Pourquoi la disparition de Kate Middleton obsède-t-elle tout Internet ?
« WaterKate »•L’absence de la princesse de Galles a enflammé tabloïds et réseaux sociaux, qui multiplient les hypothèses pour tenter d’expliquer sa « disparition » et les erreurs de communication de la famille royaleDiane Regny
L'essentiel
- Kate Middleton, princesse de Galles, n’a pas été vue officiellement depuis le 25 décembre dernier.
- La « disparition » de la membre de la famille Windsor, après l’annonce de son opération pour une chirurgie abdominale, donne lieu à un déferlement de théories du complot sur les réseaux sociaux.
- Mais pourquoi le « WaterKate » nous rend-il fous ?
Cinquante ans après le Watergate et à près de 6.000 kilomètres, le « WaterKate » fait rage. Du nom de la princesse de Galles, Kate Middleton, ce « scandale » est né de la « disparition » de cette figure incontournable de la monarchie britannique. La dernière apparition officielle de la future reine d’Angleterre date du 25 décembre, et le 17 janvier, le palais de Kensington a annoncé la survenue de sa chirurgie abdominale « programmée ».
Mais pourquoi, alors que Kate a « disparu », prend-elle une place démesurée dans les colonnes des tabloïds et sur les réseaux sociaux ? Qu’est-ce qui nous rend fous au point, pour une collègue de 20 Minutes, de créer des conversations WhatsApp avec des amies et, pour un autre, de rafraîchir frénétiquement le #Kate sur le réseau social X ?
Car, de X à Tiktok, les théories du complot ne manquent pas sur les réseaux sociaux. L’inquiétude des fans accouche d’une myriade d’hypothèses, certaines plus vraisemblables que d’autres. Elle aurait subi plusieurs opérations de chirurgie esthétique, décidé de quitter la royauté à cause de la liaison de son mari le prince William ou, pire encore, serait dans le coma, voire morte… La spirale de la « Katespiracy », contraction de Kate et « conspirary » (conspiration), ne semble avoir aucune limite.
« Encore plus populaire que le roi »
« En Angleterre, chaque jour, au moins un article consacré à la famille royale fait la une ou la manchette des tabloïds. Or, Kate est encore plus populaire que le roi, c’est la numéro un ! », contextualise Bertrand Deckers, journaliste et auteur belge, spécialiste des familles royales, pour expliquer le « manque » que ressentent les Britanniques.
Or, « les théories complotistes autour du décès ou de la disparition de quelqu’un de connu sont très fréquentes. Et leur popularité est en partie liée à la célébrité de la personne en question », décrypte Romy Sauvayre, sociologue des sciences et des croyances à l’université Clermont Auvergne et au CNRS. La popularité de Kate ne risque pas de faiblir alors que les rumeurs quant à une abdication de Charles III, malade, se multiplient. Car si le roi abdique, ou meurt, la princesse deviendra reine.
Une absence « historique »
Pour l’une des femmes les plus photographiées au monde, près de trois mois d’absence marquent donc une violente rupture. « Son absence a laissé une place libre dans les médias qu’il a fallu occuper », juge Bertrand Deckers. « Ces théories complotistes ne naissent pas de nulle part, il y a au départ une anomalie qu’ils essaient de résoudre et, pour ce faire, émettent des hypothèses », analyse Romy Sauvayre, expliquant que dans ce cas c’est l’absence « spectaculaire » de Kate Middleton qui a entraîné cette soif de réponse.
D’autant plus que « sa disparition est historique, rappelle Bertrand Deckers. Les deux figures de proue de la monarchie ont disparu à une heure d’intervalle. C’est un cas totalement unique, car le roi [touché par un cancer] est lui aussi très absent ». Les apparitions publiques éparses de Charles III ne sont donc pas suffisantes à faire oublier l’absence de Kate. « Or, comme dans une série télévisée, quand le premier rôle disparaît en même temps que le second, cette absence est d’autant plus remarquée », note Bertrand Deckers.
L’erreur de communication
Et, pour couronner le tout, la communication de la famille royale a été, pour le moins, maladroite. Dimanche 10 mars, à l’occasion de la Fête des mères britannique, le palais de Kensington a (enfin) publié une photographie de la princesse, entourée de ses trois enfants. Mais, rapidement, les agences de presse comprennent que l’image a été retouchée et, devant l’ampleur des modifications, décident de la dépublier. « Cette photographie a alimenté les doutes. Pour qu’une théorie complotiste existe, il faut que quelqu’un ait une volonté de dissimuler quelque chose – ici, il s’agit de la famille royale. Avec cette image retouchée, les complotistes ont des éléments sur lesquels faire reposer leurs théories », décrypte Romy Sauvayre.
« Cette photographie n’a pas été qu’un peu modifiée, elle a été retouchée en 12 points au moins ! Elle a créé un vent de panique et, avec une dernière apparition remontant au 25 décembre, l’espace nécessaire à la naissance d’une théorie du complot », analyse Bertrand Deckers qui rappelle toutefois que les portraits royaux, censés incarner la perfection, sont retouchés depuis toujours. La carte de Noël des Windsor, en décembre 2023, avait déjà fait l’objet d’accusations de retouches, de nombreux internautes affirmant qu’il manquait un doigt à Louis, le benjamin du couple.
Secrets de dynastie
Cette frénésie est accentuée par les suspicions de mensonges. De la série The Crown, en passant par la mort tragique de Lady Di et jusqu’au scandale qui a entouré la mise en retrait d’Harry et Meghan, la famille Windsor est une véritable téléréalité dont les dissimulations – réelles comme imaginaires – font le sel. « Dans les théories du complot, il y a souvent des fonds de vérité qui viennent d’événements connexes ou d’un même type. Elles s’inspirent de ce qu’on sait d’aujourd’hui et du passé », souligne Romy Sauvayre qui prend l’exemple des troubles alimentaires dont on accuse Kate de souffrir et qui torturaient effectivement Diana.
+ d'infos sur Kate MiddletonLa princesse de Galles a toutefois été photographiée samedi devant un magasin à Windsor. Publiées dans plusieurs médias, ces images devraient faire taire les rumeurs de la mort de la princesse, que Bertrand Deckers qualifient de « folie pure ». Pour Romy Sauvayre, « la majorité des gens vont se détourner de cette idée, pas les plus fervents conspirationnistes » qui continuent à douter de l’identité de la femme qui faisait ses emplettes à Windsor samedi. Et vous, vous êtes dans quelle catégorie ?
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