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PÉTITIONUne Sétoise lance la bataille contre la vente de munitions dans les tabacs

Vente de munitions dans les tabacs : Une Sétoise lance l’opposition

PÉTITIONPrès de 30.000 personnes ont déjà signé une pétition qui demande la non-autorisation de la vente des munitions de chasse dans les débits de tabac en 2024
Illustration d'un fusil de chasse.
Illustration d'un fusil de chasse. - ALLILI MOURAD/SIPA / SIPA
Jérôme Diesnis

Jérôme Diesnis

L'essentiel

  • Depuis un changement de législation, les bureaux de tabac pourraient être en mesure, en 2024, de vendre des munitions de catégorie C et D (essentiellement des munitions pour les fusils de chasse).
  • Le président de la fédération des chasseurs et celui de la confédération des buralistes y sont favorables. Tout comme celui de la chambre syndicale nationale des armuriers qui y voit des débouchés supplémentaires en alimentant les bureaux de tabac.
  • Valentine Viaud, une Sétoise, a lancé une pétition afin de s’opposer à cette proposition « qui pourrait mettre en danger notre communauté ». En une dizaine de jours, près de 30.000 personnes l’ont déjà signée.

La pétition en ligne lancée sur Change le 27 novembre a déjà réuni près de 30.000 signatures. Une habitante de Sète, dans l’Hérault, Valentine Viaud, a ouvert la bataille contre l’autorisation à la vente de munitions de chasse dans les bureaux de tabac. « Je suis profondément préoccupée par une proposition qui pourrait mettre en danger notre communauté : la commercialisation des cartouches de balles pour les chasseurs dans les tabacs, explique-t-elle. Vendre des munitions dans un lieu aussi accessible et non sécurisé est dangereux. Les armureries existent pour cette raison précise, elles ont des mesures de sécurité appropriées et du personnel formé pour gérer ces articles potentiellement mortels ».

Fin novembre, la Confédération des buralistes s’était dite intéressée par la possibilité de vendre ce type de munitions et avait engagé des discussions à ce sujet avec le ministère de l’Intérieur. La vente de ce type de munitions, jusqu’alors exclusivement réservée aux armureries, devrait être possible dans les débits de tabac au cours du premier trimestre 2024. Une certification nouvelle, en lieu et place du diplôme d’État d’armurier ou du certificat de qualification professionnelle d’armurier, sera délivrée « après réussite à un examen faisant suite à une formation adaptée et ciblée de deux jours », avait précisé le ministère. Elle portera sur « la seule vente de munitions des catégories C (essentiellement pour la chasse) et D (munitions variées dont l’acquisition est libre aux majeurs) ».

« 150 kilomètres pour chercher une boîte de cartouches »

Théoriquement, cette mesure devrait être effective au 1er janvier 2024, mais sa mise en place devrait être plus longue. Les buralistes sont souvent déjà engagés dans une entreprise de diversification de leur modèle économique. « Il y a des endroits où les gens doivent faire 150 kilomètres pour chercher une boîte de cartouches, (…) ça, ce n’est plus possible », souligne le président de la fédération des chasseurs Willy Schraen. De leur côté, les armuriers s’inquiètent de cette concurrence. « Mais les bureaux de tabac seront plus chers que les armuriers, précise Yves Gollety, président de la chambre syndicale nationale des armuriers. Si les armuriers se débrouillent bien et alimentent les bureaux de tabac, c’est un business pour eux aussi ».

Dans sa pétition, Valentine Viaud évoque les statistiques de l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales, un organisme qui a disparu en 2020. Selon l’observatoire, plus d’un millier d’accidents graves étaient liés aux armes à feu en 2019. « Introduire davantage d’armes à feu dans nos communautés ne fera qu’augmenter ce chiffre, s’inquiète-t-elle. Nous devons prendre au sérieux la sécurité publique. La vente libre et simple de munitions dangereuses n’est pas acceptable. Nous demandons donc que cette proposition ne soit pas mise en application. »

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