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votre vie, votre avis« Horrible » ou « nécessaire », nos lecteurs racontent leur redoublement

Redoublement : « Horrible », une « catastrophe » ou « nécessaire »… Vous nous racontez votre expérience

votre vie, votre avisL’étape du redoublement a pu être un traumatisme pour de nombreuses personnes mais il a également été parfois vécu comme une chance de recommencer
Une classe du lycée Massena à Nice (image d'illustration).
Une classe du lycée Massena à Nice (image d'illustration). - SYSPEO/SIPA / SIPA
Cécile De Sèze

Cécile De Sèze

Comme une situation manichéenne. Tout blanc, ou tout noir. Le redoublement, remis dans le débat par Gabriel Attal cette semaine dans le cadre de ses annonces pour la refonte de l’apprentissage dans le secondaire, est loin de faire l’unanimité chez nos lecteurs appelés à nous raconter leur expérience. Si certains l’ont « très mal vécu », d’autres, à l’opposé, considèrent leur redoublement comme une chance, une opportunité, qui leur a permis de trouver leur voie.

Une « injustice » pour certains élèves

À la fin de chaque trimestre, le même refrain. C’est l’heure du conseil de classe qui accouche des commentaires sur les bulletins scolaires des élèves. Le dernier de l’année a longtemps été décisif dans une scolarité : les enseignants se prononçaient sur leur volonté de faire redoubler ou non l’élève. Le ministre de l’Education nationale souhaite revenir à cette ancienne formule qui laisse la main au corps enseignant plutôt qu’aux parents. Des souvenirs douloureux remontent pour d’anciens élèves. Comme pour Alphonsine, âgée de 34 ans aujourd’hui, qui a vécu son repiquage « comme une injustice ». « Ça a "cassé" ma scolarité et démotivé car durant cette année de redoublement je reprenais les devoirs de l’année d’avant et j’avais de bons résultats en ne faisant rien. À la fin de cette année de redoublement, je suis passée en seconde générale mais, ayant été démotivée pendant l’année injuste de redoublement, je n’avais plus envie », se souvient-elle, amère.

À 40 ans, Kevin aussi a vécu cette expérience scolaire comme « un échec, une punition », raconte-t-il à 20 Minutes. S’il a finalement réussi à devenir entrepreneur aujourd’hui, cet ancien élève en difficulté a été contraint de redoubler deux fois : la 6e et la terminale. « J’ai été séparé de mes amis pour me retrouver au fond de la classe avec d’autres élèves dans ma situation ou qui avaient parfois de vraies grandes difficultés, ça m’a tiré vers le bas. J’ai suivi après ça une scolarité extrêmement chaotique et difficile, l’école était mon ennemie », regrette-t-il. « Mon doublement fut inutile, la deuxième année se passa comme la première. Sans un changement de rapport à l’élève, sans une attention plus soutenue, tout se répète à l’identique », abonde pour sa part Denis, 67 ans. Nombreux sont nos lecteurs à avoir vécu le redoublement comme une épreuve négative et notamment en termes de relations sociales. Anthony, 35 ans, regrette ainsi cette année de 3e où il a vu « tous [ses] amis partir au lycée » alors que lui était contraint de retaper sa classe.

Une étape « nécessaire »

Pour d’autres, cela a été clairement bénéfique. Malgré ce sentiment d’échec, Claudine, 67 ans, ne regrette « absolument pas son redoublement » qu’elle voit comme un passage « nécessaire ». « Je n’aurais jamais obtenu mon baccalauréat qui m’a permis par la suite de mener une belle carrière professionnelle », explique-t-elle. « Je ne sais pas quelles études sont censées prouver que le redoublement est par principe à bannir, car si je n’avais pas redoublé j’aurais probablement été encore plus en échec en terminale », argumente pour sa part Laurent, 45 ans, qui a pu aller dans la filière de son choix en faisant une seconde fois sa première.

Sophie assure également avoir réussi à « trouver sa voie professionnelle » lors du redoublement de sa première. « Mon niveau pour accéder en terminale et filer vers les études que je voulais faire était trop juste, j’ai convaincu mes professeurs de redoubler », développe celle qui a finalement « réussi » son « bac du premier coup ». Éric, 45 ans, a redoublé sa classe de troisième et cela a été « la meilleure décision de [sa] scolarité. Pas mature, pas suffisamment préparé, ce redoublement m’a permis d’acquérir davantage d’autonomie », salue-t-il. Âgé de 46 ans, Olivier voit même son repiquage comme « une chance de recommencer, de consolider, de réapprendre ».

La voie vers l’enseignement

Étonnamment, certains anciens redoublants semblent avoir tellement aimé leur séjour prolongé sur les bancs de l’école qu’ils en ont fait leur métier. Comme Robert, 52 ans, qui a redoublé sa seconde dans les années 80 pour finalement « s’épanouir » dans une filière technologique. « Prof de sciences depuis 20 ans », le quinquagénaire ne pense pas qu’il y serait « arrivé sans ce redoublement ».

« Ayant redoublé ma troisième en 1972, je n’aurais jamais pensé à l’époque que cette remise à niveau nécessaire me mènerait à devenir professeur (espèce honnie de mon adolescence). J’ai plutôt bien vécu la chose qui m’a permis de comprendre mes élèves avec empathie ; savoir que leur prof était un ancien mauvais élève qui était prêt à les écouter a, pour certains, donné confiance en l’avenir et dans l’enseignement qui leur a été délivré », confie également Didier, 66 ans.

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