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Tchin !C’est quoi ces « Apéros de la mort » dans des bars partout en France ?

C’est quoi ces « Apéros de la mort » organisés dans des bars partout en France ?

Tchin !Lancés il y a cinq ans à Paris, les « Apéros de la mort » se sont développés dans une « trentaine » de villes françaises. Pendant deux heures, 20 participants viennent échanger sur la fin de vie, une thématique souvent taboue
Sophie Dumont (à droite) anime des « Apéros de la mort » à Paris.
Sophie Dumont (à droite) anime des « Apéros de la mort » à Paris. - Happy End / Happy End
Thibaut Gagnepain

Thibaut Gagnepain

L'essentiel

  • Le premier a eu lieu à Paris en 2018. Depuis, une « trentaine » de villes en France sont concernées par ces « Apéros de la mort ».
  • Que s’y passe-t-il ? Des participants (l’inscription est gratuite) viennent, dans un bar pendant deux heures, échanger librement autour « la fin de la vie, la mort, le deuil », détaille leur fondatrice Sarah Dumont.
  • Cette Parisienne, fondatrice de Happy End, a aussi eu l’idée de lancer les « Petites Veuvries entre amis », réservées aux veufs de moins de 55 ans, ou encore les « Orphelinades », pour les jeunes adultes orphelins.

«Arrête de parler de ça », « mais tu veux déjà m’enterrer ? », « tu n’as pas plus joyeux comme conversation ? ». Ces réponses-là, rares sont ceux qui ne les ont pas entendues en tentant d’aborder LE sujet. Celui de la mort. « Ça reste tabou », confirme Sarah Dumont, fondatrice de Happy End, une plateforme en ligne qui accompagne le deuil et propose notamment des conseils ou des mises en relation avec des experts.

En 2018, cette Parisienne a aussi eu l’idée de lancer dans la capitale des « Apéros de la mort ». Elle s’inspirait d’un concept lancé en Suisse. Le principe ? Des participants viennent pendant deux heures échanger librement autour « la fin de la vie, la mort, le deuil ». Ils sont à chaque fois encadrés, la plupart du temps par un binôme composé d’une personne « formée au deuil » ainsi que d’une « autre sensible au projet qui a envie de contribuer à la libération de la parole ».

Particularité de cette réunion dont l’inscription est gratuite sur le site de l’association Happy End, elle a lieu dans un bar. « On y tient car c’est convivial et ça permet de réinventer la mort dans la cité, explique l’entrepreneuse, qui anime aussi ces fameux apéros. Moi j’aime bien l’idée qu’une fois que c’est terminé, des gens qui ne se connaissaient pas puissent aller s’installer à une autre table et continuer la discussion. »

Souvent, le public est composé « de personnes qui viennent de perdre un proche et ont besoin d’en parler ». Mais pas uniquement. « Nous avons aussi ceux qui ont envie d’anticiper leurs obsèques et ne peuvent pas en parler à leur famille, des enfants qui font face à un mur quand ils tentent de connaître les dernières volontés de leurs parents. On a aussi vu deux jeunes filles qui étaient tétanisées par la mort prochaine de leurs grands-parents. Sans oublier tous ceux pour qui la mort n’est jamais abordée. Ils ne comprennent pas ce silence total et en souffrent. »

« Ça fait partie de la vie »

Sarah Dumont insiste : « Il y a une vraie souffrance de ne pas pouvoir en parler alors que ça fait partie de la vie ! Ecarter un sujet, ça le rend encore plus angoissant. En l’abordant, on se le réapproprie. » Dans la même veine, son association a ainsi lancé les « Petites Veuvries entre amis », réservées aux veuves de moins de 55 ans, les « Orphelinades », pour les jeunes adultes orphelins ou encore les « Cafés compagnons », qui s’adressent à ceux qui vivent le deuil d’un animal de compagnie. Certains ont lieu en ligne. Les « Apéros de la Mort », eux, sont accessibles dans une trentaine de villes de France. « On espère encore se développer », conclut la fondatrice.

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