Le transport public ne connaît pas la crise

MOBILITE Le salon européen de la mobilité s'est ouvert mardi matin dans un contexte favorable pour les transports publics. Même si Dominique Bussereau a rappelé qu'il faudrait trouver de nouvelles ressources pour les financer...

Mickaël Bosredon

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La RATP prévoit pour jeudi, journée d'action interprofessionnelle, un trafic quasi-normal pour les bus et le métro, et un service perturbé pour les parties des RER A et B dont elle a la charge.
La RATP prévoit pour jeudi, journée d'action interprofessionnelle, un trafic quasi-normal pour les bus et le métro, et un service perturbé pour les parties des RER A et B dont elle a la charge. — Patrick Kovarik AFP/Archives

La marche en avant du transport public se poursuit. Le salon européen de la mobilité s’est ouvert mardi 8 juin, porte de Versailles à Paris, dans un contexte qui reste favorable aux transports en commun en France, malgré la crise. «La fréquentation des transports publics urbains est en croissance depuis dix ans, avec un record en 2008 (6,1% en moyenne)», rappelle Eric Asselin, DRH de Keolis, qui emploie 20.000 personnes.

La hausse de la fréquentation a certes ralentie en 2009, mais est restée tout de même en légère progression. Elle devrait repartir franchement en 2010. Le trafic des TER a ainsi enregistré une progression de 3% depuis le début de l’année. «La conscience écologique du voyageur, qui cherche à se déplacer de manière responsable, est le facteur déclenchant du succès du TER. Nous avons clairement identifié une part de voyageurs qui abandonne sa voiture au profit du train», indique la SNCF.

>> Que pensent les Franciliens de leurs transports en commun? C'est à lire ici.

«Les transports en commun gagnent du terrain par rapport à la voiture, que l’on chasse petit à petit des centre-ville, confirme Eric Asselin. Des villes comme Brest, Angers, Dijon, sont en train de se doter de tramways ultra-modernes, et il y a de plus en plus de lignes de transport en site propre en projet. C’est ce qui explique que notre secteur soit plutôt épargné par la crise. En 2009 nous avons continué d’embaucher, et cela se poursuivra en 2010.»

Roland Ries, président du Gart (Groupement des autorités responsables de transport) et maire PS de Strasbourg, estime de son côté que «l’idée que l’on choisit son mode de transport pour se rendre en ville est dépassée. Dans les principales zones urbaines l’auto n’a plus sa place, il faut donner la priorité aux transports en commun.» Mais il prévient qu’un enjeu majeur attend les transporteurs: «Améliorer l’attractivité des transports, en proposant des matériels plus confortables et accessibles.»

Pour Dominique Bussereau, secréatire d'Etat aux Transports qui a inauguré le salon mardi matin, cette amélioration passe par de nouvelles ressources. «L'Etat a attribué plus de 800 millions d'euros en 2009 à une cinquantaine de projets de transports en France. Mais il faut explorer d'autres pistes: le péage urbain, la réforme du stationnement payant, et l'ouverture à la concurrence des services de transport ferroviaire.»