L'intervention de la police mardi a permis de mettre au jour la maltraitance dont Dylan a été victime, son enfermement fréquent dans une chambre aux volets toujours fermés et meublée d'un seul matelas souillé.
L'intervention de la police mardi a permis de mettre au jour la maltraitance dont Dylan a été victime, son enfermement fréquent dans une chambre aux volets toujours fermés et meublée d'un seul matelas souillé. — AFP

JUSTICE

Les parents du petit Dylan condamnés à des peines de prison ferme

Leur procès s'est tenu ce vendredi...

Le procès des parents de Dylan, jugés pour avoir maltraité leur enfant, a débouché ce vendredi sur des peines de prison ferme à leur encontre au tribunal correctionnel de Rodez.

La grand-mère et le voisin également condamnés

Le père de Dylan, un maçon de 43 ans, reconnu coupable de violences habituelles et abandon matériel et moral, a été condamné à quatre ans de prison dont trois ans ferme et a été écroué à l'issue du délibéré.

La mère, âgée de 36 ans, a écopé de trois ans d'emprisonnement dont 18 mois avec sursis pour abandon matériel et moral et non empêchement des violences. Elle n'a pas été écrouée et sera reçue prochainement par un juge d'application des peines.

La grand-mère maternelle de Dylan et le voisin ont respectivement été condamnés à un an avec sursis et six mois avec sursis pour ne pas avoir signalé les violences.

«On m'enferme dans ma chambre avec le verrou»

«Mon papa, il me tape, à coups de poing, de pied, de fessées»: si Dylan, aujourd'hui âgé de 9 ans, était absent au procès de ses parents ce vendredi, le président du tribunal correctionnel, Jean-Marc Anselmi, a soulevé l'émotion en lisant pendant les débats la déposition de Dylan devant la police. «Il boit, il me traite de bon à rien (...) On m'enferme dans ma chambre avec le verrou (...) Toutes les nuits, je fais pipi au lit car il n'y a pas de toilettes», déclarait l'enfant.

Parce qu'il était agité, Dylan aurait été battu régulièrement sans que sa mère ne s'y oppose, jusqu'à l'intervention de la police en mars 2009 sur signalement des services sociaux. Celui qui a été décrit comme l'enfant martyr de Millau vivait dans une chambre sordide, verrouillée de l'extérieur la nuit, et n'avait pour tout meuble qu'un matelas imbibé d'urine. Il était privé de soins médicaux et n'était pas scolarisé.

«J'ai fait des bêtises, j'assume»

Dylan vit désormais en famille d'accueil. «Ses troubles s'atténuent» et une «normalisation» est envisageable dans les trois ans, selon les experts. Pour l'accusation, qui a également réclamé une interdiction d'entrer en contact avec l'enfant et la déchéance de l'autorité parentale, «cet enfant a subi un préjudice incommensurable: des violences physiques, mais aussi morales, des humiliations».

Les parents, aujourd'hui séparés, ont reconnu leur responsabilité. Elle leur a valu un an de détention préventive pour le père et plus de quatre mois pour la mère. «J'ai fait des bêtises, j'assume», a déclaré Franck X., qualifié de «psychorigide» par les experts. «Avec le recul je comprends qu'on a créé une prison, je le regrette haut et fort», a dit Stéphanie, la mère, dont la passivité a été mise en évidence par l'enquête.