, leur demandait comment s'était passé la journée pour contrôler. Mais il validait tous les soirs à 19h30.
10h16 : "Les traders sont occupés 110% de leur temps"Ses "tâches"? Il explique qu'il avait beaucoup de réunions, qu'il devait  "recoller les morceaux" avec d'autres services "connexes", qu'il devait recruter en rigence. "L'équipe était sous l'eau" et il fallait doubler les postes car tel trader sur tel marché ne pouvait pas s'absenter car les marchés sont ouverts tous les jours. En bref, il essayait de soulager son équipe. "Les traders sont occupés 110% de leur temps", dit-il.
10h13 : Pas de "transactions particulières" "Je ne percevais pas d'activité spécifique à Jérôme", assure Eric Cordelle au tribunal. Et de certifier qu'il ne voyait pas les ordres que le prévenu passait. Et quand il passait derrière les bureaux, "Jérôme ne passait pas de transactions particulières".
10h08 : Pas de "place privilégiée"Et quelle est sa position géographique dans le desk, demande le président Pauthe à Eric Cordelle. "J'ai déménagé quatre fois en huit mois". Il explique avoir été quasiment toujours été dans l'équipe, "à un mètre du trader le plus proche, à dix mètres du trader le plus loin". "Une place privilégiée" pour observer les traders. Eric Cordelle conteste et rappelle qu'il y avait tellement d'ordinateurs que ce n'est pas possible d'avoir de "places privilégiés". Entre lui et Kerviel, il "y avait deux ou trois traders". "
10h03 : Quelle est l'activité de l'équipe?L'activté première de l'équipe, c'est du market-making. Kerviel le faisait sur les turbo-warrant. Pendant l'été 2007, "le marché était plus agité", donc ils ont lancé la "stratégie d'arbitrage". L'idée existait déjà mais c'est Martial Rouyère qui a donné son feu vert. Le président trouve que cette activité d'arbitrage a commencé bien tard par rapport au dossier. Mais le témoin maintient que l'arbitrage a débuté en été.
9h56 : Jérôme, "quelqu'un qui travaillait bien"L'équipe lui a été décrite comme ayant "une activité en très forte croissance, une équipe qui travaillait beaucoup, avec la réputation d'avoir beaucoup de travail". Les produits proposés étaient "très simples". Quant à l'équipe elle-même, il y avait de "bons techniciens", dont Jérôme Kerviel, sur lequl il pouvait s'appuyer. "Quelqu'un qui travaillait, bien, performant, qui avait de bons résultats", raconte-t-il en parlant du prévenu.
9h52 : "Je ne connaissais pas le vocabulaire"Ce n'était pas sa première expérience en front office mais c'était son premier poste de trading, alors que sa formation est ingénieur: il a fait polytechnique. "Quand je suis arrivé, je ne connaissais pas le métier de trader à proprement parler". Du coup, il se tournait vers Martial Rouyère, qui l'encadrait, qui sera entendu cet après-midi. "Pour être clair, je ne connaissais pas le vocabulaire de traders", explique-t-il. Quand il arrive, son prédécesseur est déjà parti depuis trois mois. Qui fait l'intérim, demande le président. "Le premier responsable, c'est Martial (Rouyère)", répond-il.
9h46 : "Mon départ était assez brutal" "Mon départ était assez brutal", raconte-t-il. "J'ai appris qu'il y avait des soucis avec Jérôme le vendredi 18 janvier, le vendredi suivant, j'ai reçu un coup de fil de la DRH m'annonçant qu'elle commençait une procédure de licenciement". Finalement, il retourne à la Société générale au bout de quelques mois. Puis, en avril 2008, il saisit les prud'hommes, et la banque entame une procédure de licenciement pour "insuffisance professionnelle". Un motif qu'il conteste. Il poursuite la banque aux prud'hommes.
9h45 : "Jérôme était un des traders les plus séniors"Eric Cordelle explique son itinraire. Il a une formation d'ingénieur à la base. Il est arrivé début 2007 à la tête de Delta One, le desk où travaillait Kerviel. L'ancien chef était un très bon technicien, lui était complémentaire. Il avait des connaissances de structurations, de management, il connaissait les clients mais il n'avait pas l'expérience particulière du trading, explique-t-il. "C'était une équipe jeune. Jérôme était un des traders les plus séniors", explique-t-il.
9h39 : Eric Cordelle voulait être partie civileCostume gris, assez élancé, Eric Cordelle, 38 ans, s'avance. Il dit être à la recherche d'un emploi. Il s'était constitué partie civile, mais cela avait été déclaré irrecevable.
9h35 : L'audience débute
9h29 : Aparté entre avocatsAparté entre Me Metzner, qui défend Jérôme Kerviel, et Me Jean Veil, qui défend la Société générale. Les deux hommes rient. Dans quelques minutes, il s'écharperont certainement devant le tribunal...
Une audience à suivre en live dès 9h30

Jérôme Kerviel est confronté ce lundi à ses anciens supérieurs, dont il dit qu'ils étaient forcément au courant d'au moins une partie de ses agissements. .