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enquêteQui est Armand Rajabpour-Miyandoab, auteur l’attaque mortelle à Paris ?

Attentat à Paris : Converti, radicalisé et « très instable »… Qui est le jeune assaillant ?

enquêteLe profil très inquiétant d’Armand Rajabpour-Miyandoab, le Français d’origine iranienne auteur de l’attaque au couteau et au marteau à Paris, était déjà bien connu des renseignements intérieurs et de la justice
Attaque mortelle au couteau à Paris : Que s'est-il passé ?
Hélène Ménal

H.M. avec AFP

L'essentiel

  • L’attaque au couteau survenue samedi soir à Paris a coûté la vie à un touriste germano-philippin de 23 ans. Deux autres personnes ont été blessées au marteau.
  • L’assaillant, neutralisé par des policiers, est un Français de 26 ans d’origine iranienne.
  • Ce converti radicalisé avait déjà été condamné pour avoir fomenté un attentat Paris. Il est atteint d’importants troubles psychiatriques.

Samedi soir, Armand Rajabpour-Miyandoab a semé l’effroi dans le centre de Paris en tuant au couteau un touriste germano-philippin de 23 ans puis en blessant deux autres personnes – un touriste britannique et un Français de 60 ans – avec un marteau. Il a été neutralisé avec un pistolet à impulsion électrique par des policiers et devrait donc pouvoir s’expliquer au cours de sa garde à vue.

La radicalisation de cet homme, qui souffre d’importants troubles psychiatriques et aurait crié « Allahou akbar » au moment de l’attaque, était déjà bien connue des renseignements intérieurs. Voici ce que l’on sait du profil du suspect de cette attaque terroriste.

Converti à l’islam, il avait déjà préparé un attentat

Armand Rajabpour-Miyandoab est né à Neuilly-sur-Seine en 1997 de parents iraniens, chez qui il vit encore, dans l’Essonne. Selon Le Parisien, sa famille, qui a fui le régime des mollahs, n’est pas musulmane. La conversion d’Armand Rajabpour-Miyandoab, titulaire d’un bac scientifique et un temps passionné par la photo et les graffitis, daterait de 2015, alors qu’il avait 18 ans. Il a rapidement évolué vers une pratique rigoriste de l’islam, envisageant même de rejoindre les rangs de Daesh en zone irako-syrienne.

Dès l’année suivante, en 2016, il a été interpellé par la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) pour un projet d’action violente à La Défense, à l’ouest de Paris. Il avait alors écopé de cinq ans de prison. Il était sorti après quatre ans de détention.

Une source sécuritaire a confié à l’AFP qu’il présente « un profil instable, très influençable ». Il souffre de troubles psychiatriques avérés et les enquêteurs s’intéressent d’ores et déjà à son dossier médical, pour savoir si les modalités de son suivi, ou son absence, peuvent expliquer son passage à l’acte.

Ce qu’il a dit au moment de sa neutralisation

D’après les propos rapportés par Gérald Darmanin, le ministre de l’Intérieur, Armand Rajabpour-Miyandoab aurait dit aux policiers l’ayant interpellé qu’il « ne pouvait plus supporter que les musulmans meurent, tant en Afghanistan qu’en Palestine ». Il aurait aussi déclaré qu’il « en voulait » pour « ce qui se passait à Gaza » et que la France serait « complice de ce que faisait Israël » là-bas.

Une vidéo de revendication et des liens avec d’autres terroristes

L’assaillant a publié sur les réseaux sociaux une vidéo de revendication de son attaque Il y évoque « l’actualité, le gouvernement, le meurtre de musulmans innocents », détaille une source sécuritaire. Jean-François Ricard, le procureur national antiterroriste a précisé dimanche soir qu’il faisait sur ce film allégeance à la branche afghane de Daesh. A ce stade, les enquêteurs ne savent pas quand elle a été tournée, mais elle a été postée en ligne « concomitamment » au passage à l’acte.

Notre live sur l'attaque à Paris

Selon Le Parisien et BFMTV, l’assaillant était en lien avec les terroristes des attentats de Magnanville et de Saint-Etienne-du-Rouvray. En 2016, il comptait parmi ses amis Facebook Larossi Abballa, le tueur du couple de policiers de Magnanville. Il avait également échangé la même année avec Adel Kermiche, l’un des deux terroristes de l’attentat à Saint-Etienne-du-Rouvray, qui a coûté la vie au père Hamel et avec le futur assassin de Samuel Paty.

La garde à vue du terroriste présumé peut théoriquement durer cent quarante-quatre heures, soit six jours.

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