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REPORTAGE« Un mec en scaphandre »… Une opération de démoustication menée à Strasbourg

Strasbourg : « J’ai vu un mec en scaphandre »… Opération de démoustication après un cas de dengue

REPORTAGEL’identification d’un cas de dengue chez un habitant a poussé l’Agence régionale de santé à mener, en pleine nuit, une opération de démoustication dans un quartier de Strasbourg. Au milieu d’habitants curieux… et un peu inquiets
La place du foin, à Strasbourg, retrouve son calme habituel ce mardi matin. L'opération de démoustication est terminée.
La place du foin, à Strasbourg, retrouve son calme habituel ce mardi matin. L'opération de démoustication est terminée. - T. Gagnepain / 20 Minutes
Thibaut Gagnepain

Thibaut Gagnepain

L'essentiel

  • Un cas de dengue détecté chez un Strasbourgeois de retour de voyage a obligé l'Agence régionale de santé (ARS) à programmer une opération de démoustication.
  • Celle-ci avait lieu la nuit dernière dans un quartier de Strasbourg, la Krutenau.
  • Qu'en pensent-ils ? Qu'ont-ils dû faire ? Ont-ils vu quelque chose ? 20 Minutes est allé sur place.

Pas la moindre trace ni odeur… La place du foin a retrouvé son calme habituel ce mardi matin. La nuit a pourtant été inédite dans ce joli coin de Strasbourg, en plein quartier de la Krutenau. Entre deux et quatre heures du matin était programmé un « traitement contre le moustique tigre ». C’est écrit sur les affiches de l'Agence régionale de santé (ARS). Ceux ci sont encore placardées sur les portes du coin et des rues adjacentes.

« J’ai vu un mec en scaphandre qui vaporisait des trucs sur le trottoir à encore six heures du matin », assure Catherine en déchargeant sa voiture. Pour la nuit, cette habitante d’un des immeubles situé en plein périmètre avait préféré « dormir chez (sa) mère ». « Je me suis dit que ce n’était pas le moment de rester là, on n’était pas trop informé de ce qu’il y avait dans leur truc ».

Les résidents savaient juste qu’un de leurs voisins avait contracté la dengue « en revenant de voyage ». Et que l’élimination des moustiques tigres présents était donc nécessaire afin de limiter la transmission « de maladies comme le chikungunya, la dengue ou le Zika ». Sur l’avis était aussi mentionné que « l’insecticide utilisé est autorisé par la réglementation : Aqua-K-Othrine - dose 0,5 g/ha - brouillard froid ».

Sans oublier les quelques mesures de précautions à prendre, comme ne pas sortir, fermer ses fenêtres et mettre à l’abri animaux et plantes… Comme l’a justement bien fait claire, en train de ressortir ses géraniums sur le balcon. « Ils ne m’ont pas réveillé cette nuit, assure cette Américaine « de Caroline du Nord », surprise d’être concernée par une telle opération. « J’ai vécu en Malaisie et à Hawaï, je ne savais pas que des maladies comme ça pouvaient venir jusqu’ici. Mais ce n’est pas un gros problème, j’espère que ça a marché et que la personne touchée va mieux. »

« On verra bien, il fallait que ça fasse ! »

Pour la disparition des moustiques tigres, il faudra peut-être repasser plus tard. « J’en ai encore plein ma cuisine », assure une riveraine. Un peu plus loin, une autre est plus positive au moment de réaménager son balcon. « On verra bien, il fallait que ça fasse ! On avait rentré tout ce qui était comestible, comme les aromates. Le lapin aussi, avec son foin. »

Les instructions étaient claires : personne dehors. « J’ai vu plusieurs patrouilles de police passer. Ils allaient voir les gens dans la rue, certainement pour leur dire de rentrer » ; témoigne Madame B., qui a, elle, vécu une nuit plus compliquée. Car elle a volontairement veillé, « curieuse de voir ce qui allait se passer ». Photos sur son téléphone à l’appui, elle retrace ces heures « très longues à tourner en rond avec (ses) minettes enfermées dans un appartement à 27 °C ». Jusqu’à la vue de ce pick-up blanc, transportant visiblement le fameux produit. « C’est là que je me suis dit que j’allais pouvoir dormir », rigole la quadragénaire, réveillée ce matin par d’autres « nettoyeurs ».

Le fameux picku-up vu par Madame B. en plein nuit. Est-ce lui qui était chargé de l'opération ?
Le fameux picku-up vu par Madame B. en plein nuit. Est-ce lui qui était chargé de l'opération ? - Madame B.

Soit un homme avec une lance reliée à un camion-citerne. « Quand je les ai vus, j’ai vite refermé mes fenêtres », rigole encore Madame B., sans cacher sa relative inquiétude. Plus de peur que de mal : il s’agissait en fait d’agents d’entretien de la ville. A 9h30, ils tournaient encore dans les rues. « On ne savait rien et on a reçu l’ordre, ce matin, d’asperger d’eau les poteaux, les arceaux de vélo, les bennes à verres, les bancs, la signalisation… Tout ce que peut toucher la population », indique Emeric dans sa combinaison blanche. « Ça permet d’enlever le produit qui s’écoule ensuite dans le caniveau. On a toute la Krutenau à faire. »

Le quartier va ensuite pouvoir passer des prochaines nuits plus paisibles. Pas si longtemps que ça… Le retour prochain des étudiants devrait de nouveau l’animer. Dans un style différent.

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