AF447: Les familles des victimes ont le sentiment d'avoir été pris «pour des imbéciles»

POLEMIQUE Les recherches s'arrêtent et les associations sont amères...

J. M. avec agence

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Le recueillement des familles et collègues des disparus du vol AF447 lors de l'hommage rendu dans la cathédrale Notre-Dame à Paris, le 3 juin 2009.
Le recueillement des familles et collègues des disparus du vol AF447 lors de l'hommage rendu dans la cathédrale Notre-Dame à Paris, le 3 juin 2009. — REUTERS

Les familles des victimes du crash ne veulent pas en rester là. Alors que les enquêteurs ont annoncé ce mardi l'échec de la troisième phase de recherches des boîtes noires du vol AF447 Rio-Paris, les associations ont crié leur indignation. En France, on réclame le lancement «le plus tôt possible» d'une nouvelle phase, tandis qu'à Rio, on estime avoir été pris «pour des imbéciles».

«Les familles des victimes restent ballottées près d'un an après l'accident entre les annonces et les contre-annonces, la plus grande confusion règne entre la Marine nationale et le BEA (Bureau d'enquêtes et d'analyses, ndlr)», a déploré Jean-Baptiste Audousset, président d'une association de familles.

«Airbus et Air France fuient leurs responsabilités»

«Nous réclamons une transparence totale et le lancement, le plus tôt possible, d'une nouvelle phase de recherches car il est assez extraordinaire qu'au bout d'un an, on n'ait retrouvé que 3 ou 4% de l'avion», a poursuivi le président de l'association Entraide et solidarité. Il regrette par ailleurs que Dominique Bussereau ait, selon lui, refusé la présence d'un représentant des familles lors des recherches.

«Airbus et Air France fuient leurs responsabilités, ils nous prennent pour des imbéciles», s'est de son côté emporté depuis Rio Nelson Marinho, président de l'Association des familles des victimes du vol AF447 Rio-Paris qui regroupe plus de cent familles de douze nationalités.

Une pièce au centre des débats

Selon lui les Airbus A330 «ont un défaut, la pièce dénommée BUSS (Back Up Speed Scale, ou bandeau de vitesse de secours)», qui permet de continuer à contrôler la vitesse de l'avion malgré une panne totale. L'homme affirme que «cette pièce coûte 320.000 euros et Air France n'a pas voulu la changer alors que Lufthansa l'a déjà fait».

Comme son homologue français, Nelson Marinho déplore la probable fin des recherches. «Les recherches se sont achevées hier», a déclaré ce mardi le directeur du BEA, Jean-Paul Troadec. Le navire serait en route vers le Cap Vert et les personnels seront «démobilisés» le 27 mai.