Un débat sur le voile intégral dégénère à Montreuil

SOCIETE Il était organisé par l'association Ni Putes Ni Soumises...

Avec agence

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... Certains imams le considèrent comme obligatoire, d’autres, comme le cheikh égyptien Mohammed Sayed Tantaoui, imam de la mosquée al-Azhar, qui se considère comme la plus haute autorité de l'islam sunnite, pensent que «le niqab n'est qu'une tradition, il n'a pas de lien avec la religion ni de près, ni de loin».
... Certains imams le considèrent comme obligatoire, d’autres, comme le cheikh égyptien Mohammed Sayed Tantaoui, imam de la mosquée al-Azhar, qui se considère comme la plus haute autorité de l'islam sunnite, pensent que «le niqab n'est qu'une tradition, il n'a pas de lien avec la religion ni de près, ni de loin». — A. NABIL / AFP PHOTO

Le débat a commencé dans un climat houleux. Et s'est terminé avec l'intervention de la police. Ce débat sur le voile intégral, qui a rassemblé une centaine de personnes dans une école primaire mardi soir, a d'abord étéperturbé par des membres du mouvement pro-palestinien Cheikh Yassine. Après des insultes, des coups ont été échangés entre des participants qui n'ont pu être identifiés, a constaté le journaliste de l'AFP.

Les organisateurs ont décidé d'arrêter le débat et fait appel aux forces de l'ordre. La police est arrivée peu après, bloquant les sorties, et demandant aux victimes de coups d'identifier leurs agresseurs qui ont réussi à s'échapper.

«Il est urgent qu'il y ait une loi très claire qui bannisse totalement les obscurantismes et protège les femmes», a réagi la présidente de Ni Putes Ni Soumises, Sihem Habchi. «Je pense que ceux qui avaient un doute avant le débat de ce soir ont compris, en sortant, la nécessité d'une loi qui dise stop à ceux qui instrumentalisent la religion musulmane et réduisent les femmes au silence», a-t-elle ajouté.

Projet de loi présenté mercredi

Après avoir relevé que «le débat a dérapé», le député Manuel Valls (PS), partisan d'une loi d'interdiction générale du voile intégral, a déclaré qu'il sortait de la réunion «avec une conviction redoublée pour une loi à cause de ces comportements». «Je sens qu'on éprouve dans cette affaire la République et ses représentants et moi je ne me laisserai pas faire», a-t-il-il ajouté.

Organisé à la veille de la présentation du projet de loi d'interdiction du voile intégral en conseil des ministres, ce débat, programmé à l'initiative de Ni Putes Ni Soumises favorable à une telle mesure, avait rassemblé des femmes, dont des militantes féministes, d'autres portant le voile simple ou intégral, ainsi que des islamistes.

Un projet de loi de sept articles prévoyant l'interdiction du port du voile intégral dans l'espace public doit être présenté mercredi en conseil des ministres. Le Conseil d'Etat s'est prononcé par deux fois contre une interdiction généralisée. Le texte doit être débattu par les députés en juillet puis les sénateurs début septembre pour une promulgation dans la foulée. Contrairement à ce qu'espérait le gouvernement, il ne devrait pas faire consensus, socialistes et centristes étant très partagés.