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CONCLUSIONSLe pilote de l’hélico crashé près de Nice était « sous l’influence de cocaïne »

Nice : Le pilote de l’hélico qui s’est crashé en novembre 2022 était bien « sous l’influence de cocaïne »

CONCLUSIONSLe Bureau d’enquêtes et d’analyses pour la sécurité de l’aviation civile a rendu son rapport sur l’accident qui avait coûté la vie à un Russe de 53 ans expert en cryptomonnaies et à son pilote
Image issue de la vidéo prise à l'intérieur de l'hélicoptère, quelques instants avant le crash alors que le pilote est en piqué dans un nuage de brume et qu'une route est visible à courte distance
Image issue de la vidéo prise à l'intérieur de l'hélicoptère, quelques instants avant le crash alors que le pilote est en piqué dans un nuage de brume et qu'une route est visible à courte distance - Rapport 3A-MVT / BEA Aero / BEA Aero
Fabien Binacchi

Fabien Binacchi

L'essentiel

  • Le BEA a rendu son rapport définitif après le crash de l’hélicoptère survenu le 25 novembre 2022 près de Nice et qui avait coûté la vie à Vyacheslav Taran, un Russe de 53 ans expert en cryptomonnaies, et à son pilote.
  • L’organisme confirme que le salarié de la société Monacair, âgé de 34 ans, avait pris les commandes de l’appareil « alors qu’il se trouvait sous l’influence de cocaïne », comme cela avait été révélé début octobre, mais aussi « qu’il portait les traces de la consommation récente de CBD, THC et d’alcool ».
  • Cet état altéré et la « perte de références visuelles » due à l'« entrée dans une couche nuageuse » ont entraîné une « perte de contrôle » et une « collision avec le relief », conclut le BEA dans son rapport définitif publié ce vendredi.

Pour le BEA, le Bureau d’enquêtes et d’analyses pour la sécurité de l’aviation civile, l’enquête est désormais « clôturée ». Un an après. Et c’est confirmé : le crash de l’hélicoptère survenu le 25 novembre 2022 près de Nice et qui avait coûté la vie à Vyacheslav Taran, un Russe de 53 ans expert en cryptomonnaies, et à son pilote, n’est pas le fait d’une quelconque intervention extérieure. Tout s’est joué à bord de cet Airbus EC130 T2.

L’organisme confirme que le salarié de la société Monacair, âgé de 35 ans, avait pris les commandes de l’appareil « alors qu’il se trouvait sous l’influence de cocaïne », comme cela avait été révélé début octobre, mais aussi « qu’il portait les traces de la consommation récente de CBD, THC [des substances actives du cannabis] et d’alcool ». Cet état altéré et la « perte de références visuelles » due à l'« entrée dans une couche nuageuse » ont entraîné une « perte de contrôle » et une « collision avec le relief », conclut le BEA dans son rapport définitif publié ce vendredi.

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« Prise de cocaïne régulière »

Le pilote, qui avait pris en charge le passager à Lausanne, en Suisse, pour le transporter jusqu’à Monaco, avait donc consommé de la cocaïne « quelques heures avant l’accident et possiblement le matin même », comme l’ont révélé les analyses toxicologiques, rapporte le BEA. Les examens pratiqués sur ses cheveux ont permis d’établir la présence d’un « métabolite » de cette drogue à des niveaux qui « signent une prise régulière ». Des traces de substances actives du cannabis et d’alcool ont également été retrouvées.

La société Monacair, qui avait fait réaliser des tests de dépistage (finalement négatifs) sur le pilote, lors de son embauche en 2021, comme le prévoit la réglementation, avait encouragé dès les premières révélations à des mesures supplémentaires pour détecter les « consommateurs cachés de cocaïne ». Ils « représentant un risque pour la sécurité des vols », avait-elle reconnu dans un communiqué. « Je suis choqué et en colère. La sécurité est notre priorité N°1. Piloter est un choix de vie, et est incompatible avec la prise de n’importe quelle substance illicite », a aussi réagi ce vendredi Rémi Bouysset, le PDG du groupe.

La « faculté de raisonnement du pilote » possiblement « altérée »

Le BEA pense en tout cas « possible que la faculté de raisonnement du pilote ait été altérée par la consommation de drogue ». Ce dernier « confronté à un phénomène local de brume de mer » à son arrivée sur le littoral azuréen « a poursuivi au cap » alors « qu’il aurait été possible d’éviter les nuages présents autour du site de l’accident en contournant aisément par Nice à l’ouest ou en virant à l’est », note encore l’organisme.

Perdu, sans visibilité, le trentenaire aurait fait prendre à l’hélicoptère « une attitude à cabrer et a gagné de la hauteur » après avoir « retrouvé furtivement la vue du sol ». S’est ensuivie une série d'« attitudes inusuelles » : l’appareil « est passé sur le dos, a effectué un 180° autour de son axe de lacet avant de prendre une assiette de 60° à piquer ». Il est finalement « entré en collision avec le sol avec une attitude à cabrer, parallèle à la pente de la montagne », sur la commune de Villefranche-sur-Mer à 12h31 et 11 secondes. Le pilote et son passager sont tués.

« Absence de formation »

Dans ses conclusions, le BEA note qu'« une absence de formation au risque d’entrée par inadvertance dans une couche nuageuse et à la procédure de sortie associée, ainsi qu’une formation pratique au vol sans visibilité insuffisante » ont pu être des « facteurs contributifs » à l’accident.

L’organisme, qui rejoint la société Monacair, appelle également les autorités à « ouvrir une concertation sur la détection de l’utilisation abusive ou d’usage de psychotropes par les pilotes tout au long de leur carrière ». Elle encourage à procéder à « des tests lors des visites médicales de renouvellement » mais aussi de manière « aléatoire » et même « en l’absence de suspicion ».

Les termes du rapport du BEA « ne visent nullement à la détermination de fautes ou de responsabilités », appuie l’organisme, mais devrait aider la justice à boucler ses investigations. Tout de suite après le crash, le parquet de Nice avait ouvert une enquête. Dans un communiqué ce vendredi, l’entreprise Monacair assure qu’elle « continuera de contribuer [son] avancée de l’enquête et s’associera à toute initiative ou réflexion permettant de renforcer encore davantage la sécurité des vols et des passagers ».

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