Remises de peine, comment ça marche?

JUSTICE Alors que Véronique Courjault vient d'être libérée, 20minutes.fr fait le point...

C. F.

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Condamnée à huit ans de prison en juin 2009, Véronique Courjault, reconnue coupable d'un triple infanticide, a été libérée vendredi dernier, soit moins d'un an après le verdict. Cette détenue qualifiée d'«exemplaire» a bénéficié du système de remise de peine. Explications.
 
Depuis la loi du 9 mars 2004, le système de réduction de peine fonctionne comme un crédit, un peu comme le permis à point. Il est calculé a priori, en fonction de la durée de la condamnation prononcée et non en fonction de la nature et la gravité de l'infraction commise.
 
Motiver le détenu
 
Trois mois sont déduits pour la première année d'incarcération puis deux mois pour les années suivantes (à condition de ne pas être récidiviste). Dès le début de la détention, l'administration pénitentiaire est donc en mesure d'informer le détenu de sa date prévisionnelle de sortie. Objectif: motiver le détenu à avoir une conduite exemplaire.
 
Dans le cas de Véronique Courjault, le calcul est le suivant. Sur les huit ans de condamnation, il faut retirer trois mois pour la première année puis sept fois deux mois pour les sept ans restants. Ce qui ramène potentiellement la peine à six ans et demi. Or, Véronique Courjault était en détention préventive depuis octobre 2006. Il faut donc enlever deux ans et demi supplémentaires. La peine pouvait donc être ramenée à quatre ans.
 
Comment expliquer, alors, que Véronique Courjault n'ait passé qu'un peu plus de trois ans et demi en prison? Si la loi prévoit de diminuer le crédit en cas de mauvaise conduite, elle prévoit également de l'augmenter en cas de comportement particulièrement vertueux, comme le fait de passer un examen, ce qui est le cas de Véronique Courjault. Un maximum de trois mois par année d’incarcération peut ainsi être ajouté. On arrive donc vite aux trois ans et demi de détention.