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patriarcat#Metoo, exclusion des femmes trans… Le monde des échecs dans la tourmente

#MeToo, agressions sexuelles, exclusion des femmes trans… Le monde des échecs dans la tourmente

patriarcatLe monde des échecs est aussi bousculé par une décision de la Fédération internationale pénalisant les femmes transgenres
Des compétiteurs au championnat de France d'échecs, le 25 août 2023, à l'Alpe d'Huez.
Des compétiteurs au championnat de France d'échecs, le 25 août 2023, à l'Alpe d'Huez. - JEFF PACHOUD / AFP / AFP
20 Minutes avec AFP

20 Minutes avec AFP

Un séisme dans le petit monde des échecs. Depuis plusieurs semaines, ce milieu est traversé de multiples révélations de violences sexistes et sexuelles mais aussi de décisions excluant les joueuses transgenres des compétitions internationales.

En effet, le 3 août dernier, 14 joueuses françaises, bientôt suivies par des dizaines d’autres, sortaient de leur silence et dénonçaient dans une lettre ouverte « des violences sexistes ou sexuelles […] verbales, écrites ou physiques, perpétrées par des joueurs d’échecs, entraîneurs, arbitres ou dirigeants ». « Nous nous sommes tues trop longtemps. »

Or d’après ces femmes, « ce harcèlement et ces agressions sont encore aujourd’hui l’une des principales raisons de l’arrêt du jeu d’échecs par des femmes et jeunes filles, notamment à l’adolescence ». « C’est un monde d’hommes », abonde Mathilde Congiu, ancienne joueuse et signataire. « Il y a 90 % d’hommes et les joueurs se sentent dans une totale impunité, notamment les plus titrés ».

« Je ne veux pas parler parce que j’ai peur »

« J’ai vécu des choses dont je ne veux pas parler parce que j’ai peur et que ça me remue », explique-t-elle à l’AFP en marge du 96è championnat de France d’échecs, qui s’achève dimanche à l’Alpe d’Huez (Isère). S’y ajoute un « paquet d’histoires sexistes », allant de mains aux fesses aux commentaires condescendants de certains entraîneurs, relate la jeune femme.

La lettre ouverte des Françaises « nous a bien réveillés », admet de son côté le vice-président de la Fédération française des échecs (FFE), Jean-Baptiste Mullon, qui a immédiatement apporté son soutien aux signataires.

La réplique sismique

Mais le monde des échecs est de nouveau chamboulé à la mi-août quand la Fédération internationale (Fide) annonce que les joueuses transgenres seraient suspendues des catégories féminines tant qu’une « décision » à leur égard ne serait pas prise, en s’accordant un délai de deux ans.

Pour de nombreux joueurs rencontrés par l’AFP à l’Alpe d’Huez, cette disposition, qui s’applique désormais aux compétitions internationales comme les olympiades, est « incompréhensible ». « Les échecs ne sont pas un sport où l’on est censé avoir un quelconque avantage biologique pour les personnes nées hommes », fait valoir Séraphina Bosc, 20 ans, qui a initié sa transition en femme il y a un an et demi.

Plusieurs fédérations nationales dont celles des Etats-Unis, de l’Allemagne et de l’Angleterre ont rapidement fait savoir qu’elles s’y opposaient. La FFE a également décidé de ne pas l’appliquer en France, explique Jean-Baptiste Mullon qui fustige un texte « mal écrit » et trahissant une « méconnaissance du sujet ».

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