Karachi: le juge confirme l'existence de «rétrocommissions illicites»

JUSTICE C'est un avocat qui l'affirme...

avec AFP

— 

Un bus transportant des Français visé par un attentat à Karachi, au Pakistan, le 8 mai 2002
Un bus transportant des Français visé par un attentat à Karachi, au Pakistan, le 8 mai 2002 — A. QURESHI / AFP

Va-t-on y voir un peu plus clair? Le juge Marc Trévidic, chargé de l'enquête sur l'attentat de Karachi en 2002, a confirmé l'existence de «rétrocommissions illicites» en marge du contrat de vente de sous-marins au Pakistan, a indiqué ce vendredi un avocat de familles de victimes, Olivier Morice.

Il a aussi suggéré que Nicolas Sarkozy savait «parfaitement» les motifs qui ont conduit à l'arrêt du versement des commissions versées sur ce contrat, a ajouté l'avocat à l'issue d'une réunion avec les parties civiles.

Documents internes de la Direction des constructions navales

Le juge «a confirmé sans équivoque possible l'existence de rétrocommissions illicites en expliquant qu'il démontrait cela notamment par les propres documents internes de DCN», la Direction des constructions navales (DCN) signataire du contrat avec le Pakistan, a ajouté l'avocat.

Les commissions versées sur ce contrat pourraient avoir donné lieu à des rétrocommissions pour financer la campagne présidentielle d'Edouard Balladur en 1995, selon des témoignages et rapports versés au dossier.

«La piste financière»

Onze salariés de la Direction des constructions navales (DCN), qui travaillaient à la construction de ces sous-marins, ont été tués dans l'attentat contre leur bus le 8 mai 2002 à Karachi.

Selon Olivier Morice, qui a déposé mardi une nouvelle plainte pour corruption, le juge a aussi confirmé que la «seule piste crédible» envisagée était «la piste financière», à savoir celle de représailles pakistanaises à la suite de l'arrêt du versement de commissions sur le contrat de vente de sous-marins Agosta au Pakistan.