Outox: à peine sorti, déjà interdit?

POLEMIQUE Hervé Novelli et l'association Prévention routière demande que la commercialisation de la boisson anti-alccol soit interdite...

J. M. avec AFP

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Outox, la boisson censée faire baisser l'alcoolémie, a été lancée le 18 juin 2010.
Outox, la boisson censée faire baisser l'alcoolémie, a été lancée le 18 juin 2010. — 20minutes.fr

La route promet d'être longue pour Outox. La société qui commercialise la boisson censée accélérer la chute de l'alcoolémie a annoncé son lancement officiel ce vendredi, mais la Prévention routière l'attendait au tournant. L'association a purement et simplement demandé à la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) d'interdire la vente du produit. Pire, le secrétaire d'Etat au Commerce leur a emboîté le pas.

Validation scientifique

Hervé Novelli a demandé à la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) de mettre en demeure Outox ne pas commercialiser son produit. Pour le secrétaire d’Etat chargé du Commerce, la société met en avant des effets non évalués scientifiquement, il demande donc que celle-ci se mette en conformité avec la réglementation communautaire.

Outox est présentée comme «accélérant la chute du taux d’alcool dans le sang» et «permettant de recouvrer plus rapidement un état normal». Mais «ces allégations n’ont pas fait l’objet d’une évaluation par les autorités scientifiques européennes, alors que la législation communautaire le prévoit», indique le communiqué d'Hervé Novelli. La société est donc priée de se mettre en relation avec l’AESA (Agence européenne de sécurité alimentaire), pour validation scientifique.

 

Des conséquences qui peuvent être dramatiques

 

«Aucun produit, aliment, substance ou médicament administré par voie orale n'a jamais pu faire la preuve d'une quelconque efficacité pour abaisser le taux d'alcool d'une manière significative», a expliqué le docteur Charles Mercier-Guyon, secrétaire du conseil médical de l’association Prévention Routière, cité dans un communiqué.

En revanche «en laissant croire à des conducteurs qu’un produit miracle va abaisser leur taux d’alcool avant un contrôle routier alors que cette assertion est fausse, [les messages de ce type] favorisent une prise de risque dont les conséquences, au-delà de la sanction, peuvent être dramatiques», a estimé l'association. La polémique n'est pas neuve, un précédent produit anti-alcool s'était déjà attiré les foudres des médecins et associations il y a quelques années. Elle a rebondi cette semaine, avec l'annonce du lancement du produit.