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noëlVin chaud rouge ou blanc, comment choisir au marché de Noël de Strasbourg ?

Marché de Noël de Strasbourg : Vin chaud rouge ou blanc, comment choisir ?

noëlChoisir de prendre un vin chaud rouge ou un vin chaud blanc au marché de Noël de Strasbourg est plus compliqué qu’il n’y paraît… Petite visite explicative
Illustration. Un chalet au marché de Noël de Strasbourg qui propose du vin chaud rouge et du vin chaud blanc. Le 8 décembre 2023
Illustration. Un chalet au marché de Noël de Strasbourg qui propose du vin chaud rouge et du vin chaud blanc. Le 8 décembre 2023  - G. Varela / 20 Minutes / 20 Minutes
Gilles Varela

Gilles Varela

«C’est la première fois que je tente le blanc chaud ! », se réjouit verre en main, Lola. Venue avec ses amis depuis le « fin fond de la Bourgogne » pour visiter le marché de Noël de Strasbourg, la bande de trentenaires compte bien se réchauffer avec « l’impression de participer » à la fête un verre de vin chaud au bout des lèvres. Reste à savoir lequel, car entre rouge ou blanc, bon vin ou bibine, mieux vaut éviter les déambulations « un coup de rouge, un coup de blanc » pour ne pas perdre la tête…

Un choix cornélien qui se complique aussi avec les propositions les plus surprenantes qui fleurissent un peu plus chaque année, comme le vin chaud à la framboise, à la myrtille, effervescents, vin blanc clémentine… Autant de propositions, de recettes et d’ingrédients que de chalets et pourtant… Dans cette jungle de boissons chaudes et populaires, le vin chaud rouge, dans sa version classique, reste incontournable. C’est celui le plus demandé assurent les nombreux propriétaires de chalets rencontrés par 20 Minutes. Christophe, le "sommelier" d’un stand au pied de la cathédrale, assure même que la vente de « vin chaud blanc reste anecdotique ». Si pendant quelques années le chalet proposait plusieurs sortes de vins chauds, l’idée avait été abandonnée. « Cela fait moins de marmites à gérer, une pour le rouge, une pour le blanc et voilà », se félicite le sommelier de Noël. Son secret ? Des épices, un vin maintenu à 65 degrés, du clou de girofle, de la badiane, un peu de sucre, un zeste d’orange et de citron. Une recette classique et l’affaire est jouée.

Un vin chaud rouge roi des allées, mais avec quelle recette ? Comme partout, il y a du bon et du moins bon… Et, à se promener derrière les chalets, il n’est pas exceptionnel de trouver près des poubelles des cubis de vin rouge en tout genre. « Je prends un vin de table de base, le moins cher possible, confie un autre sommelier qui se réjouit de voir son vin chaud partir comme des petits pains. Peu importe, les queues devant les chalets s’agrandissent au rythme des températures qui dégringolent en fin de journée. Trop d’épices, trop ou pas sucré, âpre parfois, les vins chauds dégustés d’un chalet à l’autre dans la Capitale de Noël ne sont pas vraiment d’une régularité aromatique exemplaire. Quelle importance ? « Je ne m’attends pas à boire des grands vins sur un marché de Noël, assure Manuel, un espagnol de Barcelone venu en famille. Et puis ça serait dommage de le faire chauffer. Mais ça va. C’est un peu comme de la sangria mais en chaud, plaisante le touriste. Le plus important, c’est de le boire en regardant les illuminations. » Après, on l’aura compris, le véritable secret se trouve au fond de la marmite. Avec du pinot noir pour le rouge si l’on veut du bon et du local, et tout dépend du temps de chauffe, de la quantité d’épices, de sucre, de la température…

« L’Alsace, une terre de vin blanc »

Un leadership du vin chaud rouge qui au fil des années cède cependant de plus en plus de terrain au petit blanc. Surtout depuis 2012 lorsque la Tribu des gourmets des vins d’Alsace s’est attelée à remonter le niveau de qualité des vins proposés sur le marché de Noël strasbourgeois, avec la mise en place d’un jury et des dégustations sur les stands. « L’Alsace, c’est quand même une terre majoritairement de vins blancs, souligne Yann Molla Weber, un jeune viticulteur et membre de la Tribu des gourmets des vins d’Alsace. Le vin rouge, le pinot noir, c’est seulement 3 % de l’encépagement en Alsace. Il y a longtemps, quand on faisait du vin chaud, on faisait avec ce que l’on avait, et donc du vin blanc le plus souvent. » Une expertise que connaissent bien de nombreux Strasbourgeois qui viennent sur son stand Au vin chaud blanc d’Alsace, place des Rohan, non loin de la cathédrale et qu’il dirige avec un autre viticulteur alsacien bien connu, Charles Brand. Vins locaux bios, épices et fruits bios, le vin chaud blanc traditionnel est souvent à base de pinot blanc, de riesling, de sylvaner. « On évite les vins trop aromatiques et sucrés comme le gewurztraminer », précise Yann Molla Weber.

« On sent plus le vin, moins les épices reconnaît Louise, une touriste ardéchoise. Mais ça me monte plus vite à la tête », regrette son ami Stephane qui préfère le rouge, pour « tenir sur la durée »… « On met beaucoup moins d’épices dans le vin chaud blanc, confirme Yann Molla Weber. Il explique : « Quand on fait cuire le vin rouge, on surdéveloppe les tannins, ce qui donne le côté un peu râpeux, d’amertume. C’est vachement bien pour attendrir la viande par exemple, mais au palais ce n’est pas génial, c’est amer alors il faut ajouter énormément d’épices. Avec le vin blanc, un bâton de cannelle, une étoile de badianes pour faire 40 litres de vin, un petit peu de sucre, deux écorces d’orange et une de citron, et ça en fait un vin très digeste. »

Rouge ou blanc, tous les goûts sont dans le marché. Et c’est peut-être Paul, un quinquagénaire strasbourgeois, qui a le mot de la fin. « J’ai trouvé un mélange de vin rouge et de vin blanc avec les épices habituelles près du grand sapin. Ça s’appelle le vin chaud grand-mère. C’est doux et pas trop sucré. De toute façon peu importe le breuvage, l’important, c’est de se réchauffer les mains au coin d’un petit chalet et de partager un moment de Noël ».