Pape François à Marseille : « Sa parole à une valeur proche de zéro », pour beaucoup de nos lecteurs

VOTRE VIE, VOTRE AVIS Nos lecteurs sont divisés entre ceux qui considèrent que la parole du pape a encore un écho, et une majorité qui n’y prête aucune attention

Quentin Meunier
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 Une partie de nos lecteurs ont peu de considération pour les prises de position du pape (illustration).
Une partie de nos lecteurs ont peu de considération pour les prises de position du pape (illustration). — Alessandra Tarantino/AP/SIPA

Samedi, le pape François tiendra une grande messe au Vélodrome de Marseille. Dans les tribunes du stade, 60.000 fidèles sont attendus. Emmanuel Macron s’est même invité à cette manifestation exceptionnelle, preuve que les mots du souverain pontife sont importants pour les personnalités politiques et les médias. Parmi les lecteurs et lectrices qui ont répondu à notre appel à témoignages, pourtant, de nombreuses personnes n’auront que faire des mots du pape.

C’est le cas d’Hélène par exemple, qui explique avoir été baptisée mais qui ne veut plus entendre parler du catholicisme, et n’a « aucune considération pour le pape », dont les paroles « n’ont aucune valeur politique ». « Etant non-croyant, sa parole à une valeur proche de zéro pour moi, ajoute Michaël, 27 ans. C’est un homme politique, plus vieux que la moyenne dans ce corps de métier déjà pas particulièrement jeune. (…) Je le vois comme mon grand-père : il est gentil, il faut hocher la tête quand il dit quelque chose, mais le contenu est souvent complètement lunaire et il ne faut surtout pas en tenir compte. »

De nombreuses personnes reprochent même au pape les positions véhiculées par certains croyants et la religion catholique. « Je ne pense rien de ses prises de position, explique Jacti. Par contre je suis contre les prises de position de l’église qui bannit l’avortement, le mariage des prêtres, la pilule et que sais-je encore. » D’autres, à l’inverse, sont croyants, mais n’apprécie pas les prises de parole de François, jugé plus progressiste que ses prédécesseurs. Il accorde une place importante à l’écologie par exemple, en ayant prôné une « conversion écologique intégrale » lors de l’un de ses messages annuels, ou en en ayant fait l’un des thèmes des dernières Journées mondiales de la jeunesse. « Bien que catholique par le baptême, croyant, ne me considérant en rien visé par ses propos culpabilisants, je m’exempte de le considérer comme mon directeur de conscience », explique par exemple Jean.

« Il ne met pas de gants »

A l’inverse, plusieurs internautes continuent de s’intéresser à la parole du pape, pour des raisons toutes aussi variées. Le souverain pontife reste un chef d’Etat, celui du Vatican, mais beaucoup l’imagine plus libre que ses homologues. « Je pense qu’il a des paroles fortes sur l’écologie et les migrations notamment, reconnaît Anne-Laure. Comme il n’y a pas d’enjeu réel de territoire ou d’économie pour l’État du Vatican, il me semble qu’il est plus libre que d’autres chefs d’État dans sa parole, il ne met pas de gants. Après bien sûr je ne suis pas en phase avec tout ce qu’il dit mais je pense que sa parole est importante, et qu’elle différente des autres. » De même, Vincent lui prête « une parole sage qui se démarque des propos politiques des chefs d’État qui souhaitent plaire à un électorat. »

« Je pense que la parole du pape est sensée, elle propose un chemin vers la paix, même si parfois elle peut être maladroite ou mal retransmise par les médias », poursuit Emmanuelle. Enfin, la parole du chef de la religion catholique, c’est encore les pratiquants qui en parlent le mieux. « Il a des prises de position qui sont justes, estime Luc. Je ne suis pas un papiste béni-oui-oui, par ce qu’un pape fait des erreurs : problème de la pédophilie dans l’église, refus du mariage des prêtres… mais dans le domaine religieux, il a son mot à dire. » Samedi, ils seront peut-être heureux comme un pape.