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reportagePayan dans le public, enchères molles, la drôle de vente Carbonel

Marseille : Benoît Payan dans le public, des enchères molles, la drôle de vente de la collection Carbonel

reportageSi les plus belles pièces sont bien parties, la vente s’étirait un peu en longueur
 L’atelier Carbonel a été racheté il y a trois ans. Sa collection personnelle était aux enchères.
L’atelier Carbonel a été racheté il y a trois ans. Sa collection personnelle était aux enchères. - De Baecque / De Baecque
Caroline Delabroy

Caroline Delabroy

L'essentiel

  • La collection personnelle du santonnier Marcel Carbonel était vendue aux enchères ce jeudi à Marseille. La collection, qui ne comporte pas que des créations de Marcel Carbonel, présentait quelque 2.500 santons dont certaines pièces étonnantes.
  • Les plus belles pièces ont trouvé preneur. Pour d’autres, l’affaire a été plus poussive dans la salle des ventes à Marseille où le maire Benoît Payan est venu à « titre privé ».
  • La Basilique du Sacré-Cœur a toutefois, elle, gagné une Vierge à l’enfant. « Nous en cherchions une, elle est sortie à 1.500 euros, c’était dans le budget qu’on s’était fixé », sourit le père Olivier, qui confie « aimer beaucoup tout ce qui en provençal et lire la messe en Provençale ».

«Allez, allez, réveillez-vous dans la salle ». Après un début animé, la vente aux enchères de la collection personnelle du santonnier Marcel Carbonel s’étire en longueur ce jeudi à Marseille. Le commissaire-priseur de la maison De Baecque se fait volontiers bateleur : « C’est donné, c’est une très belle iconographie de crèche, cela vaut le coup ! ». Ou encore, le marteau levé en présentant un lot en plâtre : « Je fais appel à votre créativité, vous pouvez les peindre en jaune, en bleu, en arc-en-ciel. » Puis, un brin dépité sous le trait de l’humour, lorsque la vente d’un ensemble de six bustes Napoléon d’après des moules Pellegrini, part à peine enchérie à 80 euros : « On aurait dû les garder pour la vente corse, on les aurait mieux vendus ! ».

Dans la salle, pourtant pleine, Gilbert Orsini patiente. Santonnier à Allauch, il a repéré des « crèches exceptionnelles » et ne s’étonne pas de cette baisse de rythme tant certains lots, à l’entendre, concernent des pièces avec des « accidents » et des « manques », comme dit pudiquement le catalogue : « C’est cassé, vous en faites quoi ? Ce sont des fonds d’atelier. D’ailleurs, celles-ci ne sont pas en vitrine. »

« Nous sommes la ville qui a la plus belle collection de santons »

Le maire de Marseille Benoît Payan est aussi dans les rangs. Il se lève régulièrement pour voir de près les lots exposés mais confie être là « à titre privé », pour sa grand-mère. « Je vais acheter quelque chose de pas cher, depuis que je suis petit elle me montre des collections de santons, confie-t-il. J’ai toujours été élevé avec ça, pour nous cela compte. » Regrette-t-il que la collection se disperse ? Il n’en montre en tout cas le signe : « Nous sommes la ville qui a la plus belle collection de santons, on a le musée du Vieux Marseille, le musée de Chateau-Gombert, et des milliers de pièces que l’on a besoin de répertorier, inventorier. »

La Basilique du Sacré-Cœur a en tout cas gagné une Vierge à l’enfant. « Nous en cherchions une, elle est sortie à 1.500 euros, c’était dans le budget qu’on s’était fixé », sourit le père Olivier, qui confie « aimer beaucoup tout ce qui en provençal et lire la messe en Provençale ». Hortense a aussi craqué pour une Vierge en argile blanche cuite et gouachée, sous un globe en verre, et partie à 750 euros : « Je trouve que l’objet est magnifique, et il est lié à l’histoire de Marseille. Il ornera un coin de prière à la maison, cela fait longtemps que j’avais envie d’un globe. Je n’aurais pas imaginé aller aussi haut ! »

Directrice d’un musée associatif sur le terroir marseillais, Evelyne Bremondy a aussi participé aux enchères. « C’est un peu mou, presque un peu long », s’étonne-t-elle au fond de la salle. « Je pense que les gens se sont imaginé que cela atteindrait des prix extraordinaires, alors que c’est tout à fait raisonnable, relève-t-elle. Il y a une crèche complète qui vient de partir à 100 euros pour une trentaine de sujets, qui sont de très belle facture. Quelqu’un qui veut s’en constituer une et qui va à la foire aux santons il s’en colle pour beaucoup plus. Il y a une méconnaissance, c’est dommage. »

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