20 Minutes : Actualités et infos en direct
Ça rou(e)spèteFaut-il bannir vélos et trottinettes de certains secteurs de Toulouse ?

Toulouse : Les vélos et trottinettes vont-ils être bannis de certains secteurs ?

Ça rou(e)spèteToulouse est en pleine élaboration de son « Code de la rue » et une association de piétons milite activement pour une solution radicale : interdire vélos, trottinettes et skates dans certains secteurs
Un cycliste au milieu des piétons dans le centre de Toulouse.  Illustration.
Un cycliste au milieu des piétons dans le centre de Toulouse. Illustration. - Alexandre GELEBART / 20 Minutes / 20 Minutes
Hélène Ménal

Hélène Ménal

L'essentiel

  • A Toulouse, une association de défense des piétons fait du lobbying pour interdire certains secteurs de la ville aux vélos, trottinettes et skates, comme l’ont fait Agen ou encore Niort.
  • La mairie de la Ville rose, en pleine élaboration de son « Code de la rue », dit « étudier » la proposition.
  • Pour les cyclistes, les piétons se trompent de cibles.

Les cyclistes et trottinettistes vont-ils devoir bientôt mettre pied à terre quand ils traverseront le centre historique de Toulouse ? Richard Mébaoudj, président de 60 millions de piétons 31 le souhaite ardemment. Il en a marre de « voir débouler des cyclistes à des vitesses excessives et même parfois démentes », marre de « leur faire de la place sur les trottoirs », et demande tout bonnement l’interdiction des cycles, mais aussi hoverboards ou trottinettes dans certains secteurs de la ville.

« En fait, on empêche les gens d’aller au travail à pied ! Je suis heureux qu’on sorte progressivement du tout voiture mais il ne faudrait pas qu’on le remplace par le tout vélo », fulmine cet habitant du centre-ville qui conçoit toutefois que l’interdiction pourrait comporter des plages horaires.

Pour le défenseur de marcheurs, il y a une double-fenêtre de tir. D’abord parce que la mairie est en train d’élaborer en concertation avec les habitants son « Code de la rue » pour permettre une meilleure cohabitation entre les modes de déplacement. Ensuite, parce que d’autres villes comme Niort, Nice l’été, ou encore plus près, Agen ont franchi le pas de barrer certaines rues aux vélos.

« Pas de position de principe » dans les murs du Capitole

Il n’est d’ailleurs pas le seul à s’inquiéter du boom des cycles et du danger qu’ils peuvent représenter pour les piétons. « Ce conflit d’usage revient de façon assez récurrente dans les contributions au Code de la rue », reconnaît Maxime Boyer, l’adjoint en charge des Mobilités. Un habitant qui a participé au questionnaire a pris la peine de se planter sur une digue de la Garonne, rive droite, l’un des passages dangereux dans le collimateur de 60 millions de piétons 31 pour la vitesse des « vélotaffeurs ». Il a compté 465 vélos et 45 piétons entre 8 heures et 9 heures et 300 vélos pour 53 piétons à l’heure de pointe du soir. Richard Mébaoudj pointe également les berges du Canal du Midi, le parvis de la gare Matabiau mais aussi et surtout le centre historique et la problématique rue Alsace-Lorraine.

Alors ? La mairie va-t-elle faire droit à la demande insistante des piétons. « Nous allons étudier cette proposition comme toutes les autres, répond diplomatiquement Maxime Boyer, nous n’avons pas de position de principe à ce stade ». « Il y a rarement une solution magique, ajoute l’élu mais plutôt une multiplicité de solutions qui peuvent être complémentaires ». Le Code de la rue devrait être dévoilé « début 2024 ».

« C’est la place de la voiture qu’il faut réduire »

Et d’ici là, d’autres voix viendront à la rescousse, si ce n’est celle des trottinettistes pas vraiment fédérés, au moins celle des vélos. « Le combat de 60 millions de piétons est un mauvais combat, juge Boris Koslow, le président de puissante association 2pieds 2roues. Si les cyclistes sont interdits sur les berges ou les digues, ou doivent emprunter des axes où ils ne se sentent pas en sécurité, ils reprendront leur voiture pour aller au travail. »

« Pour éviter les conflits, c’est l’espace de la voiture qu’il faut réduire », prônent les adeptes de la petite reine qui souhaitent notamment la création de pistes au pied des digues ou le doublement, rapide, des voies vertes du Canal. Et s’ils reconnaissent qu’un « effort de pédagogie » doit être fait dans leurs rangs pour épargner les piétons, ils aimeraient que ces derniers mettent autant d’énergie à défendre d’autres causes. « En demandant l’enlèvement des potelets verts des trottoirs ou d’obliger les gens à rentrer leurs containers par exemple », cite Boris Koslow.

Sujets liés