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petit bonhommeQue va devenir Noah Briac Alban, le bébé retrouvé dans une poubelle à Rennes ?

Rennes : Que va devenir Noah Briac Alban, le bébé miraculé retrouvé au fond d’une poubelle ?

petit bonhommeLe nouveau-né a été secouru par les pompiers après avoir été jeté dans un conteneur enterré. Sa mère est toujours recherchée
L'enfant retrouvé dans une poubelle vendredi matin à Rennes est sain et sauf. Prénommé Noah Briac Alban, il a été pris en charge à la maternité.
L'enfant retrouvé dans une poubelle vendredi matin à Rennes est sain et sauf. Prénommé Noah Briac Alban, il a été pris en charge à la maternité. - Avec l'autorisation du parquet de Rennes / Parquet de Rennes
Camille Allain

Camille Allain

L'essentiel

  • Vendredi, un nouveau-né a été retrouvé au fond d’une poubelle enterrée à Rennes. Il a été sauvé par les secours.
  • Pris en charge à la maternité du CHU, le petit Noah Briac Alban, né quelques heures plus tôt, fait l’objet d’une mesure de protection et devrait rejoindre une pouponnière.
  • Si ses parents ne le déclarent pas dans un délai de deux mois, le nourrisson deviendra pupille de l’Etat et pourra être adopté.

C’est un miraculé. Coincé à plusieurs mètres sous terre dans une poubelle du quartier Sarah-Bernhardt, un nouveau-né a été sauvé par les pompiers et le Samu de Rennes vendredi matin. C’est une habitante du square Charles-Dullin qui a sauvé la vie du nourrisson en donnant l’alerte, après avoir entendu les pleurs provenant du conteneur enterré. Le bébé de 3,370 kg qui était vraisemblablement né quelques heures avant sa découverte était samedi « en bon état de santé », a fait savoir le procureur de la République Philippe Astruc. L’enfant a été prénommé Noah Briac Alban, comme l’ont choisi le sapeur-pompier, la sage-femme et le médecin qui l’ont secouru. Depuis sa découverte, le petit bonhomme a été accueilli à la maternité du CHU de Rennes où il devrait rester plusieurs jours. Mais après ? 20 Minutes fait le point.

Une mesure de protection d’urgence

Depuis sa découverte vendredi matin, le petit Noah Briac Alban fait l’objet d’une ordonnance de placement provisoire, que les professionnels de la petite enfance appellent OPP. Cette mesure d’urgence a été prise par le parquet afin de protéger l’enfant. Ce dernier a immédiatement été placé sous la protection du conseil départemental d’Ille-et-Vilaine et de son président. « Cela signifie que personne ne peut venir le récupérer, pas même ses parents. C’est une mesure de protection d’urgence, le temps d’évaluer la situation », confie Anthony (le prénom a été modifié), professionnel de la petite enfance. Cette mesure se base sur l’article 375 du Code civil qui stipule que des mesures d’assistance éducative peuvent être prises « si la santé, la sécurité ou la moralité d’un mineur non émancipé sont en danger ».

Le petit nourrisson retrouvé au fond d'une poubelle a été pris en charge à la maternité de l'Hôpital Sud, à Rennes.
Le petit nourrisson retrouvé au fond d'une poubelle a été pris en charge à la maternité de l'Hôpital Sud, à Rennes.  - C. Allain / 20 Minutes

Dans le droit français, l’OPP est une mesure « assez exceptionnelle car elle est prise sans audience et sans possibilité de faire appel », poursuit Anthony. Elle permet, par exemple, d’extraire des enfants d’un milieu familial dans lequel ils seraient en danger et ce, à toute heure du jour et de la nuit, et sans l’accord des parents. Cette OPP ne dure que dix jours, le temps qu’un juge aux enfants soit saisi du dossier. Pour l’heure, le petit Noah reste à la maternité du CHU, où il est actuellement soigné.

Un juge nommé pour décider de l’avenir de l’enfant

« Un juge des enfants sera saisi de sa situation », avait prévenu le procureur Philippe Astruc dès vendredi au sujet du bébé sauvé. Cette semaine, l’avenir immédiat du petit garçon sera entre les mains d’un magistrat spécialisé. Cette fois, une audience aura lieu dans les murs de la cité judiciaire en présence des représentants de l’aide sociale à l’enfance afin de décider des mesures d’assistance éducative. En temps normal, les parents peuvent assister à cette audience, en présence d’un avocat, tout comme l’enfant, s’il est en âge de le faire. Dans le cas du petit Noah, qui n’a pour l’heure pas été déclaré, le nourrisson sera représenté par un administrateur ad hoc du département. En l’absence de parents, il deviendra le représentant légal du mineur afin de protéger ses droits. Un placement dans la famille est parfois envisagé, quand cela est possible.

En Ille-et-Vilaine, les enfants faisant l'objet d'une mesure de protection peuvent être accueillis au centre de l'enfance Henri-Fréville, à Chantepie, près de Rennes.
En Ille-et-Vilaine, les enfants faisant l'objet d'une mesure de protection peuvent être accueillis au centre de l'enfance Henri-Fréville, à Chantepie, près de Rennes. - C. Allain/20 Minutes

Une fois sorti de l’hôpital, le bébé miraculé devrait rejoindre la pouponnière du centre de l’enfance. Cet espace peut accueillir une vingtaine d’enfants âgés de 0 à 3 ans soit nés sous X, soit faisant l’objet d’un placement. Des auxiliaires de puéricultrice s’occuperont alors du petit Noah, lui donnant les biberons, les soins et les câlins dont il aura besoin. De nombreux professionnels de santé sont présents dans le centre de l’enfance situé à Chantepie. Il pourrait également être placé dans l’une des 800 familles d’accueil que compte le département d’Ille-et-Vilaine. Une mesure plus rare mais qui peut être prise, notamment quand l’enfant est en bonne santé et que la pouponnière est pleine. Face au manque criant de moyens, la situation est loin d’être isolée.

Et après, quel avenir pour Noah ?

La mère de l’enfant abandonné vendredi 20 octobre a un délai légal de deux mois pour reconnaître son bébé. Elle est par ailleurs toujours recherchée. Sans cela, l’enfant sera reconnu comme « né sous X ». « Les enfants sont alors considérés comme pupilles de l’État. Si ce bébé n’est pas reconnu, il y a de fortes chances qu’il devienne pupille du département », poursuit le représentant de l’aide sociale à l’enfance. Au 31 décembre 2020, 3.464 enfants bénéficiaient du statut de pupille de l’État en France. Derrière ces chiffres se cachent des situations très différentes, des bébés nés sous X aux orphelins n’ayant plus de représentants légaux.

Selon leur âge, ces enfants gardent le prénom donné par les soignants et restent en pouponnière, dans des familles d’accueil ou dans des foyers en attendant d’être adoptés. Ce n’est qu’une fois qu’ils sont adoptés que les nouveaux parents peuvent décider de lui donner un prénom, ce qui est très fréquent chez les bébés. La liste d’attente des parents en quête d’adoption est tellement longue que la très grande majorité des pupilles sont rapidement adoptées, sauf quand il s’agit d’adolescents. S’ils ne sont pas adoptés, ces enfants restent sous la protection du département. Un conseil de famille se réunit régulièrement pour prendre les grandes décisions concernant l’avenir de l’enfant, en concertation avec lui.

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