La chirurgie plastique, un recours pour les enfants obèses

SANTE Cette pratique est vouée à se développer pour venir en aide aux jeunes en surpoids, très complexés...

Catherine Fournier
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Des adolescents souffrant d'obésité.
Des adolescents souffrant d'obésité. — DURAND FLORENCE/SIPA

La chirurgie esthétique pourrait trouver un nouveau public: les enfants et les adolescents obèses. C'était l'objet d'une des conférences du congrès des Sociétés de pédiatrie, qui se tient jusqu'à samedi à Paris.
 
«Depuis trois ans, une dizaine d'interventions ont été pratiquées à l'hôpital Trousseau», explique à 20minutes.fr le professeur de pédiatrie Patrick Tounian, spécialisé en nutrition. L'établissement est pionnier en la matière et les opérations sont prises en charge par la Sécurité sociale. Seul le ticket modérateur reste à la charge des parents. «Cette pratique est vouée à se développer, estime Patrick Tounian. Mais pour l'instant, le privé ne s'y risque pas car la moindre complication chez un enfant peut coûter très cher.»

Quel intérêt?

Pourquoi pratiquer des interventions sur des personnes jeunes (à partir de 12 ans), dont la morphologie est amenée à évoluer? «Parce que l'obésité est une maladie permanente et qu'il faut faire un régime à vie pour contenir la prise de poids», répond Patrick Tounian. Justement, le régime alimentaire n'est-il pas préférable? Selon le spécialiste, il ne suffit pas toujours à gommer les complexes des enfants et adolescents obèses et il doit vraiment être drastique pour produire des effets (perte de 10 à 20 kg). Dur, dur quand on est en pleine croissance.

Quel type d'interventions?

La chirurgie plastique apparaît donc comme une réponse complémentaire. Parmi les interventions les plus pratiquées, figure surtout l'adipo-gynecomastie. En clair, l'ablation de la graisse dans les seins des garçons, qui peut être importante chez des sujets juste en surpoids. «Certains sont très complexés et n'enlèvent jamais leur tee-shirt, même à la maison. A la piscine, quand ils sont contraints de le faire, c'est le drame», explique Patrick Tounian. La deuxième opération la plus demandée vise à retirer l'amas de graisse dans le bas ventre. «Pour parler crûment, plus rien ne dépasse et c'est très humilant pour les jeunes ados», décrit le professeur. Enfin, l'abdomino-plastie est également sollicitée, pour corriger l'effet de «tablier abdominal».

Faudra-t-il recommencer?

Si ces interventions permettent de soulager le jeune patient et de l'aider à mieux vivre, on peut craindre que leur effet soit temporaire et qu'il faille recommencer dans quelques années. «Nous n'avons pas encore assez de recul pour répondre à ce question», concède Patrick Tounian. Mais «on peut espérer que ce changement de morphologie motive l'enfant ou l'adolescent à poursuivre son régime afin de rester comme cela», conclut le spécialiste.