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Journée internationale du handicap : Ces nouvelles cartes bancaires doivent faciliter la vie des malvoyants

Avec contactLa société Idemia a mis au point une carte avec un lecteur d’empreinte permettant de sécuriser les paiements sans code secret
La société française Idemia a mis au point un système de sécurisation biométrique avec empreinte digitale qui facilite la vie des personnes mal voyantes.
La société française Idemia a mis au point un système de sécurisation biométrique avec empreinte digitale qui facilite la vie des personnes mal voyantes.  - Idemia / Idemia
Camille Allain

Camille Allain

L'essentiel

  • Confrontées à la hausse du nombre d’écrans tactiles, les personnes malvoyantes sont souvent en difficulté pour taper leur code de carte bleue.
  • À l’occasion de la journée internationale du handicap, 20 Minutes s’est penchée sur la sécurisation biométrique.
  • Avec une simple empreinte digitale, le fabricant Idemia est capable d’identifier le propriétaire de la carte bancaire.

Ils le reconnaissent d’emblée. Leur idée n’était, au départ, pas dimensionnée pour venir en aide aux personnes handicapées. Leader européen de la fabrication de cartes bancaires, l’entreprise française Idemia a mis au point une carte dotée d’un système de « sécurisation biométrique ». Plus concrètement : un lecteur d’empreinte qui permet d’activer un paiement sans avoir à composer son code secret. « C’est un produit qu’on avait d’abord lancé pour le grand public, sans penser que cela pourrait faciliter la vie des personnes non-voyantes. C’est parfois un vrai problème pour eux de composer leur code », explique Vincent Mouret, vice-président produit et marketing de l’entreprise française.

Avec cette solution, l’entreprise française permet aux utilisateurs de payer sans code, simplement en apposant leur pouce sur la carte, même au-delà du plafond de 50 euros imposé par le sans contact. Un système qui permet d’éviter que certaines personnes mal intentionnées guettent le code par-dessus l’épaule.

La sécurisation biométrique permet de payer en toute sécurité en apposant son empreinte digitale sur sa carte bancaire.
La sécurisation biométrique permet de payer en toute sécurité en apposant son empreinte digitale sur sa carte bancaire. - Idemia

Pour composer leur code, les personnes déficientes visuelles peuvent utiliser le repère en relief apposé sur le chiffre 5. Pratique, certes, mais de moins en moins fréquent. La raison ? De plus en plus de terminaux de paiement sont équipés de « pin on glass ». « Ce sont des écrans tactiles sans relief. Pour les personnes qui souffrent de troubles importants de la vue, c’est vraiment compliqué », assure le responsable produit d’Idemia.

Nathan peut en attester. Âgé de 16 ans, l’adolescent malvoyant a toutes les peines du monde à se repérer lorsqu’il est confronté aux écrans lumineux. « Quand on a le repère sur le 5, c’est assez facile. Mais quand il n’y en a pas, c’est vraiment galère. Le progrès technologique, c’est bien, mais il faut penser à tout le monde », regrette l’adolescent. « L’avantage de la sécurisation biométrique, c’est que même en cas de vol de la carte, personne d’autre ne pourra l’utiliser pour payer sans contact », assure Idemia. Quant au surcoût, il devrait se situer « autour d’un euro par mois en plus », pour l’utilisateur.

Le problème ? « Retirer de l’argent »

Cette innovation a l’avantage d’être très simple pour toutes les personnes un peu âgées pas toujours équipées des solutions de paiement déjà proposées par certains smartphones. Interrogé sur l’intérêt de cette nouvelle carte biométrique, Nathan se dit « pourquoi pas ». « Le principal problème pour les déficients visuels, c’est de retirer de l’argent. Quand tu ne vois rien sur l’écran, tu es perdu. C’est plutôt cela qu’il faudrait améliorer. » D’après le ministre de la Santé, environ 207.000 Français sont aveugles ou « malvoyants profonds ». Le nombre de « malvoyants moyens » est lui estimé à près d’un million.

Au-delà de cette innovation « made in Idemia », la société française qui a dépassé les deux milliards d’euros de chiffre d’affaires s’est aussi associée à MasterCard pour proposer une « touch card ». Cette carte de paiement a la particularité de présenter des encoches permettant de facilement les identifier dans un portefeuille. « Nous avons travaillé avec des associations de personnes non-voyantes afin qu’elles nous indiquent comment les différencier au toucher ». En général, les personnes souffrant de troubles visuels utilisent le relief de la puce pour savoir dans quel sens l’insérer. Mais elles n’ont pas de moyen de différencier les cartes quand elles en possèdent plusieurs.

Ce projet mené avec MasterCard a déjà pris de l’ampleur. En 2022, 60 des 600 millions de cartes imprimées par Idemia dans le monde étaient équipées de ces encoches bien pratiques.

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