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Le coût du déniUn collectif publie une tribune pour demander le maintien de la Ciivise

Inceste : Une soixantaine de personnalités demandent le maintien de la Ciivise dans une tribune

Le coût du déniLa commission sur l’inceste doit rendre ses travaux fin décembre
Entre trois et cinq enfants par classe sont victimes d'inceste. (illustration)
Entre trois et cinq enfants par classe sont victimes d'inceste. (illustration) - Canva / Canva
Xavier Regnier

X.R.

Le 23 janvier 2021, Emmanuel Macron s’engageait devant des victimes de violences sexuelles : « On vous croit et vous ne serez plus jamais seuls ». Quelques mois plus tard naissait la Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants (Ciivise), qui doit rendre ses travaux au mois de décembre. Et après ? La Commission est censée disparaître. Mais pour une soixantaine de personnalités, qui s’expriment dans une tribune publiée dans Le Monde, fermer la Ciivise, « c’est dire aux victimes : "on vous a assez entendues" ».

Parmi les signataires, figurent par exemple Eric Cantona, la philosophe Camille Froidevaux-Metterie, la chanteuse Lio ou les actrices Muriel Robin et Ludivine Sagnier, mais aussi la présidente de la Fondation des femmes Anne-Cécile Mailfert, la journaliste féministe Victoire Tuaillon et Emmanuelle Béart et Camille Kouchner, qui ont toutes deux témoigné des violences qu’elles avaient subies dans leur enfance.

« Nous, nous avons accès aux médias »

« À nouveau, la société prête l’oreille » suite à la sortie du livre de l’actrice, souligne la tribune. « C’est donc vrai, des enfants sont violés ou agressés, puisque des personnalités le disent », grincent les signataires. Ils soulignent à quel point « la Ciivise réparait une injustice », pour les 5,5 millions de victimes, en recueillant 25.000 témoignages en deux ans. « Aujourd’hui, trois à cinq enfants par classe sont victimes d’inceste et condamnés au silence », note la tribune. « Nous, nous avons accès aux médias », insistent les signataires, « on nous croit ».

Mais pour les victimes anonymes, « le coût du maintien de cette commission est dérisoire face au coût du déni. » Outre l’ampleur du sujet, la Ciivise a « révélé que la sortie du silence est longue, très longue », et que « les deux années d’existence de la commission ne sauraient suffire » à prendre la mesure complète du phénomène. « En la créant, vous avez créé un espoir. Vous avez eu raison. Cet espoir ne peut être déçu », demandent les signataires.

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