Comment Brice Hortefeux a tué les apéros Facebook

INTERNET Le ministre n'a rien interdit, mais il a fait en sorte que ce type d'événement ne se tienne plus...

Julien Ménielle

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A.REAU / SIPA

Il n'a pas interdit les apéros géants, mais il a eu la peau des apéros Facebook. Dans un message de «fermeté» adressé mercredi soir, Brice Hortefeux a affirmé être contre «une interdiction générale», tout en prévenant qu'il faudra «apprécier au cas par cas». En réalité, si ce message a été largement relayé, le ministre de l'Intérieur a aussi posé des conditions qui signent la fin des apéros Facebook tels qu'ils existent aujourd'hui.

Car Brice Hortefeux en a appelé aux «responsables» ou aux «organisateurs». Ces derniers, en effet, devront «être clairement identifiés», a-t-il prévenu. Or, par essence, les apéros Facebook n'ont pas de réels organisateurs. Ils sont le fruit d'une coproduction de tous ceux qui décident d'y participer en rejoignant un groupe sur le réseau social.

Pas de responsables, pas de déclarations

Les «apéros géants» doivent être «organisés en amont», a par ailleurs indiqué le ministre. Et leurs responsables devront se conformer à la réglementation en vigueur, notamment en déclarant en préfecture l'événement trois jours à l'avance. Des démarches administratives qui tranchent avec le caractère informel et spontané des apéros Facebook.

D'ailleurs, sans responsables, pas de déclaration possible ni de surveillance de la consommation d'alcool par les organisateurs, comme le demande Brice Hortefeux, qui a précisé que la consommation d'alcool par «des mineurs» sera «réprimée».

Pas d'interdiction, mais des punitions

A défaut d'interdire en amont une pratique difficile à définir sur le plan légal, Brice Hortefeux a donc remis les apéros Facebook sur un pied d'égalité avec toute les autres organisations publiques. Tout en menaçant ceux qui y participeront, (ou qui sont à l'origine de la création des groupes Facebook) de «répression» et de «poursuite».

Lui emboîtant le pas, la préfecture de police de Paris a déjà indiqué que l'apéro Facebook prévu le 23 mai sur le Champ de Mars ne pourrait pas avoir lieu, en raison de l'interdiction de consommer de l'alcool sur place. L'événement n'est donc pas vraiment interdit, mais la préfecture «mobilisera l'ensemble des moyens nécessaires pour faire face à toute tentative de concrétisation de l'événement annoncé».