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Statu QuoEn Alsace, une route presque finie toujours bloquée par décision de justice

Alsace : Trois mois plus tard, une route presque finie toujours bloquée par décision de justice, « ça n’avance pas »

Statu QuoSuspendu le 12 mai par le tribunal administratif, les travaux de finitions contournement de Châtenois (Bas-Rhin) restent à l’arrêt. La demande de médiation proposée par la justice n’a rien donné
Le chantier du contournement de Châtenois est à l'arrêt depuis le 12 mai dernier.
Le chantier du contournement de Châtenois est à l'arrêt depuis le 12 mai dernier. - T. Gagnepain / 20 Minutes
Thibaut Gagnepain

Thibaut Gagnepain

L'essentiel

  • Le tribunal administratif de Strasbourg a annulé le 12 mai l’autorisation environnementale accordée par la préfecture du Bas-Rhin pour la construction d’une route.
  • Depuis, les travaux de cette route de 5 km qui devait contourner la commune de Chatenois (Bas-Rhin) sont bloqués.
  • La cour d’appel de Nancy a proposé une médiation… qui n’a rien donné.

Vacances obligent, la circulation est plus calme à Châtenois ces dernières semaines. Encore que, les touristes ont remplacé les actifs sur les routes de cette petite ville du Bas-Rhin située sur la Route des vins d’Alsace.

« Mais bientôt, ça va reprendre de la même façon avec des bouchons de trente minutes le matin et autant le soir, voire en journée », s’emporte auprès de 20 Minutes Luc Adoneth. Le maire a du mal à cacher son exaspération devant une situation qui dure depuis le 12 mai. Depuis que le tribunal administratif de Strasbourg a décidé de suspendre les travaux du futur contournement de la commune, une route d’environ 5 kilomètres qui était alors presque achevée. La raison ? La préfecture et la Collectivité européenne d’Alsace (CeA), maître d’œuvre, « n’ont pas justifié de compensations suffisantes » face aux sept hectares de zones humides détruits par le projet.

Trois mois plus tard, rien n’a bougé et aucune tractopelle n’est revenue sur zone. « Ca n’avance pas », peste encore l’élu, qui avait pourtant bon espoir quand la cour administrative d’appel de Nancy a proposé le 20 juillet une médiation entre les parties. La CeA s’y était alors vite montrée favorable. « Sous réserve que celle-ci puisse aboutir dans un délai rapide. L’objectif étant de reprendre au plus vite les travaux », expliquait-elle dans un communiqué en rappelant « l’énorme coût que représente cet arrêt de chantier pour les finances publiques ». Soit 1,7 millions d’euros de « surcoût immédiat » ainsi que « 255 000 euros hors taxes par mois d’arrêt ».

« Une attitude dogmatique »

« On en est déjà à plus de deux millions de pertes, de l’argent que les gens gagnent, c’est de la gabegie financière », dénonce encore Luc Adoneth en visant clairement Alsace Nature. L’association écologiste, à l’origine du recours en justice, vient en effet de refuser la médiation. « Pour nous, travailler à un projet de compensation demande du temps, des études, des plans de gestion des sites concernées. Nous n’avons pas souhaité avoir une négociation de “marchands de tapis”, la préservation des ressources naturelles nécessite et mérite un traitement respectueux », a annoncé sa présidente Michèle Grosjean.

« Ils auraient pu accepter de nommer un médiateur qui aurait tracé les grandes lignes. Même après le délai proposé par le CeA, on aurait pu discuter, les mesures n’auraient pas été figées. On était même prêt à mettre des surfaces de compensations supplémentaires », regrette Luc Adoneth. « C’est une attitude dogmatique. » Qu’assume pleinement l’association, qui s’est fendue d’une longue justification sur son site internet.

« Au tribunal de décider »

« Le but de notre association n’est pas de faire le buzz, mais bien de cranter dans le fonctionnement de notre société des avancées réelles pour la prise en compte, la protection et la reconquête de la nature. Alsace Nature n’a pas seulement vocation à protéger, mais bien de porter haut et fort le message d’un développement qui sauvegarde les ressources naturelles dont nous avons besoin pour vivre », écrit-elle notamment, en attendant désormais que justice suive : « ce sera au tribunal de décider ».

Quand ? La réponse de la cour d’appel administrative d’appel de Nancy est espérée d’ici quelques semaines, sans date précise. Si elle conforte la décision rendue le 12 mai, une nouvelle autorisation environnementale devra alors être obtenue par les porteurs du projet. Un processus qui peut être long. Les travaux ne semblent pas près de reprendre à Châtenois…

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