Apéros Facebook: Brice Hortefeux ne veut «pas tuer la convivialité, mais prendre le maximum de précautions»

POLITIQUE Les organisateurs devront respecter les règles, sinon...

O.R. avec Corentin Chauvel, sur place

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Apéro de Nantes le 12 mai 2010.
Apéro de Nantes le 12 mai 2010. — Stephane Mahe / Reuters

Brice Hortefeux ne veut pas interdire les apéros géants organisés via Facebook. C'est le mot d'ordre qu'il a passé à l'issue d'une réunion de travail organisée ce mercredi après-midi, en présence du ministre de la Jeunesse, Marc-Philippe Daubresse, de la secrétaire d'Etat l'Economie numérique, Nathalie Kosciusko-Morizet, de préfets et de maires, et destinée à «évaluer les mesures permettant de limiter les risques» de ces manifestations.

«Une interdiction générale n'est ni envisagée, ni souhaitée», a déclaré le ministre de l'Intérieur à l'issue de cette réunion. En revanche, les autorités invitent les organisateurs à déclarer «en amont» les manifestations en préfecture, comme la loi le demande, et à respecter toutes les règles relatives à un tel événement. Ce seront ensuite aux maires et aux préfets d'apprécier la situation, l'interdiction se faisant au cas par cas.

Les autorités appellent à la raison

Le respect de la loi passe également par l'identification d'un interlocuteur désigné, que ce soit une personne, une association ou une collectivité. Un «délai de préparation» est nécessaire pour assurer la sécurité et la santé de tous les participants, a prévenu Brice Hortefeux.

L'Etat se veut «vigilant», mais appelle les initiateurs d'apéros géants à «faire preuve de raison» et les parents à «faire preuve d'attention». Le ministre de l'Intérieur a insisté sur «la responsabilité» de ces derniers. 

Collaborer avec Facebook pour trouver les responsables

Si jamais les règles ne sont pas respectées, les interdictions d'apéros géants seront ainsi traités au cas par cas a poursuivi le ministre de l'Intérieur. Brice Hortefeux a expliqué que les autorités n'hésiteront pas à faire annuler certaines manifestations et surtout à rechercher les éventuels responsables pour les punir pénalement.

Les autorités pourraient donc très bien demander à Facebook de les aider soit à annuler une manifestation, soit à retrouver les initiateurs des apéros géants incriminés. Nathalie Kosciusko-Morizet a précisé que les hébergeurs n'étaient pas responsables de leur contenu tant qu'ils n'avaient pas été alertés par les autorités. A Facebook donc de collaborer s'il ne veut pas être tenu pour responsable lui aussi.

Ensuite, en cas de débordements durant l'apéro géant, les autorités se donnent le droit de «réprimer sur place», que ce soit les violences, la détention d'armes et de stupéfiants. Des débordements qui seront à la charge des organisateurs, a prévenu le ministre de l'Intérieur: «Ce n'est pas à la collectivité de payer».

Apéro oui, chasse au record non

De plus, Brice Hortefeux a prévenu que toute «chasse au record» était intolérable et le moindre appel à battre des records entraînera l'annulation pure et simple de la manifestation.

En résumé, le ministre de l'Intérieur refuse les solutions simplistes («laisser faire ou tout interdire») et a déclaré vouloir simplement ne «pas tuer la convivialité, mais prendre le maximum de précautions».

Et vous, qu'en pensez-vous? Cette solution vous semble-t-elle la meilleure?