20 Minutes : Actualités et infos en direct
violences faites aux femmesFace au nombre de violences conjugales, les associations manquent de moyens

Violences conjugales : Face à un manque de subventions, des associations contraintes à fermer

violences faites aux femmesDepuis 2019, « le budget dépensé par l’Etat pour chaque femme victime de violences accompagnée a baissé de plus de 25 % »
Une photo prise le 3 mars 2020 à Paris montre une salle de La Cite Audacieuse, un lieu dédié aux droits des femmes.
Une photo prise le 3 mars 2020 à Paris montre une salle de La Cite Audacieuse, un lieu dédié aux droits des femmes. - STEPHANE DE SAKUTIN / AFP / AFP
20 Minutes avec AFP

20 Minutes avec AFP

Face à la hausse du nombre de violences conjugales recensées par les forces de l’ordre, les associations d’aide aux victimes tirent la sonnette d’alarme sur leurs finances « exsangues » en raison de l’explosion du nombre de femmes à aider.

Alors que dimanche marquera le 4e anniversaire du lancement du Grenelle des Violences conjugales, la Fondation des Femmes, une association qui finance les associations spécialisées dans les droits des femmes a fait valoir que les besoins d’accompagnement de femmes victimes de violences ont explosé mais les budgets eux, s’ils ont augmenté, n’ont pas suivi la cadence.

« Les femmes parlent et c’est une bonne nouvelle. Grâce à la mobilisation politique et sociale sans précédent, les faits dénoncés aux forces de l’ordre ont augmenté de 82 % depuis 2016 », relève l’association dans un communiqué. Les associations de terrain font face à une « augmentation considérable » des demandes des femmes à accueillir, orienter, accompagner.

Or la Fondation des Femmes a chiffré que, depuis le Grenelle, « le budget dépensé par l’Etat pour chaque femme victime de violences accompagnée a baissé de plus de 25 %. Si le budget de l’Etat a augmenté depuis 2019, il n’a pas suivi l’explosion des demandes d’accompagnement ».

D’importantes associations en faillite

« La plus grosse association de défense des victimes de violences faites aux femmes du Val-d’Oise, Du côté des femmes, est en redressement judiciaire. Cette association a fermé son accueil 24/24 et le tribunal pourrait annoncer sa liquidation d’ici fin septembre alors qu’elle accompagne 2.000 femmes », racontait Anne-Cécile Mailfert, présidente de la Fondation des Femmes.

En Essonne, Léa Solidarité Femmes a dû licencier en août six de ses 19 salariés et est en train de fermer 65 de ses 141 places d’hébergement faute de financements, alors que ces places étaient occupées et qu’elle a une liste d’attente, alerte sa directrice adjointe Sophie Cartron.

Interrogé par l’AFP, le ministère de l’Egalité entre les femmes et les hommes n’a pas souhaité réagir.

« Les salariées des associations sont très tendues »

« L’Etat, les préfectures continuent d’envoyer aux associations des victimes à aider, les dispositifs sont pleins, mais les moyens ne suivent pas. Des associations sont obligées de fermer ou de réduire leur action », explique Anne-Cécile Mailfert.

De plus en plus de téléphones grave danger sont attribués par les parquets à des femmes en danger de mort. « Avec la montée en charge du dispositif, des associations auraient besoin d’un soutien financier supplémentaire pour assurer un accompagnement soutenu : soutien juridique, psychologique, coups de fil pour les rassurer, recherche de logement », relève Françoise Brié présidente de la Fédération Nationale Solidarité Femmes (FNSF), association qui gère le numéro d’appel 3919.

Finalement, « les salariées des associations sont très tendues : elles touchent de tout petits salaires, elles font face à des problèmes très graves et elles ont le sentiment de ne pas avoir les moyens de faire face. Cela crée du malaise au travail », relève Anne-Cécile Mailfert, qui espère « collecter un million d’euros d’ici la fin de l’année pour soulager les associations les plus en difficulté ».

Sujets liés