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ENQUETEA Bordeaux, le restaurateur mis en examen après les cas de botulisme

Botulisme à Bordeaux : Le restaurateur mis en examen pour « blessures et homicide involontaire »

ENQUETE
Les expertises ont permis « de mettre en évidence divers manquements aux règles d’hygiène sanitaire par le responsable de l’établissement, notamment quant à la confection des conserves artisanales vendues à la clientèle » indique le parquet
Le patron du Tchin Tchin Wine Bar à Bordeaux a été déféré ce mercredi en vue de sa mise en examen, indique le parquet de Bordeaux.
Le patron du Tchin Tchin Wine Bar à Bordeaux a été déféré ce mercredi en vue de sa mise en examen, indique le parquet de Bordeaux. - UGO AMEZ/SIPA / SIPA
Mickaël Bosredon

Mickaël Bosredon

L'essentiel

  • Le patron du Tchin Tchin Wine Bar a été déféré ce mercredi en vue de sa mise en en examen pour « blessures et homicide involontaire ».
  • Le parquet de Bordeaux a requis « son placement sous contrôle judiciaire avec interdiction d’exercer, en qualité de dirigeant ou d’exploitant toute activité en lien avec la restauration. »
  • Seize personnes étaient tombées malades après avoir mangé des conserves de sardines infectées dans son établissement en septembre dernier, et l’une en est morte.

Un restaurateur a été mis en examen dans l'enquête sur les cas de botulisme à Bordeaux. Le patron du Tchin Tchin Wine Bar à Bordeaux, « a été déféré » ce mercredi « en vue de sa mise en examen des chefs de « blessures et homicide involontaire », « mise en danger de la vie d'autrui », « non-assistance à personne en péril » et « mise en vente de denrées corrompues ou toxiques » a annoncé la procureure de la République Frédérique Porterie. Le parquet de Bordeaux a requis « son placement sous contrôle judiciaire avec interdiction d’exercer, en qualité de dirigeant ou d’exploitant, toute activité en lien avec la restauration ».

Le restaurateur avait été placé mardi en garde à vue, dans le cadre de l’enquête sur la contamination au botulisme en septembre dernier au Tchin Tchin Wine bar à Bordeaux. Seize personnes étaient tombées malades après avoir mangé des conserves de sardines infectées. « L’une des victimes, de nationalité grecque, décédait à son domicile de Vincennes (Val-de-Marne) le 12 septembre » et « les quinze autres victimes développaient des pathologies diverses », rappelle le parquet.

« Manquements aux règles d’hygiène sanitaire »

Le parquet de Bordeaux avait « immédiatement » ouvert une enquête des chefs « d’homicide involontaire, blessures involontaires par manquement délibéré à une obligation de prudence imposée par la loi ou le règlement, mise en danger de la vie d’autrui, non-assistance à personne en péril et mise en vente de denrées corrompues ou toxiques ».

Les expertises et examens techniques réalisés « ainsi que les multiples et minutieuses investigations diligentées sur la région bordelaise » ont permis « de mettre en évidence divers manquements aux règles d’hygiène sanitaire par le responsable de l’établissement, notamment quant à la confection des conserves artisanales vendues à la clientèle », précise ce mercredi le parquet. La « mise en cause du responsable de l’établissement » avait conduit à sa garde à vue mardi. Les peines encourues oscillent entre deux et cinq ans de prison et 45.000 à 600.000 euros d'amende.

L’enquête s’intéresse aussi à la prise en charge des patients

Jade Dousselin, l'avocate de la cliente qui a perdu la vie et de son mari gravement intoxiqué a pointé « la faute d'une chaîne de responsabilités qui, à chaque niveau, a failli », citant le patron du restaurant mais aussi les services hospitaliers « qui n'ont pas joué leur rôle dans de telles situations ».

L'avocate a également dénoncé dans un communiqué la « défaillance des services de l'ARS (agence régionale de santé, ndlr) dont les graves dysfonctionnements n'ont pas permis d'avertir à temps les professionnels de santé pour que le pire soit évité ».

L’enquête judiciaire s’est « également attachée à reconstituer la prise en charge médicale des patients sur les régions bordelaise et parisienne », ajoute le parquet. Les investigations sur ce versant du dossier « se poursuivront sous l’autorité du magistrat instructeur. »

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