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VICTOIReThéo, 16 ans, va être indemnisé pour des malformations imputées au glyphosate

Glyphosate : Théo, 16 ans, va pour la première fois être indemnisé pour de graves malformations imputées au pesticide

VICTOIReLe Fonds d’indemnisation des victimes de pesticides vient de reconnaître que l’origine de son handicap était liée à l’exposition de sa mère, pendant sa grossesse, aux pesticides
Glyphosate : Théo, 16 ans, reconnu comme victime du pesticide
20 Minutes avec AFP

20 Minutes avec AFP

Pour Sabine Grataloup, il s’agit d'« une première ». Son fils Théo, âgé de 16 ans et né avec de graves malformations du larynx et de l’œsophage, va toucher plus de 1.000 euros brut par mois. Le Fonds d’indemnisation des victimes de pesticides vient de reconnaître que l’origine de son handicap était liée à l’exposition de sa mère, pendant sa grossesse, au glyphosate.

Aujourd’hui, le garçon, qui a subi cinquante-quatre interventions chirurgicales, « parvient à manger par la bouche, à respirer par trachéotomie et à parler par voie œsophagienne », explique Sabine Grataloup. Et d’ajouter : « Au niveau mondial, il y a eu des procès gagnés aux Etats-Unis dans des dossiers de cancers, mais pour les malformations, à ma connaissance, on est les premiers » à obtenir une telle reconnaissance officielle.

Une plainte déposée en 2017

Comme dans un autre dossier accepté en 2022, « il y a une reconnaissance du lien entre la pathologie de l’enfant et l’exposition de la mère à des pesticides, mais la nature du pesticide n’est pas notifiée », précise à l’AFP Christine Dechesne-Ceard, qui pilote le fonds d’indemnisation géré par la MSA (Mutualité sociale agricole).

Seulement, Sabine Grataloup n’a aucun doute : elle travaillait dans un centre équestre et n’utilisait que rarement des pesticides, et uniquement du glyphosate, pour désherber sa carrière pendant l’été.

La famille, qui vit en Isère, n’avait initialement pas souhaité communiquer cette information par peur d’essuyer une nouvelle campagne hostile sur les réseaux sociaux, comme ce fut le cas après le dépôt d’une plainte contre des fabricants de glyphosate en 2017 (une procédure toujours en cours).

Un vote crucial vendredi

Mais la mère de famille s’est ravisée, multipliant les interventions dans les médias face à la possibilité de voir l’autorisation du glyphosate reconduite pour dix ans dans l’Union européenne, qui sera soumise vendredi à un vote des 27. « On devait partager cette victoire avec les autres victimes et avec les Etats-membres pour qu’ils prennent leur décision en connaissance de cause », souligne Sabine Grataloup.

« C’est un dossier qui a fait l’objet de beaucoup de batailles, de lobbying et de manipulations, là, on a un point d’appui scientifique, poursuit-elle. Une commission d’experts sélectionnés pour leur compétence et leur indépendance a estimé qu’il y avait un niveau de certitude suffisante pour déclencher une indemnisation. »

Le glyphosate, substance active de plusieurs herbicides dont le Roundup de Monsanto, a été classé en 2015 comme un « cancérogène probable » pour les humains par le Centre international de recherche sur le cancer de l’Organisation mondiale de la santé.

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