« Je vais à Marseille, pas en France », insiste le pape François

explications Le pape veut faire la différence entre un déplacement d’Etat sur la question migratoire et une visite d’Etat

20 Minutes avec AFP
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Le pape François est attendu les 22 et 23 septembre à Marseille pour célébrer une messe au Vélodrome.
Le pape François est attendu les 22 et 23 septembre à Marseille pour célébrer une messe au Vélodrome. — Marco BERTORELLO / AFP

« J’irai à Marseille, pas en France. » A 86 ans, le pape François fait encore un peu de gymnastique mentale. Réaffirmant ce détail, qui avait provoqué l’incompréhension chez une partie des catholiques français, le souverain pontife a expliqué que son déplacement à Marseille ne constituait pas une visite d’Etat. « Je suis allé à Strasbourg, j’irai à Marseille, mais pas en France », a répété le jésuite argentin lors d’une conférence de presse dans l’avion le ramenant des JMJ de Lisbonne, tout en excluant avoir un « problème » avec la France.

« Le problème qui me préoccupe c’est le problème méditerranéen, c’est pourquoi je vais en France. L’exploitation des migrants est criminelle », a insisté le pape de 86 ans, qui a fait de la question migratoire une pierre angulaire de son pontificat. Le diocèse de Marseille organise du 18 au 24 septembre des rencontres autour des thèmes comme les inégalités économiques, les migrations et le changement climatique, auxquelles le pape est invité pour rencontrer les évêques et des jeunes. Il doit célébrer une messe ouverte au public, après une prière en mémoire des migrants disparus en mer.

Les petits pays d’abord

« En Méditerranée, les évêques font cette rencontre pour réfléchir sur le drame des migrants », a souligné le pape. « La Méditerranée est un cimetière. Mais ce n’est pas le plus grand : le plus grand cimetière se trouve dans le nord de l’Afrique. C’est terrible. Voilà pourquoi je vais à Marseille », a-t-il justifié. « La semaine dernière, le président Macron m’a dit son intention de venir », a ajouté le pape qui s’entretiendra avec le président de la République le 23 septembre dans l’après-midi, avant de célébrer la messe au stade Vélodrome.

Interrogé sur le fait de savoir s’il avait « quelque chose contre la France », le pape a répondu : « Non ! » « Là-dessus, c’est une politique. Je visite les petits pays européens, les grands (Espagne, France, Angleterre…) je les laisse pour après, pour la fin. Je veux commencer par les petits », a-t-il précisé.

Depuis son élection en 2013, Jorge Bergoglio a effectué 42 voyages à l’étranger et visité une soixantaine de pays, donnant priorité aux « périphéries ». Malgré une santé de plus en plus fragile l’obligeant à se déplacer en fauteuil roulant, il continue de voyager et se rendra en Mongolie début septembre. Dans des interviews récentes, le pape a aussi évoqué des projets de voyage en Argentine et au Kosovo, sans préciser les dates.