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Référé-LIBERTéDes familles de victimes de « narchomicides » assignent l’Etat en justice

Marseille : Des familles de victimes de « narchomicides » assignent l’Etat en justice

Référé-LIBERTéDes familles de victimes de règlements de comptes considèrent que l'Etat n'agit pas suffisamment pour lutter contre ces violences qui portent atteintes à plusieurs de leurs droits fondamentaux
Des médecins emportent le corps d'une victime de règlement de compte, à Marseille, le 6 juin 2023.
Des médecins emportent le corps d'une victime de règlement de compte, à Marseille, le 6 juin 2023. - Frederic MUNSCH/SIPA / SIPA
Alexandre Vella

Alexandre Vella

L'essentiel

  • Cette année, plus de quarante personnes ont été tuées et une centaine blessées à Marseille dans des affrontements entre clans de narcotrafiquants.
  • L’association Conscience et plus de 50 familles de victimes accompagnées par une association assigne ainsi l’Etat en justice.
  • L’avocat Mathieu Croizet entend faire reconnaître l’abandon de ces quartiers par l’État et éventuellement le faire condamner à prendre des mesures d’urgence.

Une centaine de blessés et 42 morts depuis le début de l’année à Marseille et ses environs immédiats, selon le dernier bilan du parquet qui a lancé, ce 31 août, le terme de « narchomicides ». La violence des affrontements entre clans de narcotrafiquants bat, cette année encore, tous les records. Face à ce bilan sans cesse plus désastreux, l’association Conscience, présidée par Amine Kessaci, qui a perdu il y a quelques années son frère dans ces affrontements, ainsi que 51 familles de victimes, ont décidé d’intenter une action en justice contre l’Etat, en l’assignant en référé-liberté au tribunal administratif.

« Pointer la responsabilité de l’Etat »

« Ça fait plus de quarante ans qu’on constate qu’il y a des homicides dans nos quartiers, quarante ans qu’on demande plus de social, plus de moyens pour nos associations, plus de services publics et que, hormis l’effort fait sur les écoles, la seule réponse est sécuritaire », introduit Amine Kessaci pour qui assigner l’Etat en justice, « c’est pointer sa responsabilité ».

Le référé est porté par l’avocat Mathieu Croizet qui entend faire reconnaître l’abandon de ces quartiers par l’État et éventuellement le faire condamner à prendre des mesures d’urgence. « Ce référé repose sur quatre atteintes à des libertés fondamentales, explique-t-il à 20 Minutes. Le droit à la sécurité d’abord, le droit à la vie ensuite, dont la Charte de l’environnement, intégrée à la constitution, énonce que tout le monde a le droit de vivre dans un environnement sain ».

Enfin, l’avocat considère qu’il y a, pour les habitants de ces quartiers, « une rupture d’égalité » avec le reste des territoires métropolitains, ce qui l’amène au quatrième point qui est celui de la discrimination. « Il y a une ségrégation sociale et économique dans ces quartiers », soutien Mathieu Croizet.

Si le président du tribunal administratif juge recevable ce référé, une audience devra avoir lieu dans les quarante-huit heures. Les plaignants proposent, entre autres, le retour d’une police de proximité.

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