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FAKE OFFNon, les images d’une journaliste roumaine en Israël n’ont pas été truquées

Guerre Hamas – Israël : Non, une journaliste roumaine n’a pas truqué les images d’une attaque

FAKE OFFEn direct sur une chaîne de télévision roumaine, une journaliste aurait simulé une attaque alors que des passants continuent de vivre en arrière-plan. « 20 Minutes » vous propose une remise en contexte
La journaliste en question, Cristina Cileacu, n'a pas réellement truqué son direct.
La journaliste en question, Cristina Cileacu, n'a pas réellement truqué son direct. - Capture d'écran / Digi 24
Lina Fourneau

Lina Fourneau

L'essentiel

  • Depuis plusieurs jours, sur les réseaux, les images d’une journaliste roumaine montreraient l’énorme trucage d’une émission à la télévision. « Une propagande médiatique », critiquent les internautes.
  • Sur les images, la reporter se baisse pour se protéger d’une attaque. Mais en arrière-plan, la vie semble continuer. De quoi contredire ce que souhaite montrer la journaliste.
  • Toutefois, sur les réseaux sociaux, il manque le son de ces images. Lors de son direct, diffusé le 22 octobre dernier, la journaliste Cristina Cileacu a bel et bien assisté à une alerte au bombardement.

La vidéo a fait le tour des réseaux sociaux depuis la semaine dernière. Une journaliste roumaine envoyée en Israël aurait simulé une attaque de roquettes du Hamas. Sur les images, la journaliste est allongée au sol pour se protéger d’un potentiel danger. Mais problème, en arrière-plan, plusieurs vélos traversent la route. Il y aurait selon les internautes un trucage dans l’émission réalisée par la chaîne de télévision Digi 24. « Propagande dramatique », fustige un premier compte. « Bravo pour le faux et stupide reportage prétendant qu’elle était attaquée par le Hamas. Un parmi tant d’autres qui tentent de cacher la politique et les crimes racistes d’Israël », critique un autre.

Mais ces accusations de fake news s’avèrent infondées. 20 Minutes vous explique pourquoi.

FAKE OFF

A l’écran, la journaliste en question s’appelle Cristina Cileacu et travaille pour la chaîne de télévision roumaine Digi 24 en tant que productrice. Sur le site du média, d’autres sujets ont été publiés par la même journaliste. Le 24 octobre dernier, la reporter racontait par exemple la vie des Israéliens dans les zones bombardées par le Hamas. A ce moment-là, Cristina Cileacu se trouve alors à Ashkelon, une ville israélienne proche de la frontière de la bande de Gaza.

A l’aide d’une recherche d’image inversée, il est possible de retrouver la vidéo initiale de la journaliste, sans la musique ajoutée en bruit de fond. Le reportage a été diffusé le 22 octobre dernier, aux alentours de 11 heures. Au début du duplex, la journaliste Cristina Cileacu se tient debout, face à la caméra. Elle porte un gilet pare-balles. La scène se déroule devant une grande route où circulent quelques voitures. Une bande cyclable jouxte cette route et quelques trottinettes et vélos passent derrière la caméra. La journaliste explique que sur place les civils font confiance à l’armée israélienne et revient sur des précédentes explosions, qui se seraient depuis calmées.

Une position de sécurité

Puis, une alarme retentit et le direct s’accélère. En traduisant, nous comprenons qu’elle demande à son caméraman, Vali, de se coucher à terre derrière une voiture (mașina, en Roumain) car il n’y a pas d’abris à proximité. En réalité, il s’agit de la procédure lorsqu’une sirène retentit. En effet, le portail israélien national d’urgence rappelle : « Lorsque vous êtes dehors lors d’une attaque de roquettes et qu’il n’y a pas de bâtiment à proximité, vous devez vous allonger et mettre vos mains sur votre tête pour la protéger. La raison : cela réduit les risques d’être touché par des éclats d’obus […]. La probabilité d’être blessé par l’onde de choc d’un projectile atterrissant dans un espace ouvert est de 100 % en position debout et de 85 % à genoux, contre seulement 10 % en position couchée ».

Malgré la circulation, les sirènes continuent de retentir dans la vidéo. « C’est sûrement l’infanterie israélienne qui intercepte toutes ces bombes. On va rester encore un peu comme ça parce qu’on ne sait jamais quand les bombardements s’arrêtent », explique Cristina Cileacu. Les accusations portées à l’encontre de Cristina Cileacu sont donc infondées. Le direct de Digi 24 a bien été perturbé par les sirènes. « L’équipe de Digi 24 a pleinement suivi le protocole de suivi israélien », souligne la chaîne. Les passants en arrière-plan ne respectaient, eux, pas les recommandations définies en cas d’alerte. « Les Israéliens ignorent parfois les sirènes, mais les journalistes ne devraient jamais les ignorer », a souligné par la suite l’ambassadeur roumain en Israël Reuven Azar, sur le réseau social X.

« Le professionnalisme n’a jamais été remis en question »

Pourtant, pendant plusieurs jours, la journaliste de Digi 24 a été accusée d’avoir truqué les images à des fins de propagande israélienne. Une accusation qui est même remontée aux plus hauts sommets de l’Etat en commençant par Victor Ponta, ancien Premier ministre en Roumanie et actuel conseiller de son successeur Marcel Ciolacu. Sur une publication Facebook datant du 23 octobre, l’ancien homme politique a accusé la journaliste sur Facebook d’émettre « par le ventre » et de se « moquer des journalistes qui vont dans les théâtres de guerre ».

Sur LinkedIn, celle-ci a répondu : « Un ancien Premier ministre de Roumanie, aujourd’hui conseiller honoraire du Premier ministre, se permet de répandre de fausses nouvelles sur mon travail et surtout de ridiculiser la guerre en Israël. Lorsque vous n’avez aucune valeur en vous-même, vous essayez de rendre les autres moins précieux. Sauf qu’une carrière politique fanée reste fanée. Dans le journalisme, la vérité finit toujours par éclater ». L’actuel Premier ministre Marcel Ciolacu a également ajouté auprès de la chaîne que les opinions exprimées par l’ancien politique n’étaient en rien celles de son gouvernement. Avant d’ajouter : « Je suis désolé pour la situation que traverse Cristina Cileacu, dont le professionnalisme n’a jamais été remis en question ».

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