Marie-George Buffet laisse un parti malade à son successeur

— 

Quel visage aura le Parti communiste après ce week-end ? La question brûle les lèvres de tous les militants, alors que Marie-George Buffet, secrétaire nationale du mouvement, s'apprête à passer la main dimanche à son dauphin, Pierre Laurent, ancien directeur de la rédaction de L'Humanité, lors du congrès du parti à la Défense (Hauts-de-Seine).
Après neuf ans passés à la tête du PCF et malgré une bonne cote de popularité auprès des Français, elle laisse un bilan assez négatif à son successeur. « Elle s'est toujours déterminée par rapport à l'extrême gauche ou le PS, sans prendre le risque de définir un vrai projet communiste », analyse le politologue Stéphane Rozès, président de l'institut Conseils, analyses et perspectives (CAP). Une stratégie qui, selon lui, aurait seulement permis de « différer l'agonie du parti ». Un avis partagé par Frédéric Dabi, directeur du département opinion publique de l'Ifop. « A part quelques coups réussis, comme le positionnement unitaire autour de la gauche radicale lors du référendum de 2005, elle n'a pas réussi à enrayer le recul historique du parti, qui a recueilli un score de 1,93 % à la présidentielle de 2007. » Une chute poursuivie en mars dernier lors des régionales où le PCF a perdu la moitié de ses élus. Le récent départ de figures du parti, telles que Patrick Braouezec et Roger Martelli, l'ont encore davantage ébranlé.
Dernier épisode houleux : le 9 juin dernier, Marie-George Buffet et Jean-Luc Mélenchon se sont mis d'accord pour lancer un programme partagé pour 2012, suscitant l'ire de certains militants. Dans ce contexte, l'avenir du parti semble des plus inquiétant comme le souligne Frédéric Dabi. « S'il fait cavalier seul, le PCF finira par disparaître et s'il s'allie au Parti de gauche, son identité sera diluée. »Delphine Bancaud