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ENSEIGNEMENT SUPERIEUROù en est l’ouverture sociale dans les Sciences Po de région ?

Sciences Po : Où en est l’ouverture sociale dans les IEP de région ?

ENSEIGNEMENT SUPERIEURCe jeudi, le Réseau ScPo, qui réunit 7 IEP de région, a fait le bilan de son programme de démocratisation sociale
Le jardin de Sciences Po Rennes.
Le jardin de Sciences Po Rennes. - Sciences Po Rennes / Sciences Po Rennes
Delphine Bancaud

Delphine Bancaud

L'essentiel

  • Les 7 IEP du réseau ScPo (Aix-en-Provence, Lille, Lyon, Rennes, Saint-Germain-en-Laye, Strasbourg et Toulouse) intègrent des élèves de milieux défavorisés, non par le biais d’un concours spécifique, mais via une préparation au concours en amont.
  • Un système qui existe depuis 2007 et qui a bénéficié à 40.000 élèves. Tous ne passent pas le concours, mais ceux qui le tentent ont de meilleures chances de réussite que les candidats lambda.
  • Pour les écoles en question, leur présence est un vrai plus. Elles comptent désormais 27 % d’élèves boursiers en moyenne.

Accéder à Science Po : un rêve pour de nombreux lycéens. Sauf que tous n’ont pas les mêmes chances d’intégrer un Institut d’études politiques (IEP), les élèves issus de catégories sociales défavorisées, porteur d’un handicap ou habitant en zone rurale, s’autocensurant dans leurs choix d’études. Pour lutter contre ce déterminisme en grande partie social, les sept IEP du réseau ScPo (Aix-en-Provence, Lille, Lyon, Rennes, Saint-Germain-en-Laye, Strasbourg et Toulouse) ont créé depuis 2007 le Programme d’études intégrées (PEI), lequel vise à démocratiser l’accès à l’enseignement supérieur.

Au menu : un coaching gratuit d’élèves de la troisième à la terminale issus de 400 établissements, afin de les aider à préparer le concours commun d’entrée aux sept Sciences Po en question, mais aussi pour épauler ceux qui ne veulent pas le passer, afin qu’ils réussissent leur intégration vers l’enseignement supérieur. Pour cela, une fois par semaine, les élèves du programme ont droit à des cours de méthologie et de préparation à l’épreuve de questions contemporaines du concours. Ils ont également accès à un campus numérique contenant des ressources, à un suivi personnalisé d’un enseignant référant au lycée et à un tuteur déjà élève d’un IEP. De plus, chaque Sciences Po offre des services locaux en plus. « A Saint- Germain en Laye, nous proposons par exemple aux candidats une semaine de préparation au concours commun en pension complète », cite Céline Braconnier.

En 2022-2023, 4.300 élèves ont été coachés

Le système a séduit moult élèves, comme l’a souligné ce jeudi Céline Braconnier, directrice de ScPo Saint-Germain-en-Laye, lors d’une conférence de presse du Réseau : « Depuis 2008, le Réseau ScPo a accompagné 40.000 élèves bénéficiaires du PEI. Et les trois dernières années, on compte une augmentation de 10 % des inscrits chaque année ». En 2022-2023, ils étaient 4.300 (1.385 collégiens, 546 élèves de seconde, 1.000 de 1re et 1.295 de Terminale, issus de 22 académies), dont 81 % de boursiers du secondaire ou futurs boursiers du supérieur.

Les bénéfices de ce coaching sont multiples : tout d’abord, les lycéens semblent améliorer leurs performances durant la Terminale. En 2023, 73 % des élèves PEI ont ainsi décroché une mention bien ou très bien au bac. Pour ceux qui passent le concours commun d’entrée aux Sciences Po, l’accompagnement semble aussi porter ses fruits. Car ils sont mieux armés pour aborder les trois épreuves écrites du concours (questions contemporaines, histoire, langue vivante). Cette année, sur les 1.272 élèves PEI de Terminale, 659 ont passé le concours commun et 98 l’ont réussi « Leur taux de réussite au concours est de 15 %, alors qu’il n’est que 9 % pour les autres candidats », informe Pierre Mathiot, directeur de Sciences Po Lille.

Des élèves qui s’intègrent bien

Et comme ces lauréats issus du programme PEI ont intégré un IEP en passant le même concours que leurs camarades, ils ne se sentent pas stigmatisés, à l’inverse d’élèves d’autres grandes écoles qui ont mis en place des voies de recrutement alternatives réservées aux lycéens des zones défavorisées. « Ils ont un sentiment de légitimité », souligne Céline Braconnier. Ces élèves s’intègrent aussi très bien dans les écoles, notamment grâce à la vie associative, car ils sont nombreux à s’impliquer dans les BDE.

Mais une fois dans un IEP, encore faut-il y rester. Là aussi, les élèves PEI semblent tenir le choc lors des cinq années d’études exigeantes. « Il y a la même proportion d’élèves à l’entrée de l’école qu’à la sortie », assure Céline Braconnier.

Une proportion de 27 % d’élèves boursiers

Pour les écoles en question, leur présence est un vrai plus. « Si nous n’avions pas de programme volontariste d’ouverture sociale, nous n’accueillerions dans nos écoles que les enfants des parents qui ont fait un IEP », souligne Céline Braconnier.

Les écoles du Réseau Sc Po comptent désormais en moyenne 27 % d’élèves boursiers. Soit la même proportion que dans les autres grandes écoles, selon le dernier observatoire de la CGE. Et c’est peut-être là où le bât blesse : cette proportion peut-elle évoluer, ou les Sciences Po ont-ils atteint un plateau ?

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