Les crèches accueilleront plus d'enfants

FAMILLES Le décret contesté par les professionnels de la petite enfance a été publié mardi...

R.B-P.
— 
La crèche la Cigale de Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine) accueille neuf enfants.
La crèche la Cigale de Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine) accueille neuf enfants. — S. ORTOLA / 20 MINUTES

Il était contesté, il est passé: le décret controversé sur l’assouplissement des règles d’accueil dans les crèches est paru mardi au Journal officiel. Alors que les parents dénoncent une pénurie de place, les syndicats des professionnels de la petite enfance y étaient fortement opposés.

Environ 240.000 enfants de moins de trois ans sont accueillis en crèche, soit 10% de cette tranche d’âge. Actuellement, les règles d’encadrement prévoient un adulte pour cinq bébés ou huit enfants qui marchent.

Surnombre

Les crèches pourront être en surnombre: +20% pour les crèches de plus de quarante places, 15% pour celles de plus de 20 places et 10% pour les plus petites. Le collectif «Pas de bébés à la consigne», qui regroupe une cinquantaine de syndicats et autres associations, considère cette mesure comme une «dégradation de la qualité d'accueil du jeune enfant».

Par ailleurs ce texte instaure les «jardins d’éveil». Testés de manière expérimentale depuis l’automne 2009, ils accueillaient les enfants de 2 à 3 ans, se substituant à la maternelle. Christophe Harnois de l’Unsa, dénonce le fait que «sans aucun bilan sérieux sur l’expérimentation de ces  jardins d'éveil, on pérennise la structure. C’est accablant !».

Personnel peu qualifié

Enfin, le décret augmente le nombre de personnel peu qualifié. Ainsi, les infirmiers, puéricultrices et psychomotriciens ne représenteront plus 50 mais 40% du personnel dans les crèches. L’Etat souhaite encourager le recrutement de titulaires d’un BEP ou CAP Petite enfance, ayant déjà trois ans d’expérience. Pour Nadine Morano, secrétaire d’Etat à la famille, il s’agit de répondre à la pénurie en augmentant le nombre de personnel.

Pierre Suesser, président du syndicat des médecins de services de protection maternelle et infantile (PMI), demande quant à lui «un plan d’urgence avec la création de 10.000 postes par an contre 3.000 crées par ce gouvernement». Il ajoute que ce décret «organise la pénurie et la déqualification». Il conclut en demandant aux élus locaux de ne pas appliquer ce décret.