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Train-train du quotidienComment la « championne de France du train » se protège de la concurrence

Bretagne : Comment la « championne de France du train » se protège de la concurrence

Train-train du quotidienDeux conventions liant la SNCF et la région ont été signées pour une durée inhabituelle de dix années
Le technicentre de la SNCF à Rennes s'est mis en beauté pour accueillir une rame de TER lustrée afin de célébrer la convention liant la région Bretagne et la SNCF pour 10 ans. Vive les mariés.
Le technicentre de la SNCF à Rennes s'est mis en beauté pour accueillir une rame de TER lustrée afin de célébrer la convention liant la région Bretagne et la SNCF pour 10 ans. Vive les mariés. - C. Allain/20 Minutes / 20 Minutes
Camille Allain

Camille Allain

L'essentiel

  • La SNCF et la région Bretagne ont signé deux conventions s’engageant en faveur du train régional et du TGV.
  • Conclu pour dix ans, cet engagement vise à renforcer l’offre ferroviaire dans la région mais aussi à se protéger d’une ouverture à la concurrence.
  • Pour les voyageurs, cela se traduira par une augmentation du nombre de trains, qui sont parfois saturés face à l’explosion de la fréquentation.

Pour mesurer l’importance de ce rendez-vous, il fallait lever les yeux vers le plafond du technicentre de Rennes. Peu habitué à accueillir des grosses bringues, cet atelier de réparation de la SNCF arborait ce matin une énorme boule à facettes, dont on n’a pas réellement compris l’intérêt pour être honnête. Qu’importe. Ce jeudi, c’est dans cet impressionnant hangar de maintenance des rames de train que la nouvelle convention TER Bretagne a été signée, quelques heures avant que la région et la SNCF ne s’embrassent de nouveau pour une convention concernant cette fois les TGV. Au milieu des grands discours consistant à dire ô combien chacun travaillait bien et était formidable, on a avant tout compris que ces deux textes visaient surtout à se protéger d’une éventuelle ouverture à la concurrence. Et qu’en se mariant là, tout de suite, les deux édiles devraient être à l’abri d’une éventuelle infidélité.

Depuis quelques jours, les régions françaises doivent absolument organiser une procédure de mise en concurrence si elles attribuent un nouveau contrat d’exploitation. Une ouverture du marché du rail voulue par l’État français qui ne devrait pour l’heure pas concerner la Bretagne. En signant deux conventions pour dix ans, la région a clairement donné sa préférence à la SNCF. « Ce n’est pas pour leur faire un cadeau. Mais pourquoi changer quand tout fonctionne aussi bien ? Nous avons le meilleur de train de France », assure Loïg Chesnais-Girard. Pour s’octroyer ce titre, le président de la région s’appuie sur deux chiffres : 96 % de régularité dans les TER et un taux de satisfaction clients de 96 %. Soyons clairs, en France, personne ne fait mieux.

Le nombre de voyageurs a explosé en quatre ans

Forte de ses chiffres, la Bretagne est la région qui affiche la plus forte progression du nombre de voyageurs avec +40 % depuis 2019. Un succès qui n’est pas sans poser des problèmes aux heures de pointe ou lorsqu’il faut embarquer de plus en plus de vélos ou trottinettes à bord de trains déjà bondés. « Oui, nous avons des trains qui sont saturés. Mais nous mettons des moyens pour augmenter notre capacité », promet l’élu régional aux mobilités Mickaël Quernez. En commandant six nouveaux trains et en mettant deux trains sur une même voie à Rennes, la région promet « 20 % de kilomètres train supplémentaires d’ici 2030 » et même « un doublement d’ici 2040 » des liaisons régionales en TER.

Pour choyer ses 23.000 abonnés, le réseau Breizhgo a même décidé de leur offrir la possibilité de grimper dans un TGV s’il effectue le même trajet. Un billet unique proposé aux jeunes sera également testé à compter de l’année prochaine. « Notre objectif unique, c’est que les Bretons puissent prendre le train et pas leur voiture. Peu importe qu’il s’agisse d’un TER ou d’un TGV », précise Christophe Fanichet, patron national de SNCF Voyageurs.

Plus de TGV hors des heures de pointe

Son entreprise a donc accepté d’augmenter la cadence sur certaines liaisons notamment entre Brest et Paris (10 trains supplémentaires par semaine), entre Quimper et Paris (9 trains supplémentaires et entre Saint-Malo et Paris (3 allers-retours de plus). Des trajets qui, le PDG le reconnaît, ne seront pas rentables, mais qui bénéficieront d’une subvention de la région. La collectivité bretonne devrait débourser plus de deux milliards d’euros sur dix ans pour tenter d’améliorer son offre ferroviaire.

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