Mayotte menacée par des coupures d’eau renforcées

sécheresse Le préfet Thierry Suquet anticipe « encore six à huit semaines » difficiles durant lesquelles « tout le monde » devra « faire des efforts »

20 Minutes avec AFP
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Des personnes font la queue pour remplir des conteneurs d'eau à Tsoundzou, île de Mayotte, samedi 6 février 2021 (image d'illustration).
Des personnes font la queue pour remplir des conteneurs d'eau à Tsoundzou, île de Mayotte, samedi 6 février 2021 (image d'illustration). — Sony Ibrahim Chamsidine/AP/SIPA

Vivre sans eau, c’est devenu le quotidien des Mahorais soumis à des coupures d’eau régulières qui devraient être encore renforcées par l’Etat. Les autorités ont fait le point sur la grave crise qui frappe le petit archipel français de l’océan Indien lors d’un « comité de suivi de la ressource en eau » présidé par le ministre délégué chargé des Outre-mer, Philippe Vigier, en déplacement sur le territoire mahorais ce mercredi et jeudi.

Le département le plus pauvre de France est soumis à sa plus importante sécheresse depuis 1997, alors que son approvisionnement dépend largement des eaux pluviales. Les déficits pluviométriques y sont aggravés par un manque d’infrastructures et d’investissements dans un territoire qui, sous pression de l’immigration clandestine venue notamment des Comores voisines, connaît une croissance démographique de 4 % par an.

Encore « six à huit semaines » d’efforts

Pour y faire face, l’État a intensifié les coupures d’eau ces derniers mois. Depuis le 4 septembre, la population de Mayotte (310.000 habitants au 1er janvier 2023, selon l’Insee) est privée d’eau deux jours sur trois. « Avec les tours d’eau actuels, on n’aura plus d’eau dans les retenues collinaires [ouvrages de stockage] fin octobre », a prévenu le préfet Thierry Suquet mercredi lors de la réunion du comité de suivi. Des travaux d’urgence ont été engagés (forages, recherche de fuites, interconnexion des réseaux…), sans espoir de répondre aux difficultés à très court terme.

Selon le préfet, « la question va se poser dans les jours à venir de l’évolution des tours d’eau, sinon on va se retrouver à la fin du mois d’octobre avec entre 15.000 et 20.000 mètres cubes » disponibles par jour, alors que les besoins quotidiens sont estimés à 43.000 m3, « et il n’y aura quasiment plus d’eau dans le sud à cette période si on ne fait rien ». « On a encore six à huit semaines durant lesquelles on va demander à tout le monde de faire des efforts », avant le retour de la saison des pluies, a ajouté Thierry Suquet.